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Le chef Raoni dénonce Bolsonaro devant la CPI pour « crimes contre l'humanité »

Le chef autochtone Raoni Metuktire est assis sur une chaise dans ses habits traditionnels.

Le chef du peuple Kayapo, Raoni Metuktire.

Photo : Getty Images / AFP / Carl de Souza

Agence France-Presse

Raoni Metuktire, chef du peuple Kayapo et défenseur emblématique de la forêt amazonienne, demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter sur le président brésilien Jair Bolsonaro, qu'il accuse de perpétrer des « crimes contre l'humanité » contre les peuples autochtones en détruisant leur habitat et en bafouant leurs droits fondamentaux.

Depuis son investiture, la destruction de la forêt amazonienne s'est accélérée sans commune mesure : augmentation de la déforestation de 34,5 % en un an, taux d'assassinat de leaders autochtones le plus élevé de ces onze dernières années, effondrement et menaces des agences environnementales, résume la plainte dévoilée samedi par Le Monde et consultée par l'AFP.

Cette situation, la plus dramatique sur ces dix dernières années, résulte directement de la politique d'État développée par le gouvernement de Jair Bolsonaro, qui vise à lever tous les obstacles pour piller les richesses de l'Amazonie.

Une citation de :Extrait de la plainte déposée

Cette communication à la CPI d'une cinquantaine de pages, rédigée par l'avocat français William Bourdon, rassemble les accusations portées par le cacique Raoni, des dizaines d'ONG locales et internationales, des institutions internationales et par des scientifiques spécialistes du climat.

Les plaignants soulignent que les politiques du gouvernement de Bolsonaro ont mené à la suspension du démarquage des territoires autochtones, à l'ouverture des zones protégées à l'exploitation minière et agricole, à la restriction des budgets des agences environnementales reprises en main par les militaires et à la complaisance face aux meurtres impunis de sept chefs autochtones en 2019.

Une destruction de la forêt amazonienne, indispensable à la régulation du climat et frappée par des incendies record en 2020, constituerait un danger direct non seulement pour les Brésiliens, mais également pour toute l'humanité, souligne la plainte.

Les plaignants estiment que cette politique d'État mène à des meurtres, des transferts forcés de population et des persécutions, constitutifs de crimes contre l'humanité tels que définis par le Statut de Rome de la CPI.

En juillet 2020, des employés de la santé au Brésil ont aussi demandé une enquête à la CPI pour crime contre l'humanité contre Jair Bolsonaro, cette fois pour sa gestion de la pandémie.

Un mois plus tôt, dans un entretien à l'AFP, le chef Raoni a accusé le président d'extrême-droite brésilien de vouloir profiter de la pandémie pour éliminer son peuple.

La Cour pénale internationale, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde et qui siège à La Haye, au Pays-Bas, n'est pas contrainte de donner suite aux milliers de requêtes déposées auprès de sa procureure, qui décide indépendamment des affaires à soumettre aux juges.

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