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Cohabitation entre Kanesatake et Oka, un négociateur est nommé

Un panneau annonce la délimitation de la communauté mohawk de Kanesatake et de la municipalité d'Oka.

L'entrée de la communauté mohawk de Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, tout près de la municipalité d'Oka.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Paul Girard, ancien sous-ministre, a été désigné jeudi par Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones, pour aider à trouver des compromis sur des questions de cohabitation entre la communauté de Kanesatake et la municipalité d'Oka.

Certaines problématiques, dont la propriété de la pinède d'Oka et les cabanes à pot, seront au cœur des discussions qu’aura monsieur Girard avec les principaux concernés.

Des discussions et non des négociations, souligne le grand chef du conseil de bande Serge Otsi Simon. Moi, j’ai rien à négocier, j’ai pas demandé de négociations avec le maire d’Oka, dit-il en précisant toutefois que toutes les avenues de paix sont bienvenues.

À Oka, le maire Pascal Quevillon voit cette nomination de manière positive pour le bien de nos deux communautés.

Le grand chef de Kanesatake se réjouit aussi. Il apprécie le fait d’avoir été consulté par le ministre responsable des Affaires autochtones au lendemain de sa nomination pour savoir ce qui était de haute importance pour notre communauté, ce que j’ai trouvé extraordinaire. Première fois qu’un ministre vraiment veut se pencher sur nos problèmes.

Une première rencontre est déjà à l’ordre du jour la semaine prochaine entre le grand chef et Paul Girard d’une part et le maire Quevillon et M. Girard d’autre part, pour discuter du mandat de ce dernier.

Pour le bureau du ministre Lafrenière, il faut avant tout développer et maintenir un climat harmonieux à Kanesatake et dans la région.

La multiplication des cabanes illégales de vente de marijuana sur le territoire de Kanesatake a créé des tensions entre cette communauté et Oka.

C’est un gros problème, souligne le maire Quevillon. C’est comme un buffet tout inclus pour le crime organisé présentement.

Il espère que ce dossier fera partie des discussions et que des actions seront prises rapidement.

Au cours des derniers mois, la gestion de la pinède d’Oka a aussi créé des tensions entre la Ville d’Oka et la communauté de Kanesatake, le conseil municipal voulant classer ce territoire comme site patrimonial. Des motifs historiques, identitaires et paysagers sont avancés.

Mais le Conseil Mohawk et le propriétaire d’une partie des terrains s’y opposent farouchement.

Site patrimonial de la pinède d'Oka proposé par la ville
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Site patrimonial de la pinède d'Oka proposé par la ville

Photo : Source: ville d'Oka

S’ils veulent travailler avec nous pour régler les questions de terre, de titres autochtones, je me méfie un peu, avance Serge Otsi Simon, parce que la province est contre deux choses, la loi C-92* et la déclaration de l’ONU.

En ce qui concerne ces revendications territoriales, le maire et le grand chef sont d’accord. Il va falloir que le gouvernement fédéral se réveille et puisse faire sa part dans ce dossier-là, déclare Pascal Quevillon, qui estime que ce n’est ni à la municipalité d’Oka ni à la province de Québec de le régler.

Pour régler les préjudices qu’eux disent qu’ils ont connus y’a quelques centaines d’années, faut pas venir causer des préjudices aujourd’hui aux citoyens d’Oka, dit-il.

Le grand chef a une autre façon de voir les choses. Il faut qu’on éduque sur la réalité historique, explique-t-il.

On n’est pas ici pour vous démunir de votre possession d’une partie de nos terres, mais il faut trouver une façon de travailler ensemble, de développement mutuel.

Serge Otsi Simon ajoute que les Mohawks doivent obtenir les bénéfices promis depuis 1717, date à laquelle la communauté religieuse des Sulpiciens recevait du roi de France la Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes. Sur cette seigneurie, des terres utilisées par les Mohawks qui ont été, au fil du temps, vendues par les Sulpiciens à des non-Autochtones, puis à la municipalité d'Oka.

Le haut fonctionnaire Paul Girard aura jusqu’au 31 mars 2021 pour déposer son rapport contenant de possibles solutions de cohabitation au ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

*NDLR La Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

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