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Feu vert de Québec pour le projet d'éoliennes Apuiat

Un projet innu conçu par les Innus pour les Innus, mais qui bénéficiera à l’ensemble des Québécois, selon le chef McKenzie

Des éoliennes avec le logo d'Apuiat.

Le futur parc éolien Apuiat

Photo : Gracieuseté : site Internet d'Apuiat

Après des années de controverse politique, le gouvernement Legault a finalement donné son feu vert au projet de parc d’éoliennes Apuiat, qui sera construit sur le territoire traditionnel des Innus de Uashat mak Mani-utenam et les terres publiques de la ville de Port-Cartier.

Le premier ministre, François Legault, a fait l’annonce jeudi matin de ce projet de 200 mégawatts, qui résulte d'une collaboration entre la Nation innue et la compagnie Boralex. Le coût de ce parc éolien est estimé à 600 millions de dollars.

C’est un projet gagnant, gagnant, gagnant. Gagnant pour les communautés innues, gagnant pour le Québec et gagnant pour la planète.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Apuiat devrait créer 300 emplois pendant la phase de construction qui doit débuter en 2022 et entraîner des retombées économiques pour toute la région.

Pour le chef du conseil de la communauté innue, Mike McKenzie, c’est un projet innu conçu par les Innus pour les Innus, mais qui bénéficiera à l’ensemble des Québécois et Québécoises.

Québec souhaite que le plus possible de membres des communautés soient employés. Boralex dit avoir un objectif en tête, mais ne veut pas le dévoiler.

On va travailler pour avoir des retombées locales et faire travailler les entreprises innues sur les parties du chantier sur lesquelles elles peuvent apporter beaucoup de support : le civil, le travail de foresterie... et c'est certain qu'on va travailler à la formation des plus jeunes localement pour développer les compétences, a précisé le président de Boralex, Patrick Decostre.

Les neuf communautés innues, actionnaires du projet comme Boralex, recevront la moitié des retombées économiques et l'autre moitié ira à la compagnie Boralex.

La Ville de Port-Cartier et la communauté de Uashat mak Mani-Utenam recevront chacune aussi des redevances chaque année de 500 000 $.

Une carte montrant en rouge où sera situé le projet à quelques kilomètres de Port-Cartier.

Emplacement du projet

Photo : Radio-Canada

Selon la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), outre le partenariat avec les communautés innues, il y a des occasions d'affaires importantes dans l'Est-du-Québec pour la fabrication et le transport des pales d'éoliennes.

Plus que du développement économique

Pour les communautés innues, ce projet va au-delà de l'économie. Il est un symbole d'autonomie et de possibilités, mais aussi un projet rassembleur. Des élus de l’Est-du-Québec avaient d'ailleurs uni leur voix en octobre pour réclamer l’accélération de la mise en branle du projet éolien pour relancer l’économie de la région ébranlée par la pandémie.

C'est finalement et surtout un rendez-vous historique entre les Innus et les Québécois

Une citation de :Martin Dufour, chef du Conseil des Innus d'Essipit

Le chef Mike McKenzie a précisé que ce projet permettra même de construire une relation avec plus de confiance, tout en réduisant la méfiance d'un héritage que nous devons réécrire ensemble. Selon lui, il faut bâtir une interdépendance, plutôt que d’entretenir la dépendance.

La réconciliation, a-t-il estimé, passe par l'inclusion économique des Premières Nations dans une relation de gouvernement à gouvernement, nation à nation.

De plus, a assuré le chef, c'est un développement économique dans le plus strict respect du Nitassinan (territoire traditionnel), raison pour laquelle Apuiat est un projet qui nous permet de regarder de l'avant, tout en restant fidèles à qui nous sommes vraiment.

L' Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), qui a, à répétition, pressé les gouvernements à impliquer les Premières Nations comme partenaires dans le développement de grands projets énergétiques, a salué l'annonce et toutes les retombées positives pour les communautés innues de ce partenariat d'égal à égal.

Son chef, Ghislain Picard, dit oser croire que l'annonce mettra la table pour des discussions plus ciblées sur la volonté de toutes les Premières Nations de participer à la relance économique qui leur permettra d'avoir une part active.

Pas un long fleuve tranquille

Si tous, autant le gouvernement que les chefs innus, Hydro-Québec et Boralex, étaient tout sourire pour l'annonce du projet, ils n'ont pas caché que cela n’a pas été un long fleuve tranquille, comme l’a mentionné d’entrée de jeu François Legault.

Lancé par le gouvernement libéral de Philippe Couillard, le projet était au centre d’une crise, l’ancien PDG d’Hydro-Québec ayant clairement remis en cause sa rentabilité.

À son arrivée au pouvoir, François Legault avait donc mis le projet de côté, indiquant qu'il ne se réaliserait pas tant qu’Hydro-Québec aurait des surplus.

Mais beaucoup de choses ont changé depuis 2018, a assuré le premier ministre, évoquant notamment lefeu vert accordé par les États-Unis au projet de construction d'une ligne de transport d'électricité entre le Québec et le Massachusetts.

On est passé de prévisions de gros surplus à des besoins, donc on aime ça

Une citation de :François Legault

De plus, l’industrie éolienne a bien changé et son coût énergétique aussi.

Selon François Legault, si le contrat avait été signé tel que négocié par l’ancien gouvernement libéral, on aurait payé 7,2 cents le kilowattheure. Là, on est rendu à 6 cents. On a sauvé 17 % sur le contrat Apuiat et ça vient complètement changer la donne.

Autant la PDG d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, que le premier ministre ont souligné à maintes reprises que l'éolien devenait un secteur très compétitif et même moins coûteux que les barrages. Apuiat ne serait même, selon François Legault, qu'un premier projet. D'autres suivront.

Québec solidaire, qui a salué ce bel exemple de travail nation à nation, a toutefois rappelé que d'autres projets d'Hydro-Québec font l'objet de litiges avec les communautés innues sur la Côte-Nord.

Hydro-Québec doit s'engager à travailler main dans la main avec ces communautés pour régler les dossiers latents dans le respect de leurs revendications et de leurs droits, a déclaré la porte-parole, Manon Massé.

Québec solidaire a demandé aussi que Boralex divulgue ses cibles d'embauche de membres des communautés innues.

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