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Des Micmacs s’attaquent à l’insécurité alimentaire grâce à une serre géothermique

Une serre en construction avec un coucher de soleil en arrière plan.

La Première Nation Potlotek espère que ce nouveau projet de serre permettra d'améliorer l'accès des membres de la communauté aux produits frais toute l'année.

Photo : The Canadian Press / Tahirih Paul

Radio-Canada

La Première Nation Potlotek, en Nouvelle-Écosse, est l'une des communautés autochtones des provinces atlantiques qui se lancent dans un projet ayant pour but de vaincre l'insécurité alimentaire à l'aide d'une serre géothermique qui rendra des produits frais accessibles toute l'année.

Une fois le projet terminé, la communauté micmaque sera également équipée d'un potager, d'un hangar et d'un centre alimentaire.

Ce projet est une initiative de l'organisme autochtone Digital Mi'kmaq. En plus de la Première Nation Potlotek, l'organisme travaille, à l'heure actuelle, avec cinq autres Premières Nations en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick.

La directrice de Digital Mi'kmaq, Marni Fullerton, affirme que le projet de serre apportera un réel changement dans ces communautés qui n'ont pas accès à des aliments frais toute l'année.

C'est significatif de pouvoir pour avoir de la nourriture fraîche, locale et accessible juste à votre porte. Ça fait toute la différence.

Marni Fullerton, directrice de Digital Mi'kmaq

La chargée du développement économique pour la Première Nation Potlotek, Tahirih Paul, constate que les options alimentaires dans sa communauté sont limitées.

Les 600 membres de la bande ne peuvent, la plupart du temps, que se fier à ce qui est offert au dépanneur, dit-elle.

L'épicerie la plus proche est à environ 10 minutes en voiture et les produits qui y sont disponibles laissent beaucoup à désirer, ajoute-t-elle. Les membres doivent parcourir environ 55 kilomètres pour atteindre les épiceries à grande surface.

Marni Fullerton

Mme Fullerton soutient que les problèmes liés à l'insécurité alimentaire tourmentent les Premières Nations du Canada depuis l'arrivée des colons européens.

Création d'emplois

Le projet de serre est un moyen pouvant aider à résoudre des années de difficultés pour les peuples autochtones, dit-elle.

Tahirih Paul souligne que le projet de serre permettra également à des membres de la communauté d'avoir un emploi. Plusieurs petites entreprises présentes dans la communauté ont en effet dû fermer en raison de la pandémie, laissant de nombreuses personnes sans travail.

Cette année, nous avons constaté une baisse d’environ 80 % des taux d’emploi par rapport aux cinq dernières années, précise Mme Paul.

L'insécurité alimentaire plus présente chez les Autochtones

Une étude de 2019 menée par l'Université d'Ottawa, l'Université de Montréal et l'Assemblée des Premières Nations a indiqué que les taux d'insécurité alimentaire sont de trois à cinq fois plus élevés pour les Premières Nations que par rapport au reste de la population.

Une autre étude, menée par Santé Canada et parue en 2014, a constaté que, dans les communautés autochtones des provinces de l'Atlantique, 31 % des foyers se trouvent en situation d'insécurité alimentaire et que 9 % des foyers se trouvent en situation très grave d'insécurité alimentaire.

À titre comparatif, un rapport de la Revue canadienne de Santé publique parue en 2015 a démontré que la Nouvelle-Écosse possède le taux d'insécurité alimentaire le plus élevé du pays puisque 17,3 % des foyers de la province se trouvent dans cette situation.

C'est pour ces raisons que Digital Mi'kmaq souhaite exporter le projet de serre dans d'autres communautés autochtones au pays, dit sa directrice.

Tahirih Paul espère que la serre sera achevée avant le printemps et travaille actuellement sur un plan pour diviser l'espace dans le potager. Cela a été un énorme défi, dit Mme Paul. Mais le résultat final vaudra chaque heure que nous y avons mise et le stress que nous avons vécu.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC News

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