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Wemotaci : préparer la relance économique post-COVID-19

Les bureaux du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Les bureaux du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

La Corporation de développement économique Nikanik (CDEN) de Wemotaci pourra désormais compter sur un comité d'experts pour l’aider à préparer la relance économique post-pandémie.

La nouvelle a été annoncée par le Conseil des Atikamekw de Wemotaci par voie de communiqué la semaine dernière, quelques jours après l’approbation par Santé Canada du vaccin fabriqué par les sociétés Pfizer et BioNTech.

Le développement économique est au cœur de notre stratégie pour assurer l’amélioration de la qualité de vie de nos membres. En ce sens, chacune de nos initiatives a pour objectif de stimuler la vitalité de notre économie en favorisant la création d’emplois et le développement d’opportunités d’affaires, a déclaré François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

En entrevue avec Espaces autochtones, le directeur du développement économique de Wemotaci, Adam Jourdain, explique que la communauté entend profiter des programmes gouvernementaux qui seront mis sur pied pour relancer l’économie canadienne après l’épisode COVID-19.

On veut être prêts. Avoir des plans d’affaires qui sont prêts, finis. C’est un peu la raison de notre comité d’experts, dit-il.

La Corporation compte actuellement deux employés. Or, on compte accélérer la finalisation de certains projets en cours de rédaction pour le printemps prochain et le comité y contribuera.

François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci, est assis à son bureau.

François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Ledit comité sera composé de Ralph Cleary, consultant en développement social et main-d’œuvre, Christian Awashish, consultant en gestion, Maybeline Chilton, directrice développement social et main-d’œuvre, Dominic Blackburn, accompagnateur du comité, et des élus Guy Laloche, Marco Chilton et Patrick Petiquay.

Ces personnes devront non seulement participer à la création du plan de relance du secteur économique de la communauté, selon le communiqué de presse, mais aussi contribuer à identifier et saisir les opportunités d’affaires et identifier les programmes de subvention du gouvernement.

Répondre à des besoins

Le comité d'experts doit présenter son plan au Conseil des Atikamekw de Wemotaci d’ici la fin janvier, soit dans un mois et demi tout au plus. Or, les projets retenus sont assez avancés.

Les projets qu’on a à Wemotaci sont déjà listés, sont déjà en train d’être travaillés. Les plans d’affaires, les plans et devis sont déjà terminés. Donc, c’est pour cela qu’on est capables de déposer un plan de relance assez rapidement, assure Adam Jourdain.

Directeur du développement économique de Wemotaci depuis 2014, ce détenteur d’un baccalauréat en administration des affaires (finances) affirme que la Corporation ne veut pas manquer le bateau.

Il reconnaît que la communauté a été affectée par la pandémie et que celle-ci a ralenti le développement de deux projets proposés par le Conseil en raison des mesures sanitaires. De plus, deux entreprises privées qui devaient démarrer cette année ont mis leur projet sur la glace.

Adam Jourdain en gros plan.

Adam Jourdain est directeur du développement économique de Wemotaci.

Photo :  courtoisie

Adam Jourdain soutient que la communauté, qui compte environ 2000 membres, cherche à créer une micro-économie et, pour ce faire, elle doit se doter de certaines structures inexistantes.

On vise un magasin général dans la communauté. Aussi, on a des besoins au niveau des garages de mécanique générale. On vise aussi des investissements hors communauté. On peut voir que certaines entreprises ont eu de la difficulté en 2020. On est prêts à investir à La Tuque dans des entreprises qui répondent à nos besoins, énumère-t-il.

Parmi les besoins exprimés par la communauté figure également celui de la construction d’un motel industriel pouvant accueillir des magasins à grande surface. On a aussi besoin d’un nouveau restaurant. On est en train de regarder ça aussi, indique-t-il, ajoutant que des besoins se font par surcroît sentir pour la venue d’un détaillant de matériaux de construction.

Développement social

Le développement économique, le développement social et le développement de la main-d’œuvre sont intimement liés, note M. Jourdain.

C’est pour cela qu’on a engagé Ralph Cleary, qui est l’ancien directeur général de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec et du Labrador. C’est un homme qui a beaucoup d’expérience, fait-il remarquer.

Ainsi, l’enjeu ne consiste pas uniquement à créer des entreprises et à les financer. Encore faut-il s’occuper de la main-d’œuvre en planifiant le recrutement et la formation, afin d’être en mesure d’engager des gens de la communauté, qui participeront à son développement.

Quand l’entreprise va être prête, nos gens vont tout de suite travailler dedans. C’est l’objectif de coordonner tout cela, d’avoir une cohésion entre le développement de la main-d’œuvre et le développement économique, illustre-t-il.

Des maisons enneigées en rangée.

Le taux de chômage est assez élevé au sein de la communauté des Atikamekw de Wemotaci, qui compte environ 2000 membres.

Photo : Courtoisie / Alfred Birote

Selon les dernières statistiques sur l’emploi que possède la Corporation, le taux de chômage au sein de la communauté se situe autour de 27 %.

On a de la main-d’œuvre qui est très jeune, mais qui n’est pas qualifiée. C’est ça aussi notre objectif : d’avoir des perspectives d’emploi autres que le Conseil, le plus gros employeur de la communauté. On veut créer des sociétés en commandite. On en a déjà beaucoup. Pour justement ôter la pression de créer des emplois qui viennent du Conseil, affirme le directeur.

Emplois et formation

Le plan de formation pour l’année 2021 a déjà été établi. En ce qui concerne les autres projets en développement, les experts sont en contact avec des écoles de formation à l’extérieur de la communauté.

En 2021, on prévoit construire une auberge à Wemotaci. Cela nous prend de la formation en lien avec l’hôtellerie, pour les femmes de ménage, pour le service à la clientèle, etc. On est en train de préparer ces formations, dévoile M. Jourdain, précisant qu’il s’agira d’un établissement de 22 chambres dont le conseil sera propriétaire.

Le porte-parole indique que la Corporation, au fil des années, a conclu des partenariats avec diverses entreprises afin de faciliter l’embauche des membres de la communauté, agissant en quelque sorte comme une agence de placement.

On fait la promotion des emplois à l’extérieur qui sont accessibles aux gens de la communauté; de créer des dialogues entre la communauté et les entreprises extérieures. C’est un des rôles de la corporation dans les dernières années, détaille-t-il.

Quand il a commencé à la Corporation en 2014, Adam Jourdain avait 200 000 $ de projets de développement économique sur son bureau. Aujourd’hui, il gère des projets d’une valeur de 172 M$ qui sont en rédaction, à l’étude ou encore finalisés. C’est un bond énorme pour la communauté, admet-il.

Il raconte que quand le chef François Neashit l’a recruté, il devait élaborer un plan de redressement. Aujourd’hui, on n’est plus en plan de redressement. Au contraire, on est un plan de développement. C’est un énorme travail que le conseil a fait. Mais, on a fait aussi un excellent travail à la Corporation d’avoir des projets structurants qui répondent aux besoins de la communauté. C’est un mélange de tout cela, analyse-t-il.

En 2020, la Corporation a permis la réalisation de quatre grands projets : le centre d’affaires, la rénovation de la station-service, la fibre optique et la construction d’une série de bois personnalisés.

Et l’avenir? Wemotaci a été longtemps dans l’ombre du développement économique de la Haute-Mauricie. Mais je pense que, depuis les deux dernières années, on démontre qu’on est sérieux dans notre démarche. Je pense qu’avec cette équipe [le comité d'experts], on démontre qu’on veut réussir. Et on va réussir. Je suis persuadé qu’on va être capables, lance-t-il.

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