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Les noms des agents correctionnels accusés après la mort de Jonathan Henoche dévoilés

Jonathan Henoche pose à l'extérieur et porte une casquette.

Jonathan Henoche, âgé de 33 ans, est décédé le 6 novembre 2019.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

Radio-Canada

Les noms des 10 agents correctionnels qui font face à des accusations en lien avec la mort de l'Inuk Jonathan Henoche dans une prison provinciale de Terre-Neuve-et-Labrador ont été rendus publics, près de trois semaines après leur mise en accusation.

Jason Anthony, David Constantine et Jeff Thistle ont été accusés d'homicide involontaire. Jeff Thistle est également accusé de manquement à l'obligation de fournir les produits de première nécessité.

Chris Coady, Stefan Cumby, Daniel Dalton, Scott Dwyer, Jenine Rickert, Riley Ricks et Lori Williams font chacun face à une accusation de négligence criminelle causant la mort.

Leurs noms sont apparus vendredi sur le registre de la cour provinciale de Terre-Neuve-et-Labrador du 11 février, date à laquelle est prévue leur première comparution.

Bob Buckingham, l'avocat de la famille Henoche, confirme qu'il s'agit bel et bien des personnes inculpées pour la mort de Jonathan Henoche.

Un coroner a conclu que Jonathan Henoche a été victime d’un homicide au pénitencier de Sa Majesté, à Saint-Jean, le 6 novembre 2019. Âgé de 33 ans, il était détenu en attente de son procès pour le meurtre d'une femme survenu en 2016.

Selon CBC News, une altercation entre M. Henoche et des agents correctionnels aurait été filmée par des caméras de surveillance peu avant sa mort.

Plus de transparence réclamée

La Force constabulaire royale de Terre-Neuve a annoncé pour la première fois le 22 décembre que 10 agents correctionnels faisaient face à des accusations en lien avec la mort de Henoche. Leur âge ainsi que les accusations portées contre eux ont alors été révélés.

Une prison.

Le pénitencier de Sa Majesté, à Saint-Jean de Terre-Neuve

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

La police et le ministère de la Justice sont toutefois restés muets sur l'identité des agents correctionnels sous prétexte que les accusations n'avaient pas été assermentées au tribunal.

Un porte-parole de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve a déclaré vendredi que l'enquête était restée ouverte dans les jours qui ont suivi les arrestations, de sorte que les accusations n'ont pas pu être assermentées.

Le délai entre les arrestations et l'identification des accusés a donné lieu à des critiques de la part de la députée du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador Lela Evans.

Mme Evans a notamment affirmé que cette situation était honteuse et qu'elle portait atteinte à la confiance du public face au système de justice.

Pour l'avocat et président de la Canadian Prison Law Association, Tom Engel, la façon dont l'affaire a été gérée suscite des questions.

Pourquoi la police procéderait-elle à des arrestations dans une affaire aussi médiatisée alors qu’elle n’était pas en mesure d'assermenter les accusations et de divulguer les noms?, s'est-il questionné à l'émission de radio St. John's Morning Show.

« L'intérêt public est élevé. Le besoin de transparence est extrêmement élevé. Je ne comprends pas pourquoi les noms n'ont pas été rendus publics avant. »

— Une citation de  Tom Engel, président de la Canadian Prison Law Association

M. Engel est également préoccupé par la décision de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve d'arrêter les 10 agents en lien avec un homicide et de les libérer sans comparaître devant le tribunal pour une audience de mise en liberté sous caution.

Lorsque quelqu'un est accusé d'homicide involontaire, il est normalement traduit devant un juge, pas libéré par un policier, dit Tom Engel. Ce n'est pas comme ça que ça se passe normalement.

Selon plusieurs avocats consultés par CBC News, il n'est jamais arrivé, dans l'histoire de Terre-Neuve-et-Labrador, que quelqu'un arrêté pour homicide involontaire n'ait pas été détenu en vue d'une audience de mise en liberté sous caution.

Néanmoins, la Force constabulaire royale de Terre-Neuve affirme qu'il s'agissait d'un choix fait par l'équipe de gestion des cas au sein de son unité d'enquête criminelle, conformément au Code criminel canadien.

En effet, la loi n'interdit pas la libération sans caution des accusés d'infractions graves comme l'homicide involontaire.

Je ne pense pas qu'ils aient enfreint la loi, précise M. Engel. Je crois cependant qu'ils doivent rendre des comptes face à l'opinion publique. C'est leur responsabilité de justifier les choix qu'ils ont faits.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC News

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