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Rejet de la requête d'Autochtones pour retarder le remplacement du pipeline de la Ligne 3

Un homme de dos brandit un drapeau face à des travailleurs affairés à la construction d'un pipeline.

Des opposants au remplacement du pipeline de la Ligne 3 d'Enbridge ont installé un camp de prières autochtone près de la frontière entre le Manitoba et le Dakota du Nord.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Radio-Canada

La Commission des services publics du Minnesota a rejeté, vendredi, une demande de deux Premières Nations visant à empêcher Enbridge Energy de poursuivre le remplacement du pipeline de la Ligne 3, qui a reçu cette semaine l'approbation de l'État.

Les Premières Nations Chippewa de Red Lake et de White Earth, situées dans le nord du Minnesota, ont demandé à la commission de suspendre son approbation du projet, invoquant un litige en cours devant la Cour d'appel du Minnesota.

Les avocats des deux Premières Nations soutiennent que ces travaux causeraient des dommages irréparables aux communautés.

Ils affirment notamment qu’il y a un risque de contamination des eaux utilisées pour la culture du riz sauvage et que le pétrole issu des sables bitumineux transporté par l’oléoduc contribuerait à l'aggravation des changements climatiques.

Quatre des cinq commissaires ont voté contre la demande.

Ils ont justifié cette décision en décrivant les conséquences qu'un délai supplémentaire aurait sur les travailleurs déjà mobilisés sur le chantier.

Je pense que ce serait méprisant et inacceptable, affirme la commissaire Valerie Means. Le préjudice serait irréparable pour ces travailleurs si nous autorisions un sursis des travaux.

Je ne soutiendrai pas le fait de pousser ces travailleurs au chômage alors que du travail est disponible et peut être fait en toute sécurité. Il n'y a aucune preuve crédible pour appuyer le contraire.

Une citation de :Valerie Means, membre de la Commission des services publics du Minnesota

Le tribunal a le pouvoir de suspendre les travaux s'il se prononce en faveur des Premières Nations, ont aussi noté les commissaires.

Cette décision est une reconfirmation des approbations antérieures pour le remplacement du pipeline de la Ligne 3, a déclaré la porte-parole d'Enbridge, Juli Kellner, dans un communiqué indiquant également que plus de 1000 personnes sont maintenant embauchées pour les travaux.

Nous espérons que toutes les parties accepteront cette décision, peut-on aussi lire dans le communiqué.

Une décision prévisible, selon des activistes autochtones

La directrice générale de l'organisme environnementaliste Honor the Earth, Winona La Duke, qualifie cette décision de prévisible et critique la commission pour ne pas avoir attendu la décision de la Cour d'appel avant d'approuver les travaux sur la Ligne 3.

À l'heure actuelle, le pipeline de la Ligne 3 sera remplacé avant que le tribunal puisse déterminer si ces travaux peuvent effectivement avoir lieu, a déclaré Mme La Duke dans un communiqué.

La Cour d'appel devrait avoir la possibilité de faire connaitre sa décision avant que la Commission des services publics puisse permettre au projet d'aller de l'avant.

Une citation de :Winona La Duke, dans un communiqué

Vendredi, deux manifestants ont grimpé dans des arbres qui doivent être abattus, le long du couloir de la Ligne 3, selon un communiqué d'un autre groupe d'activistes.

La porte-parole d'Enbridge n'a pas confirmé si cette manifestation avait eu lieu, mais a souligné que l'entreprise n'allait tolérer aucune activité illégale.

Des travaux nécessaires, dit Enbridge

Enbridge Energy, basée à Calgary, affirme que le remplacement du pipeline, qui ne fonctionne qu'à la moitié de sa capacité initiale, est la meilleure option pour protéger l'environnement tout en répondant à la demande énergétique.

Le pipeline commence en Alberta, traverse le Dakota du Nord puis le Minnesota, avant de finir sa route dans le terminal d’Enbridge, à Superior, dans le Wisconsin.

Les segments de remplacement au Canada, au Dakota du Nord et au Wisconsin sont déjà en activité; ne manque que le tronçon de 542 kilomètres au Minnesota. Au total, Enbridge prévoit dépenser 2,9 milliards de dollars sur la portion américaine.

Le permis de construction approuvé lundi était le dernier obstacle qui freinait la poursuite de ces travaux, après des années de contestations juridiques et d'examens environnementaux.

Le gouvernement de l'Alberta a par ailleurs salué la nouvelle comme une victoire pour la province et pour la prospérité énergétique de l'Amérique du Nord.

Le Canada et les États-Unis ont établi la relation commerciale d'énergie la plus solide et la plus fiable du monde. L'Alberta est, et continuera d'être, un fournisseur d'énergie stable et sûr pour les États-Unis, a soutenu la ministre de l'Énergie de l'Alberta, Sonya Savage, dans un communiqué.

Avec les informations de Associated Press

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