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Mobilisation en faveur de la vaccination des Autochtones québécois en ville

Des fioles de vaccin alignées sur une table.

Au Québec, le gouvernement ne priorise pas les Autochtones qui ne vivent pas dans leur communauté.

Photo : iStock

Radio-Canada

Si le gouvernement du Québec souhaite vacciner toutes les communautés des Premières Nations contre la COVID-19 d’ici la fin mars, ceux qui vivent à l’extérieur de ces communautés craignent de disparaître de l’écran radar des autorités sanitaires, et sont à la recherche d’autres options pour être vaccinés.

Un texte de Ka’nhehsí:io Deer, de CBC News

Membre de la communauté des Mississaugas de Rice Lake, en Ontario, mais domicilié à l’Île-Perrot, au Québec, Chad Cowie prévoit retourner dans sa communauté quand le vaccin y sera rendu disponible, au cours des prochaines semaines.

Je sais que je pourrai le faire. Cela sera bien plus facile dans ma communauté, affirme-t-il.

Ma communauté a clairement indiqué que tous les membres peuvent y revenir et se faire vacciner, plutôt que de devoir attendre à l’automne.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, on n’a pas classé les Autochtones comme clientèle prioritaire pour recevoir le vaccin, et on a indiqué à CBC News que ceux qui vivent à l’extérieur de leur communauté ou dans des zones urbaines intégrées recevront la même priorité que les allochtones.

À travers le Québec, toutefois, plusieurs personnes font pression pour que cette directive change dans leur région respective.

À Maniwaki, le Centre d’amitié autochtone dessert environ 500 Autochtones, dont la majorité sont des Anichinabés du Lac Barrière et de Kitigan Zibi Anishnabeg.

Le centre comble les besoins, parce qu’il n’y pas de représentation régionale pour les Autochtones. On les oublie, affirme la directrice générale Charlotte Commonda.

C’est toujours un défi, et cela est parfois frustrant.

Selon elle, le centre d’amitié travaille avec les autorités sanitaires régionales, et ses clients qui ne sont pas membres des Premières Nations voisines seront priorisés dans le cadre du programme de vaccination municipal au cours des deux prochaines semaines, si les livraisons de doses de vaccins ne repartent pas à la hausse.

Toujours au dire de Mme Commonda, cela n’est pas le cas pour l’ensemble des 11 centres d’amitié autochtone, et chaque région est différente.

Ottawa veut prioriser les populations autochtones

Au cours d’une conférence de presse, la semaine dernière, le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller a affirmé que le gouvernement fédéral s’engageait à travailler avec les provinces pour faire vacciner les membres des Premières Nations.

La décision de prioriser les Autochtones vivant dans des communautés éloignées, mais aussi dans d’autres régions du pays, y compris ceux qui vivent en ville, s’appuie sur la science. Ce n’est pas une question de politique ou d’opinion, a-t-il déclaré.

Lorsque nous parlons des facteurs qui influencent l’état de santé, les conséquences négatives, les comorbidités qui existent en lien avec la COVID-19, tout cela est plus présent chez les Autochtones. Cette réalité scientifique ne disparaît pas à la frontière des communautés. Cela existe dans les communautés urbaines; cela existe dans le Grand Nord.

Un porte-parole du ministre québécois des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a renvoyé les questions sur la priorisation de la vaccination des Autochtones à la Santé. Ce dernier ministère n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de CBC.

Au Manitoba, des guérisseurs traditionnels et des gardiens du savoir qui ne vivent pas sur les territoires des communautés pourront bientôt être vaccinés, et l’Ontario a mis sur pied un groupe de travail portant spécifiquement sur la vaccination des Autochtones en milieu urbain.

Comme M. Cowie, Mme Commonda soutient que des Autochtones prévoient retourner dans leur communauté pour être vaccinés. D’autres attendent de connaître la position de leur propre communauté à propos des membres vivant à l’extérieur du territoire.

De son côté, Crystal Semanagis, qui vit à Témiscaming, au Québec, a passé les dernières semaines à appeler un peu partout pour tenter de voir si elle peut être vaccinée.

Mme Semaganis a survécu à la Rafle des années 1960 et est originaire de la Première Nation Little Pine, en Saskatchewan. Elle s'est installée au Québec l’an dernier. Elle souhaite être vaccinée le plus tôt possible, puisqu’elle souffre d'un système immunitaire déficient et qu'elle est monoparentale.

J’ai été jusqu’à contacter Marc Miller sur Facebook, a-t-elle dit.

C’était vraiment inquiétant d’être mise dans le même bateau que tous les autres. Il existe une frustration, parce que tous les Autochtones qui vivent dans cette région obtiennent les services et le soutien mis de l’avant dans le contexte de la COVID-19, et je suis tombée entre deux chaises.

Les Premières Nations situées autour de Témiscaming ont commencé à vacciner leurs membres cette semaine, et Mme Semaganis dit avoir reçu un appel pour un rendez-vous avec la Première Nation de Wolf Lake après avoir partagé sa frustration sur Facebook.

J’étais vraiment heureuse de recevoir cet appel. Je ne pense pas que tout le monde aura la même opportunité, alors je suis vraiment reconnaissante.

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