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Des Micmacs se privent de la saison de pêche au homard commerciale en N.-É.

Depuis le mois de septembre, des pêcheurs autochtones sont la cible d'actes de violence ou de vandalisme dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Un bateau de pêche au large, devant des bateaux avec des drapeaux micmacs au quai.

Les bateaux micmacs sont restés à quai à Saulnierville, alors que la saison de la pêche commerciale au homard a officiellement commencé mardi matin.

Photo : CBC/Nic Meloney

Radio-Canada

Des pêcheurs micmacs, qui craignent les confrontations avec les pêcheurs non autochtones, ne participeront pas à la saison commerciale de pêche au homard dans une des zones les plus lucratives du Canada, en Nouvelle-Écosse, se privant ainsi d’un revenu important.

Chaque année, les pêcheurs de la Première Nation micmaque de Sipekne'katik opèrent durant la saison de pêche commerciale dans la zone 34, située dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, grâce à neuf permis octroyés par le gouvernement fédéral.

Le chef de Sipekne'katik, Mike Sack, a annoncé en novembre que ces permis ne seraient pas utilisés cette année par les pêcheurs micmacs, qui craignent les représailles, la violence, le vandalisme et le racisme économique systémique.

Mike Sack sur le quai.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Les tensions sont palpables depuis le 17 septembre dernier, alors que les pêcheurs autochtones ont commencé leur saison de pêche autogérée. Puisque celle-ci se déroule en dehors de la saison réglementée, des pêcheurs non autochtones la considèrent comme illégale et craignent qu'elle entraîne une baisse des stocks de homards. Depuis, des Autochtones ont été victimes de gestes parfois violents.

L’absence de revenu va frapper fort

Arvin Knockwood, de la Première Nation de Sipekne'katik, pêche le homard durant la saison commerciale depuis deux ans. Même s’il participe depuis le mois de septembre à la pêche autogérée, le revenu qu’il perd en se privant de la pêche commerciale va rendre les prochains mois difficiles.

Cela va définitivement frapper fort, dit-il. Je ne vais pas recevoir [d’aide de l’assurance-emploi] pour les mois du printemps et de l’été. Je ne vais pas faire d’argent avec la pêche commerciale. Donc finalement, je m’assois et j’attends l’année prochaine.

Le pêcheur micmac sur un bateau.

Arvin Knockwood aurait aimé pouvoir pêcher durant la saison commerciale, mais les risques sont trop grands, dit-il.

Photo : CBC/Nic Meloney

Mais l’argent ne vaut pas les risques que lui et ses collègues micmacs prendraient en participant à la pêche commerciale cette année, pense-t-il. On espère pouvoir y participer l’année prochaine sans problème.

Arvin Knockwood et sa fiancée ont quatre enfants de moins de neuf ans. Sa compagne a un emploi avec un revenu stable qui leur permet de survivre, mais le pêcheur devra quand même trouver des façons de renflouer les coffres.

La pêche est devenue une tâche énorme et intimidante

Le risque de représailles n’est pas la seule raison pour laquelle les Micmacs doivent se priver de la pêche commerciale cette année.

Jason Marr, pêcheur de Sipekne'katik, affirme avoir été dans l’obligation de cesser ses activités parce qu’il n’a pas les moyens de remplacer son matériel détruit ou saisi par des pêcheurs non autochtones.

C’est sans fin. Vous mettez 10 casiers, ils prennent 10 casiers. Vous les remplacez par 10 autres casiers, ils prennent ces 10 autres casiers.

Jason Marr, pêcheur micmac
Le pêcheur micmac devant des casiers à homards.

Jason Marr a perdu trop de matériel de pêche dans les deux derniers mois pour continuer à travailler.

Photo : CBC/Nic Meloney

Les pêcheurs [commerciaux] vont aller pêcher, ils vont attraper des millions de dollars en homards comme ils le font chaque année, dit-il. J’aimerais pouvoir le faire moi aussi, mais c’est devenu une tâche énorme et intimidante à considérer.

Il se dit incapable de calculer la valeur du matériel perdu depuis le mois de septembre, étant donné la fréquence à laquelle lui et d’autres pêcheurs micmacs ont dû trouver des casiers, des bouées et des lignes de remplacement, qu’ils soient neufs, usagés ou même donnés. Les revenus obtenus en vendant ses prises ne lui ont pas permis de récupérer les dépenses, assure-t-il.

Après plus de 20 ans de carrière, il a atteint son point de rupture. Ils m’ont épuisé, et je suis de ceux qui ont toujours des ressources. Il se dit frustré de constater qu’après tant d’années et de nouvelles pressions pour assurer les droits issus des traités des Autochtones, les pêcheurs micmacs doivent encore se battre pour vivre de la pêche.

Avec les informations de Nic Meloney de CBC

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