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Un spectacle de danse pour se réapproprier un ancien pensionnat

Deux femmes autochtones dansent devant un bâtiment illuminé.

Le spectacle « Continuance: Yonkwa'nikonhrakontáhkwen - Our Consciousness Continues Unchanged » a été initialement présenté en octobre.

Photo :  CBC / Ian R. Maracle

Radio-Canada

Des membres de la communauté des Six Nations ont conçu un spectacle de danse visant à se réapproprier l'espace du Mohawk Institute, un ancien pensionnat situé à Brantford, en Ontario, pour la série Envolées théâtrales du Centre national des Arts (CNA).

Continuance: Yonkwa'nikonhrakontáhkwen - Our Consciousness Continues Unchanged était l'une des 12 œuvres de performance commandées par le CNA dans le but de rassembler le public et les artistes alors que la pandémie représente un défi majeur pour le milieu culturel.

Si l'oeuvre a d'abord été présentée en octobre, une vidéo du spectacle est maintenant disponible sur le site web du Centre national des Arts (Nouvelle fenêtre).

Pour produire le spectacle, le musée Woodland Cultural Centre de Brantford – qui occupe le bâtiment de l'ancien pensionnat – et la compagnie Kaha:wi Dance Theatre de Toronto se sont associés avec la réalisatrice, productrice et interprète mohawk Tekaronhiáhkhwa Santee Smith.

Pour Continuance, nous voulions transformer l'espace, nous voulions transformer l'école, affirme Mme Smith.

Le Mohawk Institute, ouvert de 1828 à 1970, est l'un des pensionnats qui ont été le plus longtemps en activité au pays. Deux ans après sa fermeture, le musée a ouvert ses portes avec pour objectif de préserver la mémoire des survivants du pensionnat et d'encourager les artistes autochtones.

Les images et les traditions comme moyens de réappropriation

Lors de la performance, des images d'archives ont été projetées sur la façade du bâtiment et les danseurs ont exécuté leur chorégraphie au rythme de prières traditionnelles haudenosaunee (iroquoises).

Il y avait des survivants dans le public et nous avons eu des réactions incroyables. Je crois que les gens ne s'attendaient pas à voir nos images et nos chansons comme moyens de récupérer l'espace de l'école, dit Mme Smith.

Pour Tekaronhiáhkhwa Santee Smith, l'intégration d'éléments spirituels traditionnels était une priorité.

Si nous vivions selon nos enseignements traditionnels, le monde entier serait un meilleur endroit. Nous serions plus conscients de l'environnement, nous aurions plus d'empathie.

Tekaronhiáhkhwa Santee Smith

Ce projet avait une signification particulière pour Tekaronhiáhkhwa Santee Smith, puisque son arrière-grand-mère a fréquenté le Mohawk Institute.

Son nom était Mabel Smith et je ne sais presque rien de son histoire, confie Mme Smith.

Elle était orpheline et elle est entrée à l'école à l'âge de deux ans. Elle a passé toute sa jeunesse au pensionnat, poursuit-elle.

Les sœurs Dawn et Roberta Hill, qui fréquentaient le Mohawk Institute lorsqu'elles étaient enfants, étaient présentes lors de la représentation d'octobre.

Elles ont été particulièrement touchées par les images d'archives.

Les images m'ont amenée à me questionner de bien des façons, dit Roberta Hill, qui a également agi en tant que conseillère pour le projet.

C'est difficile de savoir que mes amis ont souffert à l'époque, raconte-t-elle. Je ne m'en suis pas rendu compte quand j'étais petite, je ne savais pas que je n'étais pas la seule. Ce spectacle montre que la vie ne se termine pas seulement à cause du traumatisme et de tout le reste qui s'est passé dans ces écoles.

Je pense que ça démontre que l'histoire continue. Nous sommes forts et nos vies continuent.

Roberta Hill

Dawn Hill pense pour sa part que le spectacle et l'histoire du Mohawk Institute sont importants et doivent être connus davantage.

Les membres de nos communautés doivent entendre ces histoires. Nous devons nous assurer de pouvoir les préserver et les partager avec les jeunes générations.

Dawn Hill

D'après un texte de Karl Dockstader de CBC News.

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