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Un premier commissaire à la langue crie au Québec

Le premier commissaire à la langue crie du Québec, Jamie Moses, d'Eastmain.

Le premier commissaire à la langue crie du Québec, Jamie Moses, d'Eastmain.

Photo : Courtoisie / Jamie Moses

Radio-Canada

Après de nombreuses années de discussions, les Cris du Québec auront un commissaire pour préserver leur langue.

Nommé le mois dernier, Jamie Moses a travaillé pendant plus de 16 ans comme coordonnateur culturel pour sa communauté natale d'Eastmain, située sur la côte de la baie James, à environ 1200 kilomètres au nord de Montréal.

Le sentiment d'être choisi comme premier commissaire aux langues est assez impressionnant. Tout au long de ma vie, j'ai travaillé fort dans le domaine de la culture et de la langue, a-t-il déclaré. Il a été nommé pour un mandat de cinq ans.

Jamie Moses a été élevé par ses grands-parents et a appris à travailler fort pour atteindre ses buts, peu importe les embûches. C’est grâce à ces années passées dans le territoire d'Eeyou Istchee qu’il a appris à maîtriser la langue maternelle de son peuple.

Un sentiment d’urgence

Nous sommes à une époque cruciale où beaucoup de nos aînés qui parlent le mieux la langue disparaissent lentement. Ils sont la dernière génération à vivre du territoire, a souligné Jamie Moses, qui est lui-même âgé de 38 ans.

Une aînée l’avait d’ailleurs encouragé à postuler à cet important poste pour sa nation. Son nouveau travail vient donc avec un sentiment d’urgence non négligeable. Elle croyait que cette tâche importante devait être confiée à quelqu'un [qui] est encore jeune, pour que la prochaine génération puisse voir l'importance de la langue.

L'une des activités culturelles organisées par Jamie Moses, du temps qu'il était coordonnateur culturel à Eastmain.

L'une des activités culturelles organisées par Jamie Moses, du temps qu'il était coordonnateur culturel à Eastmain.

Photo : Courtoisie / Jamie Moses

Travailler pour les générations futures

Des efforts pour créer une commission de la langue crie sont en cours au Québec depuis 2012, comme en témoignent les rapports annuels du gouvernement de la nation crie. En 2019, la nation a adopté la Loi sur la langue crie d'Eeyou Istchee, qui était sa toute première loi depuis l'obtention de l'autonomie gouvernementale en 2017.

À l'époque, le grand chef Abel Bosum avait déclaré que la création d’une commission sur la langue et l'embauche d'un commissaire étaient une priorité pour son gouvernement.

Nous voulons pouvoir transmettre cette langue et ses liens avec la culture [et le territoire] à nos enfants, avait déclaré le grand chef Bosum en 2019.

Cette préservation de la langue pour les générations futures est également une priorité pour Jamie Moses. La génération de mes parents a pu me parler dans ma propre langue dès le premier jour, mais nous sommes à une époque où de nombreuses langues [autochtones] dans le monde sont menacées à cause de la technologie moderne.

Du même coup, il espère être en mesure d'utiliser cette même technologie, comme la plateforme YouTube, afin de créer des outils pour impliquer les jeunes.

Ceux qui parlent la langue crie peuvent aussi l'écrire et composer des chansons. Ce sont eux que nous pouvons soutenir pour que notre langue crie soit vivante et continue d'évoluer avec nous et avec les générations futures.

De nombreux travaux de préservation de la langue ont déjà été effectués par la Commission scolaire crie et le gouvernement de la Nation crie, selon Jamie Moses.

Le nouveau commissaire à la langue crie entrera en fonction au début de l’année 2021.

D’après un texte de Dorothy Stewart, CBC.

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