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Le Fonds des médias du Canada veut « décoloniser » son image

L'équipe en action lors du tournage de la troisième saison de la série Skindigenous, un documentaire sur l'art du tatouage produit par Jason Brennan de Nish Media, un membre de la communauté de la Première Nation de Kitigan Zibi.

Tournage de la troisième saison de la série Skindigenous, un documentaire sur l'art du tatouage produit par Jason Brennan de Nish Media, un membre de la communauté de la Première Nation anishinabée de Kitigan Zibi.

Photo : Skindigenous (Nish Media)

Le Fonds des médias du Canada (FMC) affichera à compter d'aujourd'hui une nouvelle image de marque visant à mieux représenter les créateurs et les productions autochtones au pays. L’institution a notamment traduit et conçu de nouveaux logos en 12 langues autochtones.

On s’est dit : comment on fait pour décoloniser un organisme qui est colonisé dans son identité visuelle?, explique Mathieu Chantelois, le vice-président des communications et de la promotion de l’organisme.

Depuis 16 mois, l’équipe du FMC collabore avec des communautés autochtones à travers le pays pour illustrer, repenser et traduire le logo de l’institution à l’image de chaque communauté.

Différentes vignettes présentant différents visages et langues autochtones, sur fond de différentes couleurs.

Le logo animé du volet autochtone du Fonds des médias du Canada (FMC)

Photo : Fonds des médias du Canada (FMC)

L’expression Fonds des médias du Canada a ainsi été traduite en langues crie, dénée, ojibwée, micmaque, malécite, inuktitute et métisse notamment. Ces logos vont ainsi ponctuer les sites Internet, les conférences de presse et même les tapis à l'occasion des lancements des productions.

L’offre de créations autochtones est généreuse et on voulait que l’identité visuelle du Fonds des médias du Canada reflète mieux les communautés autochtones et qu’elles puissent s’identifier elles-mêmes à ce logo, explique Adam Garnet Jones, le responsable des initiatives autochtones au FMC.

Selon le scénariste et réalisateur cri et métis, originaire de l’Alberta, la réappropriation visuelle est cruciale dans le processus de réconciliation.

Adam Garnet Jones est responsable des initiatives autochtones au Fonds des médias du Canada (FMC). Cri et Métis originaire de l'Alberta, il est également scénariste, réalisateur, perlier et romancier bispirituel.

Adam Garnet Jones est responsable des initiatives autochtones au Fonds des médias du Canada (FMC). Cri et Métis originaire de l'Alberta, il est également scénariste, réalisateur, perlier et romancier bispirituel.

Photo : Fonds des médias du Canada (FMC)

L’image est un symbole de fierté. Moi, sur mes réseaux sociaux, c’est plein de Bébé Yoda ou de Bernie Sanders [version autochtone], donne-t-il en exemple avec une pointe d’humour, en référence aux mèmes du célèbre personnage de Star Wars et du politicien américain qui affluent sur les réseaux sociaux.

Le FMC, un partenariat public-privé entre Patrimoine canadien et les câblodistributeurs, est l’un des plus importants bailleurs de fonds de l’industrie télévisuelle et des médias numériques au pays.

En plus de productions comme District 31, Les beaux malaises, Infoman ou le Bye Bye, le FMC finance des dizaines de créations autochtones chaque année comme Mohawk Girls, Au pays des Mitchifs ou Teepee Time.

Les quatre protagonistes de la série Mohawk Girls

Les quatre protagonistes de la série Mohawk Girls

Photo : Mathieu Couture

Depuis 10 ans, nous avons financé plus de 600 productions autochtones et notre identité visuelle ne représentait pas toute la diversité du travail qu’on fait, précise Mathieu Chantelois.

Les productions autochtones sont des hits exceptionnels dans les festivals, partout à travers le monde. On rafle des prix. On assiste vraiment à une effervescence de la création autochtone, dit-il.

Élargir le mandat du Bureau de l'écran autochtone

Le vice-président estime toutefois que le financement devrait être octroyé et distribué par le Bureau de l’écran autochtone à long terme.

Ce qu’on souhaite, en bout de ligne, c’est être capables de donner le plus d’argent possible à ce bureau-là , affirme M.Chantelois.

Nous, on reçoit beaucoup d’argent, mais on est très réglementés dans la façon dont on peut le distribuer. Je pense que [ce serait bénéfique] si tous les projets autochtones étaient choisis par des décideurs autochtones, ajoute-t-il.

Le Bureau de l’écran autochtone, fondé en 2017, est issu d’une collaboration entre APTN, CBC/SRC, Téléfilm, le Fonds des médias du Canada, l’ONF et l’ACPM.

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