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Miller critique le peu de « flexibilité » de Legault

Marc Miller demande plus de flexibilité de Québec pour les itinérants avec le couvre-feu.

Marc Miller derrière un pupitre.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Le ministre Marc Miller a critiqué Québec sur les questions de l’itinérance et du couvre-feu, après le décès tragique d’un itinérant autochtone à Montréal alors que la hausse des cas de COVID-19 dans les communautés autochtones inquiète de plus en plus Ottawa.

Marc Miller a commencé sa conférence de presse en offrant ses condoléances aux amis et aux proches de Raphaël André, l’itinérant innu mort dans la nuit de samedi à dimanche dans une toilette chimique de Montréal, devant un refuge fermé. 

Une tragédie comme celle-ci aurait pu être évitée. Nous devons tous nous assurer qu’une telle situation ne se reproduise plus.

Marc Miller, ministre de Services aux Autochtones Canada

La question du couvre-feu est au cœur du débat, a estimé Marc Miller, puisque la COVID-19 accentue déjà la situation précaire des sans-abri et que le couvre-feu « force quelqu'un à prendre la décision de trouver refuge dans une toilette chimique ».

Après ce drame, plusieurs voix se sont élevées – notamment celles de la mairesse de Montréal Valérie Plante, de l’opposition et des groupes communautaires – pour demander à Québec d’exempter les sans-abri du couvre-feu, ce que refuse de faire le gouvernement Legault. 

J’aurais voulu voir plus de flexibilité de la part du premier ministre du Québec, a lancé Marc Miller, précisant se ranger directement avec la position prise par Valérie Plante .

Il faut montrer plus d’humanité, a répété le ministre fédéral, qui s’est même questionné à savoir si son gouvernement aurait pu en faire plus. 

Car, selon lui, ce décès est un échec de tous les paliers de gouvernement.

Le ministre Miller a réitéré qu'Ottawa met à la disposition de la province et de la Ville des ressources financières et tous les services fédéraux disponibles.

Pas question, néanmoins, d’envoyer l’armée, comme certains organismes voués aux Autochtones – et à bout de souffle – le demandent.

On peut offrir des services de n’importe quelle organisation, comme les forces armées. Mais ça prend l’approbation, dans ce cas-ci, du Québec, a rappelé Marc Miller, qui estime que l’armée ne serait pas la ressource la plus appropriée pour cette situation.

C’est correct de se poser des questions, a répondu le ministre québécois des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Il y a déjà un éventail de solutions, on va en ajouter, mais il n’y a pas une solution qui est bonne pour tout le monde.

M. Lafrenière affirme avoir été sous le choc d’apprendre la mort de Raphaël André à Montréal. C’est une situation qui me préoccupe beaucoup, et pas depuis hier, depuis mon arrivée en poste. Parce que oui, j’ai été policier à Montréal et oui, j’ai vécu cette relation-là.

Le ministre reconnaît une différence de points de vue entre lui, le ministre Miller et la mairesse de Montréal. On a un chemin différent, mais on va se rendre à la même place, dit-il, en soulignant que seule une poignée de constats d'infraction ont été distribués à des sans-abri.

Un ministre inquiet par la hausse des cas

Le ministre est aussi préoccupé par une hausse significative des personnes infectées par la COVID-19 dans les communautés autochtones.

Le nombre de cas est maintenant 55 fois plus élevé que le sommet atteint lors de la première vague dans les communautés, une tendance qui se poursuit, s’alarme le fédéral. 

En date de mardi, le nombre de cas actifs de COVID-19 dans les communautés était de 5571.

Une augmentation qui s’explique par plusieurs facteurs : la période des Fêtes, un certain relâchement et la situation globale dans les provinces, où les cas se multiplient. 

Les risques de contracter la maladie sont tout de même de trois à cinq fois plus élevés (pour les Autochtones) que dans la population en général. Certaines statistiques sont très alarmantes, a lancé le ministre de Services aux Autochtones Canada, Marc Miller.

Depuis le début de l'année, le nombre hebdomadaire de nouveaux cas signalés fluctue entre 1753 et 2046.

L'exemple pris par le médecin en chef de la santé publique de Services aux Autochtones Canada, le Dr Tom Wong, est probant.

 Au pic de la première vague, on a eu 99 cas actifs; là, on parle de plus de 5500, et c’est une tendance à la hausse au cours des dernières semaines. La situation est alarmante.

Selon lui, si le taux d’infection ne baisse pas, on va se retrouver dans une situation où le système de santé canadien dans son ensemble va être débordé

Au Manitoba, les Premières Nations constituent entre le tiers et la moitié de toutes les hospitalisations liées à la COVID-19, et plus de 50 % des admissions aux soins intensifs, alors qu’elles représentent 11 % de la population de la province, selon le Dr Wong. 

Le défi de la vaccination

Marc Miller entrevoit une lueur d'espoir du côté de la vaccination.

On a commencé à vacciner dans 169 communautés autochtones à travers quasiment tout le pays. 

Malgré tout, il a concédé devoir travailler avec un nombre très limité de doses et que leur déploiement restait une préoccupation. 

Ottawa dit d’ailleurs travailler avec le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta – les provinces dont les communautés autochtones sont les plus touchées – pour que les ressources soient disponibles afin que les vaccins soient acheminés à bon port.

Dans le Grand Nord, d’ici fin mars, l’objectif est de vacciner avec les deux doses 75 % des résidents des trois territoires, et ce, malgré l’immense défi logistique que représente la distribution du vaccin. 

Jusqu’à maintenant, je suis assez confiant, parce qu’on a fait un excellent travail. Il faut faire preuve d’un optimisme prudent, mais on est en passe d’atteindre nos objectifs, a précisé Marc Miller. 

En milieu urbain, la vaccination reste une préoccupation et un défi particulièrement complexe. Ottawa assure que des cliniques sont déjà en place ou sur le point de l'être, notamment à Toronto et à Montréal. 

Le fédéral soutient que 925 doses de vaccin ont été réservées à la population itinérante de Montréal.

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