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Des étudiants dénoncent le manque de sensibilité autochtone de l'éducation au Québec

Des gens sont rassemblés sur une pelouse derrière une oeuvre d'art autochtone.

Le système éducatif québécois devrait mieux intégrer la culture autochtone, croit le RID.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Partager l'histoire des peuples autochtones, évoquer le poids de leur territoire dans leur culture, être plus ouvert aux difficultés de leur déracinement… Le Réseau intercollégial de décolonisation (RID) a organisé un webinaire réunissant entre autres des professeurs et des étudiants pour trouver des pistes de réflexion concernant le racisme qu'il considère comme « systémique » dans le milieu éducatif.

En tant qu’enseignants et enseignantes au cégep nous avons une responsabilité d’assister tous et toutes les étudiants et étudiantes dans leurs chemins vers la réussite, non seulement quelques étudiants. Cependant les politiques et les structures actuelles non seulement empêchent la réussite des étudiants autochtones, mais contribuent à des blessures. Ça ne peut pas continuer!, assure Michelle Smith, la porte-parole du RID.

Les participants se sont en effet tous accordés pour dire que le milieu éducatif souffrait de lacunes concernant la bonne intégration des étudiants autochtones. Une situation qui peut entraîner un certain stress chez ces derniers.

Ryder Cote-Nottaway, un étudiant anishinaabe au Collège Dawson, a notamment soulevé le fait qu’il est important d’apprendre aux élèves « la vraie histoire et pas uniquement celle des personnes blanches ».

Par ailleurs, il estime que le corps enseignant oublie parfois que les étudiants autochtones quittent leur communauté pour venir suivre une éducation dans les grands centres. « Nous quittons notre territoire qui est notre terre mère. Or, c’est ce territoire qui donne nos traditions. Pour nous, c’est important d’intégrer cette notion de territoire dans l’enseignement », dit-il.

Notre culture et notre identité sont liées à la terre. C’est ce que nous sommes forcés d'abandonner lorsque nous poursuivons des études postsecondaires. Nous devons sacrifier notre éducation traditionnelle pour celle de l’homme blanc.

Ryder Cote-Nottaway, étudiant anishinaabe au Collège Dawson
Le musée des Abénakis.

D'après les participants, seule l'histoire du point de vue de l'homme blanc est racontée dans les écoles québécoises.

Photo :  Studio du ruisseau

Présent lors du webinaire et de la conférence de presse qui l’a suivi, Tanu Lusignan, le directeur général du Conseil scolaire d'éducation des adultes des Premières Nations, souligne qu’il faut que nos éléments soient intégrés dans le curriculum des commissions scolaires. Nous devrions être capables d’apprendre nos langues comme les autres langues parlées dans la province. On a des professeurs qui sont capables de le faire.

Les gens doivent comprendre qu’on nous a dépouillés de notre langue, qu’on nous battait pour parler notre langue, qu’on nous a enlevés de nos maisons. Voilà l’histoire que la jeunesse n’apprend pas au cégep ou même plus tôt. Sans l’éducation adéquate, une situation comme celle vécue à Joliette pourrait se renouveler, a-t-il encore dit en évoquant la mort de Joyce Echaquan.

Les participants ont estimé également que le Québec a 20 ans de retard au niveau de la réconciliation avec les premiers peuples et les Inuit.

Pour le jeune étudiant Ryder Cote-Nottaway, cela s’explique notamment, car le gouvernement du Québec refuse toujours de parler de racisme systémique.

Mme Smith a ajouté entendre souvent que les relations entre les Autochtones et les Allochtones du Québec sont différentes de celles des autres provinces. Qu’elles sont généralement empreintes « d’une histoire romantique ».

Une autre étudiante prône de son côté l’intégration des connaissances des aînés autochtones qui pourrait bénéficier au système scolaire québécois.

Le RID exhorte le ministère de l'Enseignement supérieur et d'autres décideurs du secteur public à adopter des mesures concrètes de lutte contre le racisme systémique.

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