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L’annulation de Keystone XL sera défavorable aux Autochtones, selon certains chefs

Des centaines tuyaux de pipeline empilés à l'extérieur

Une fois terminé, le pipeline de 1947 kilomètres transporterait jusqu'à 830 000 barils de pétrole brut par jour jusqu'au golfe du Mexique.

Photo : La Presse canadienne / Alex Panetta

La Presse canadienne

L'annulation du projet de pipeline Keystone XL par le président américain, Joe Biden, est un revers majeur pour les peuples autochtones du Canada, affirme le président d'une organisation faisant la promotion du développement pétrolier et gazier comme solution à la pauvreté dans les communautés.

La décision signifie moins d'emplois à court terme pour les Autochtones dans la construction du pipeline, déclare le président de la Coalition nationale des chefs, Dale Swampy.

Cela implique également un chômage de longue durée pour ceux qui travaillent dans l'exploration et le développement des sables bitumineux dans l'Ouest canadien, ajoute-t-il.

L'organisation qu'il dirige, créée en 2017, rassemble 80 chefs de Premières Nations d'un peu partout au pays.

C'est un coup dur pour les Premières Nations qui travaillent actuellement avec TC Énergie pour accéder à la formation professionnelle et aux possibilités de passation de marchés.

Dale Swampy, président de la Coalition nationale des chefs

En Alberta, les Premières Nations sont assez étroitement liées aux activités menées par l'industrie pétrolière et gazière, dit M. Swampy.

Un homme autochtone devant un camion-citerne.

Dale Swampy est le président de la Coalition nationale des chefs, une organisation qui travaille pour la participation des Autochtones à l'industrie pétrolière et gazière.

Photo : CBC / Livia Manywounds

L'impact sur les peuples autochtones va au-delà de l'investissement direct en actions, souligne le président, notant que quatre de ses cinq fils travaillent dans le secteur pétrolier et gazier, mais que l'un d'eux n'a pas été en mesure de trouver un emploi en raison du contexte actuel.

Pour Judy Desjarlais, membre du conseil consultatif de l'organisation Indigenous Resource Network, qui aide des Autochtones à se trouver un emploi dans l'exploitation des ressources naturelles, la décision du président Biden n'est rien de moins qu'un coup de poignard pour le Canada et ses peuples autochtones.

Les contrats qu'avaient pu obtenir les membres de nos Premières Nations en lien avec le pipeline leur permettaient de nourrir leurs familles.

Judy Desjarlais

L'annulation du projet de pipeline signifie par ailleurs que le groupe Natural Law Energy, qui représente cinq Premières Nations de l'Alberta et de la Saskatchewan, ne sera plus en mesure d'investir jusqu'à 1 milliard de dollars dans Keystone XL, un plan annoncé par TC Énergie, en novembre.

Mais la relation avec TC Énergie va se poursuivre, soutient le directeur général de Natural Law Energy, Brian Mountain.

TC Énergie existe depuis les années 1950 et, plus important encore, nos Premières Nations existent depuis des temps immémoriaux. C'est seulement une autre étape dans notre guérison économique, ajoute M. Mountain.

Une bonne nouvelle pour d'autres

Le grand chef de l'Union des chefs indiens de Colombie-Britannique, Stewart Phillip, accueille pour sa part favorablement la décision du président Biden.

La menace des changements climatiques mondiaux est d'une importance primordiale et c'est la raison pour laquelle Joe Biden a été élu président, affirme-t-il.

Je crois absolument que le sort de l’industrie pétrolière est coulé dans le béton. Elle se détériore, dit-il.

Plan moyen de M. Phillip, vu de profil devant un micro.

Stewart Phillip, grand chef de la Nation Okanagan et président de l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, en novembre 2017

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Le grand chef Stewart croit que les peuples autochtones qui dépendent des emplois dans les pipelines ou dans la production de pétrole devraient se préparer pour l'avenir en obtenant du travail dans les énergies renouvelables.

Les emplois dans le gaz ou le pétrole sont de nature transitoire. Croire que les pipelines représentent un boom économique pour une région particulière est un mythe.

Stewart Phillip, grand chef de l'Union des chefs indiens de Colombie-Britannique

Selon un rapport de la société Petro LMI, publié en décembre, environ 13 800 Autochtones auto-identifiés étaient directement employés dans l'industrie pétrolière et gazière au Canada en 2019. Cela représente 7 % des emplois dans cette industrie.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a appelé Ottawa à exiger des pourparlers avec les États-Unis au sujet du pipeline et à imposer des sanctions économiques si ceux-ci s'avèrent infructueux.

Le pipeline Keystone XL de 1947 kilomètres est conçu pour transporter 830 000 barils de pétrole par jour de Hardisty, en Alberta, à Steele City, dans le Nebraska, où il serait relié aux installations existantes pour atteindre le centre de raffinage de la côte américaine du golfe du Mexique.

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