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Deux millions d'Ottawa pour la promotion du Principe de Joyce par les Atikamekw

Une marque de confiance, selon le grand chef de la Nation Atikamekw

L'enfant tient un portrait au milieu d'une foule sous la pluie.

Lucas, l'un des sept enfants de Joyce Echaquan, tient un portrait de sa mère, lors de la veillée à la chandelle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ottawa va verser 2 millions de dollars au Conseil de la Nation Atikamekw et au Conseil des Atikamekw de Manawan afin qu’ils puissent, entre autres, élaborer des outils et des formations pour promouvoir et mettre en œuvre le Principe de Joyce.

Ces outils et ces formations serviront autant pour les ordres professionnels que pour les établissements d’enseignement. Ils seront conçus à l’image de la culture atikamekw mais aussi selon les besoins des membres de la nation.

La subvention d'Ottawa permettra d’effectuer des études terrain sur la santé mentale, comme aussi de créer des centres de naissance dans les communautés.

Le programme inclut également la sensibilisation aux réalités autochtones.

Selon le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), Constant Awashish, cette annonce démontre une marque de confiance envers la communauté de Manawan, mais aussi envers le CNA de la part du gouvernement fédéral.

Dans la foulée du décès tragique de Joyce Echaquan, une Atikamekw, à l'hôpital de Joliette, le Conseil des Atikamekw de Manawan et le CNA ont déposé l'automne dernier un mémoire auprès des gouvernements fédéral et provincial définissant le Principe de Joyce, visant à garantir à tous les peuples autochtones le droit à un accès équitable aux services sociaux et de santé.

Depuis, Manawan et le CNA ne cessent de lancer des appels pour mettre en œuvre ce principe.

Le travail est colossal, a rappelé Constant Awashish, car il s’agit d’un travail un peu difficile étant donné qu’on parle de discrimination systémique, du système de santé et des services sociaux.

Selon le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, il s’agit d’un petit investissement pour faire en sorte que les habitants de Manawan aient le leadership et soient les porte-parole, la voix du Principe de Joyce partout au Canada et dans tout le système de santé.

Trop souvent dans ce type de tragédie, a-t-il mentionné, le fédéral ou le provincial prend l’idée et court avec. Et la nation qui en a souffert ou qui a mis de l’avant le principe est laissée pour compte, alors là c’est important de mettre l’emphase sur Manawan, [et] que les chefs aient leur mot à dire.

Cet engagement du Canada envers le Principe de Joyce n’est pas rien, a lancé le conjoint de Joyce Echaquan Carol Dubé, également présent lors de l’annonce. C’est même, a-t-il dit, un premier pas dans la bonne direction.

Le message doit être entendu. Depuis trop longtemps, la réalité que nous vivons devant le système de santé et des services sociaux est difficile.

Une citation de :Carol Dubé, conjoint de Joyce Echaquan

Le temps est donc à l’action, a-t-il martelé rappelant que le dernier geste de sa conjointe était un acte de courage. Et il se console en se disant que ses derniers moments ont réveillé les consciences partout au Canada, que son geste va sauver des vies.

Mais Carol Dubé a émis des réserves, notamment à propos du gouvernement du Québec et des établissements professionnels quant à leur reconnaissance de la mise en œuvre du Principe de Joyce.

Bien souvent, dans ce dossier, la question du champ de compétence a été soulevée, Marc Miller ayant déjà répété que la santé était jalousement gardée par les provinces.

Constant Awashish écoute la question d'une journaliste.

Constant Awashish, le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Toutefois, le grand chef Constant Awashish a assuré tendre la main à tous et que le travail se fera en collaboration même si la Nation Atikamekw va garder le leadership sur le contenu des mesures à mettre en place.

Écoutez l'entrevue de Michel C. Auger avec le grand chef de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, lors de l'émission Midi Info, sur Ici Première.

C’est éduquer, sensibiliser et aller chercher la compréhension, l’appui. Et tranquillement travailler avec le gouvernement provincial pour qu’il puisse comprendre que nous ne sommes pas un danger pour le développement ni pour la société, a lancé Constant Awashish.

Nous sommes une plus-value pour la société, des alliés, des collaborateurs, des partenaires, et c’est sous cet objectif que le gouvernement provincial doit voir les Premières Nations. Malheureusement, il n’a pas atteint ce niveau.

Une citation de :Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Selon le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa, ce n’est qu’un début. Il invite toutes les Premières Nations du pays à emboîter le pas aux Atikamekw et à s’inspirer de leur approche. 

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