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Couvre-feu adapté dans les communautés autochtones

Plusieurs communautés avaient déjà instauré un couvre-feu

Poste de contrôle à l'entrée de la communauté atikamekw de Manawan.

Poste de contrôle à l'entrée de la communauté atikamekw de Manawan

Photo : Radio-Canada

Mis à part Kahnawake et Listuguj, l’instauration d’un couvre-feu à partir de samedi dans une grande partie du Québec va être globalement respectée par les communautés autochtones, avec quelques nuances.

La communauté mohawk près de Montréal a déjà prévenu : elle ne mettra pas en vigueur le couvre-feu sur son territoire, car ce dernier ne s’applique pas à Kahnawake, ont averti dans un message Facebook les Peacekeepers de Kahnawake.

Selon la COVID-19 Task Force de Kahnawake, un couvre-feu serait en fait peu utile puisque de nombreuses mesures strictes sont déjà en place et que la majorité des membres de la communauté suivent les directives.

Avec le nombre de cas de COVID-19 en augmentation dans la communauté, la Task Force avait déjà demandé aux résidents mohawks de rester chez eux et de ne quitter la maison que pour une raison essentielle. De plus, les écoles, fermées depuis plusieurs semaines, vont rester en mode virtuel jusqu'à la fin janvier.

Plusieurs communautés autochtones ont ajouté de nouvelles restrictions, car malgré les restrictions déjà imposées par le gouvernement Legault à la mi-décembre, le nombre de cas de COVID-19 ne cesse d'augmenter de façon fulgurante à l'échelle de la province depuis plus de deux semaines, et les Premières Nations n'y font pas exception.

En ce moment, on ne voit pas le bénéfice d’avoir un couvre-feu, a expliqué Arnold Lazare, membre de cette Task Force et ancien directeur de la sécurité publique de Kahnawake.

Un couvre-feu ne changera pas grand-chose, car on n’a pas les mêmes problèmes qu’à l’extérieur et ici, il n’y a pas beaucoup de choses à faire. Tout est fermé depuis un moment et personne ne peut visiter la famille. C’est une étape qui n’est pas nécessaire, a renchéri Arnold Lazare.

Une personne pourra donc faire une marche de santé à minuit, mais en respectant les mesures sanitaires. Toutefois, il avertit que les membres qui sortiront de la communauté pour des raisons non essentielles seront soumis au couvre-feu de Québec et donc passibles d’amendes.

Le gouvernement de la Première Nation Mi'gmaq de Listuguj a aussi décidé de ne pas appliquer le couvre-feu sur son territoire.

La communauté possède son propre service de police et la Sûreté du Québec n'a pas autorité à Listiguj.

Couvre-feu déjà en place

Plusieurs autres communautés ont déjà instauré des directives plus strictes que celles proposées par le gouvernement québécois, notamment des restrictions sur leur territoire et des couvre-feux.

La communauté atikamekw de Manawan, qui a déjà établi un premier couvre-feu de deux semaines en novembre pour juguler une éclosion, va le remettre en vigueur du 10 janvier jusqu’au 8 février, mais de 21 h à 6 h.

De plus, parmi les autres mesures prises, aucune personne en provenance de l’extérieur de la communauté n’est autorisée à entrer sur le territoire, ce qui comprend aussi les motoneigistes.

Toutes les sorties non essentielles vers les milieux urbains seront interdites entre le 10 et le 24 janvier. Seuls les rendez-vous médicaux sont acceptés.

C’est important de comprendre que la COVID-19 ne prend pas de vacances ni de pauses et va où elle veut. Cela va permettre d’aider à baisser les déplacements interrégionaux et ralentir l’augmentation des cas de COVID-19 dans la région, a expliqué Ghislain Quitich du comité des mesures d’urgence.

À partir du 18 janvier, les élèves du secondaire pourront retourner complètement en classe et les primaires à mi-temps, puis à temps plein, dès le 25 janvier. 

À Wemotaci, une autre communauté atikamekw, un couvre-feu de 23 h à 6 h est en vigueur depuis la mi-novembre. La communauté maintient ce couvre-feu jusqu'au 12 janvier, date à laquelle le conseil va se prononcer sur ce point, peut-on lire dans un communiqué paru samedi.

La période du couvre-feu [...] de 23 h à 6 h ne s’applique qu’à l’intérieur des limites de la communauté. Les membres circulant à l’extérieur de la communauté durant la période du couvre-feu imposé par la province risquent de recevoir des sanctions des corps policiers provinciaux, précise ce même communiqué.

À Lac-Simon, une communauté anishinabée près de Val-d’Or, un couvre-feu avait été instauré très rapidement au début de la pandémie. Il a évolué au fil des mois, afin de permettre aux membres de faire certaines activités notamment de revenir de la chasse sur le territoire la nuit avant 1 h du matin.

Mais, pour les enfants, il a toujours été maintenu de 23 h jusqu’à 5 h du matin. Désormais, les adultes devront à nouveau s’y conformer à partir de 23 h et non de 20 h, comme celui imposé par Québec.

On fait nos règlements. Ce n’est pas le gouvernement québécois qui a la gestion et on a décidé de le mettre à 23 h. Il faut savoir que l’accès à la communauté est barré aux non-membres résidents et qu’on a des règles, a expliqué la cheffe Adrienne Jérôme.

Quant à l’intervention de la police en cas de non-respect, s’il n’y a pas le choix, il va y avoir des sanctions, mais on ne va pas mettre plein d’amendes non plus. On fait émettre des avertissements. Et puis les gens comprennent et prennent la pandémie au sérieux, a relaté la cheffe.

Plusieurs autres communautés dans la province comme Wendake, Kanesatake, Timiskaming ou encore Mashteuiatsh vont imposer le couvre-feu de 20 h à 5 h.

Le tout se fera dans une approche communautaire par les policiers qui sont sensibles à la réalité de la communauté, a dit Julie Girard de l’équipe d’urgence de la communauté ilnue de Mashteuiatsh.

Les élèves pourront néanmoins continuer les activités parascolaires qui sont maintenues, puisque les groupes scolaires y respectent la bulle et que des mesures sont mises en place, a avancé Julie Girard.

Pas de couvre-feu chez les Cris et les Inuit

Le gouvernement québécois a décidé de ne pas inclure les Terres-Cries-de-la-Baie-James et le Nunavik dans ses mesures. En vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les nations crie et inuit ont leur propre régie régionale, avec leur propre structure de gouvernance, même si elles sont en lien avec le réseau québécois.

Elles prennent donc des décisions selon leur propre réalité terrain. Les Cris imposent par exemple une quarantaine obligatoire avant de pouvoir circuler sur le territoire.

Le Nunavik exige notamment un test négatif à la COVID-19 avant de monter dans l’avion en direction de l’une de ses communautés.

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