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Immersion dans l’univers innu grâce à une série de balados inédits

Un formateur tenant un micro, penché sur son son enregistreuse.

Accompagnée d'une formation offerte par Transistor Média, l'initiative vise à encourager la relève à perpétuer la culture innue, à la rendre accessible et à créer des ponts entre les générations.

Photo : Facebook / Transistor Média

Maud Cucchi

Voici une série de balados qui sonne comme une plaisante incursion au sein des communautés innues, sans long trajet à planifier et en tout respect des mesures sanitaires.

Il y est question du sens de l’humour innu, des différents accents entre les communautés ou encore de la fameuse légende de Tshakapesh contée en version originale avec la sémillante traduction française de Joséphine Bacon. Un épisode immanquable pour les nostalgiques des spectacles en public.

Il faudra toutefois attendre le 18 janvier, jour du lancement de la série Tipatshimun : L'histoire orale à l'ère numérique pour découvrir les six épisodes proposés par la radio CKAU-FM de Uashat mak Mani-utenam et la société de production Terre Innue.

Six balados et autant de genres explorés, qui naviguent du documentaire à la chronique humoristique en passant par le récit intime et même la leçon de musique avec Florent Vollant, devenu réalisateur audionumérique, le temps de présenter son parcours et ses inspirations musicales.

Photo de groupe des participants et des formateurs.

Les participants et formateurs réunis à Maliotenam, en novembre 2019.

Photo : Kim Fontaine

Le concept est né d’un projet pilote de formation en création de baladodiffusion à destination des communautés du Saguenay et de la Côte-Nord. Il a débuté en 2019 avec l’encadrement professionnel de la jeune entreprise Transistor qui chapeaute la création de projets radiophoniques et met en valeur les balados québécois.

Un voyage tout ouïe

C’est comme mettre un pied dans la porte d’une communauté qu’on va visiter, illustre Eve Ringuette, la réalisatrice de la série On n’est pas des sauvages, déployée sur cinq chroniques conçues à quatre mains avec Matiu, un auteur-compositeur et interprète à la nonchalance particulièrement savoureuse.

Le tandem a grandi au sein de la même communauté de Uashat mak Mani-utenam. De sa complicité naît un cours 101 de la vie innue qui déboulonne avec humour certains clichés en les ponctuant de cinglants coups de fouets en guise de transition.

Et c'est parti pour un feu roulant de questionnements hautement inavouables : Comment expliquer l’incorrigible retard innu? Les factures d'Hydro-Québec sont-elles optionnelles dans les communautés? Les logements, gratuits?...

Mais il est aussi question de la solidarité entre les habitants, dans un tout autre ton avec le témoignage intime et poignant de l'auteure du balado qui partage une anecdote au sujet de son fils.

Quand des visiteurs viennent dans nos communautés, on dirait que leurs barrières tombent, fait remarquer Ève Ringuette. Avec cette série, nous voulions reproduire une grande conversation entre amis, sur le modèle de celles que l’on a chez nous.

Incubateur de talents

L’activiste et vidéaste innue Uapukun Mestokosho, âgée de 28 ans, repart galvanisée de cette expérience qui l'a outillée pour de nouvelles formes d'expression. Elle illustre, dans un long reportage, une formation qu’elle a suivie avec la fondation du Dr Stanley Vollant à destination des ambassadeurs autochtones.

Avec l’impression d’être à leurs côtés, l'auditeur suit les participantes qui partagent leurs rêves, entre deux discours inspirés de l’illustre médecin qui monologue sur le courage, la persévérance ou encore l’importance des femmes dans l’éducation des enfants.

Le groupe de participants assis en demi-cercle.

Tipatshimun : L'histoire orale à l'ère numérique est le résultat d'un projet-pilote de formation à la création et à la production en baladodiffusion.

Photo : Kim Fontaine

Si Uapukun Mestokosho a délibérément choisi d’incorporer de longs passages en innu dans son montage, c’est avant tout pour bien rendre audibles ses choix éditoriaux.

Moi, ce balado, je l’ai d’abord fait pour ma communauté, dit-elle, comme tous mes projets d’ailleurs.

Une bourse de 1000 $ attribuée à l'issue du programme financera son équipement technique; comme un encouragement à explorer toute la richesse de la création audionumérique. Uapukun Mestokosho envisage d'interviewer sa mère et sa grand-mère pour immortaliser leurs souvenirs.

Le faible coût de production de ces programmes audio permet à un large public d'en fabriquer et ainsi de donner une voix à toutes les communautés.

La formation de trois jours ciblait surtout de jeunes recrues intéressées à promouvoir le contenu culturel innu et les enjeux de la Côte-Nord, précise Kim Fontaine, directeur par intérim de la station de radio communautaire CKAU, également musicien et ingénieur du son.

Pour lui, ce projet pilote représente un moyen de cibler certains talents dans l’optique d’un éventuel recrutement. Pour une radio, le balado pourrait devenir une forme de reportage intéressant, entrevoit le directeur de CKAU.

Lui-même a réalisé La légende de Tshakapesh à partir de l’enregistrement d’un spectacle produit en 2018 au Festival interculturel du conte de Montréal, qu’il a ensuite monté et sonorisé. Ambiance mystérieuse et suspense garantis.

Les balados seront diffusés à compter du 18 janvier dans les émissions Bonjour la Côte et Boréale 138, sur ICI PREMIÈRE (en simultané le 18 janvier sur Radio CKAU), ainsi que sur l’application OHdio de Radio-Canada.

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