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Oser s’en parler, un balado citoyen destiné aux non-Autochtones

Une femme devant un micro.

Charlotte Côté est l'idéatrice et la réalisatrice du balado « Oser s'en parler ».

Photo : Gracieuseté de Charlotte Côté

Une série balado réalisée par une jeune Québécoise invite à une réflexion critique sur les relations qu’entretiennent les Québécois avec les Autochtones. Oser s’en parler – Réconciliation? Désapprendre, réparer, décoloniser propose déjà six épisodes et une diversité d’opinions.

Charlotte Côté est une citoyenne engagée. Depuis l’adolescence, elle s’investit dans des activités communautaires, participe à des forums et sensibilise politiciens et citoyens à diverses causes.

Tout cela l’a amenée à côtoyer d’autres jeunes de partout au pays et à mesurer la diversité des réalités et des enjeux.

Des rencontres avec des jeunes d’Attawapiskat, une Première Nation isolée du nord de l'Ontario, et d’Arctic Bay, un hameau inuit situé au Nunavut, lui ouvrent les yeux sur les grandes disparités qui ont cours dans son propre pays.

On n’a pas tous les mêmes opportunités, prend-elle conscience alors, en plus de se rendre compte que la façon d’évoluer en société, c’est beaucoup basé sur nos perceptions, ce qu’on se fait enseigner et les personnes avec qui on interagit.

Chez Charlotte, cette prise de conscience s’exprime d’abord par la colère, puis se transforme en action.

Je me suis promis de me battre contre les inégalités, dit-elle. Mais surtout, je me suis promis de ne jamais oublier la responsabilité qui vient avec le fait de ne pas avoir à en vivre d’autres.

Et de citer le racisme, l’homophobie, la xénophobie, entre autres.

Je crois vraiment à ça, le pouvoir de la rencontre.

Une citation de :Charlotte Côté

Après des études en conflits et droits de la personne à l'Université d'Ottawa, la jeune femme entreprend une carrière dans le domaine du dialogue et de la médiation de conflits internationaux.

Elle œuvre auprès de gens qui connaissent la guerre et travaillent à y mettre fin, et d’autres qui ne voient pas d’autres options. On essaie de trouver les racines de ces crises et de trouver des solutions à long terme.

Je trouve ça important d’aborder certaines des atrocités dans le monde, dit-elle, tout en précisant qu’elle trouve encore plus important de s’engager à améliorer des problèmes qui sont profondément ancrés chez moi, au Québec, au Canada.

En tant que settler [colonisateur], c’est à moi de me renseigner sur la partie de mon histoire que je ne connais pas, insiste Charlotte Côté, en désignant cette ignorance qui continue d’alimenter le fossé.

Une citation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Citation tirée d'un épisode du balado indépendant « Oser s'en parler », signé Charlotte Côté

Photo : Samuel Côté

Elle constate pourtant que le fardeau d’éduquer incombe la plupart du temps aux Autochtones.

La méconnaissance des enjeux et des réalités autochtones demeure le nerf de la guerre, car trop peu souvent on en parle. Il faut pourtant avoir le courage de se confronter à ce qui nous rend mal à l’aise.

Charlotte insiste : Il faut se renseigner et aller à la rencontre de l’autre. Et cette rencontre peut se faire de diverses façons, pas seulement en personne : on peut lire, regarder des documentaires, des films, écouter de la musique ou un balado.

Un outil pour les non-Autochtones

On peut aussi proposer un projet personnel. C’est ce qu’a fait Charlotte, qui souhaitait entamer le dialogue avec ses voisins et les concitoyens en général sur les relations entre Autochtones et non-Autochtones.

Sans expérience aucune derrière un micro, elle choisit de réaliser une série balado indépendante où elle ose parler de ses malaises et des malaises en général des non-Autochtones envers les Autochtones.

Pourquoi un balado? Parce que, constate Charlotte, il est difficile d’aller chercher l’attention des gens. Le balado a l’avantage d’être facilement accessible, en tout temps et en tout lieu, et peut servir à divers intervenants.

Une petite subvention du gouvernement dans le cadre de sa participation citoyenne à divers forums lui donne le coup de pouce nécessaire pour se lancer dans cette aventure.

Une proposition qui plaît à Widia Larivière. Cofondatrice et directrice générale de Mikana, un organisme « d’éducation sur les réalités autochtones », Mme Larivière pense que ce genre d’initiative permet de faire avancer les discussions et d'éduquer le public non autochtone.

À son avis, cela fait partie des responsabilités des alliés d'inviter leurs pairs non autochtones à entamer ou à approfondir une autoréflexion sur leurs relations avec les personnes autochtones et de les tenir responsables. Elle précise que cela doit se faire en passant le microphone aux personnes autochtones.

Dessin d'une femme.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'épisode 4 du balado indépendant « Oser s'en parler », de Charlotte Côté

Photo : Samuel Côté

Oser s’en parler

Une partie fondamentale du balado, explique Charlotte Côté, c’est de mettre en lumière la diversité de parole, d’opinion et d’œuvres autochtones. Que les intervenants soient de simples citoyens, des artistes, des universitaires ou des auteurs, l’idée est de les entendre et de leur donner de la visibilité.

En contrepartie, elle croit aussi incontournable l’introspection collective et individuelle des non-Autochtones sur le racisme systémique envers les Autochtones.

Ce sont de premières étapes de réflexion, admet-elle, en espérant qu’ensuite chacun trouvera sa propre façon de s’engager pour changer tranquillement notre société.

Le balado Oser s'en parler regroupe des discussions intéressantes, pertinentes et surtout nécessaires sur les relations entre Autochtones et non-Autochtones, constate Widia Larivière, qui se réjouit qu’on puisse y entendre une diversité de points de vue.

Quel rôle la société dominante (les Québécois.e.s/Canadien.ne.s) joue-t-elle dans l'effort de reconstruction des relations avec les Autochtones? Quelle responsabilité a-t-elle? Les thèmes de réflexion et d'échanges ne manquent pas, et chaque épisode d’environ 45 minutes a pour objectif de vulgariser des points essentiels, précise Charlotte.

Lumière sur les angles morts de l’expérience canadienne, le deuxième épisode de la série qui en compte actuellement six, permet à l’Innu de Mashteuiatsh Alexandre Bacon de mettre en lumière le côté sombre des narratifs canadiens et québécois.

Une image de quatre personnes souriantes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans l'épisode 5, des non-Autochtones réfléchissent à la meilleure façon de parler des réalités autochtones en surmontant certains malaises.

Photo : Samuel Côté

Oser s’en parler entre allochtones, le sixième épisode, permet à quatre non-Autochtones de discuter des défis, mais aussi des moyens de se parler entre allochtones pour aller au-delà de notre malaise et de notre inconfort.

Au moins six autres épisodes sont en préparation, dont un portera sur l’importance de la collaboration entre non-Autochtones et Autochtones.

Entre-temps, la série balado de Charlotte Côté (Nouvelle fenêtre) fait son petit bonhomme de chemin en circulant principalement grâce au bouche à oreille.

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