•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Université Laval tend la main aux étudiants autochtones

Un bâtiment de l'Université Laval avec des cheminées sur le toit

L'Université Laval compte doubler le nombre d'étudiants autochtones dans ses rangs au cours des prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

L'Université Laval a dévoilé mardi un plan d'action pour « renforcer ses relations avec les Premiers Peuples », une initiative que le gouvernement du Québec soutiendra avec une enveloppe de près de 600 000 $ sur deux ans.

Nous avons voulu répondre à l'appel à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui recommandait aux établissements postsecondaires d'intégrer les savoirs et les pratiques pédagogiques autochtones à leurs programmes, a expliqué le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes de l’Université Laval, Robert Beauregard, en conférence de presse.

Ce plan est le fruit de travaux menés par un comité de réflexion sur la réconciliation. Mis sur pied au cours de l’hiver 2018, le comité est coprésidé par M. Beauregard et Prudence Hannis, directrice de l'institution Kiuna, un centre d'études qui a pour mission de démocratiser l’accès à l’enseignement postsecondaire pour les membres des Premières Nations.

Nous avons fait de la réconciliation une priorité dans notre planification stratégique dès 2017, a indiqué M. Beauregard, ajoutant que ce plan d'action est seulement l'une de nos réponses à la discussion qui a cours dans la société sur la place des Autochtones et le racisme systémique.

Le plan intitulé L’Université Laval en action avec les Premiers Peuples a d'ailleurs été présenté mardi matin au Conseil universitaire au terme d'une cérémonie pour honorer la mémoire de Joyce Echaquan, cette Atikamekw de 37 ans décédée dans des circonstances troubles à l'hôpital de Joliette le 28 septembre, tragédie qui a relancé les discussions sur le racisme systémique.

Pour ne jamais oublier notre sœur Joyce, ç'a été une cérémonie incroyable ce matin, dans sa simplicité totale, mais aussi dans toute sa sincérité, a commenté, visiblement émue, Michèle Audette, qui travaille à l’Université Laval depuis plus d'un an comme adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes et conseillère principale à la réconciliation et à l'éducation autochtone.

Mme Audette a également souligné l'importance d'aller au-delà des mots dans le processus de réconciliation, afin de créer un véritable vent de changement.

Vous le savez, de nombreux rapports ont été signés par des commissaires, de nombreuses commissions d'enquête ont été [déclenchées] à différentes instances [...]. Aujourd'hui, enfin, on est en action.

Michèle Audette, adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes et conseillère principale à la réconciliation, Université Laval

De son côté, le vice-recteur Beauregard a assuré que le plan de l'université comporte des actions concrètes afin que la réconciliation espérée ne soit pas que des mots, mais se traduise au quotidien dans la réalité des étudiants autochtones.

Nouveaux cours et espace d'accueil dédié aux Autochtones

L'Université embauchera un coordonnateur autochtone notamment pour mettre sur pied un cercle des Premiers Peuples, soit un centre d'accueil, d'animation culturelle et de soutien pour les étudiants autochtones, qui sont près de 400 chaque année, sur un total de quelque 43 000. L'institution compte par ailleurs doubler leur nombre au cours des prochaines années, selon le vice-recteur Beauregard.

Quand les gens arrivent ici et qu'ils sont invisibles, qu'ils ont l'impression de ne pas être reconnus, [...] ils sont presque des imposteurs, c'est un empêchement. Ils ont l'impression de ne pas être à leur place à l'université, a déploré M. Beauregard. Mais s'il y a un endroit où ils sont connus et reconnus et où ils peuvent célébrer leur culture, là, ils ont l'impression d'être à leur place.

En ce sens, le cursus de l'Université Laval sera aussi bonifié avec des cours de langues autochtones, notamment d'inuktitut, et un cours sur la culture et l'histoire des Premières Nations qui sera offert en personne et à distance.

Au-delà des Autochtones eux-mêmes, les étudiants de tous horizons seront invités à suivre ce cours. C'est important de donner accès aux Québécois à plus d'information sur l'histoire des Autochtones, ça fait aussi partie de nos engagements, a indiqué le vice-recteur.

L'université compte, de plus, se doter d'une stratégie de communication pour mieux intégrer ses étudiants autochtones à la communauté universitaire, mais également pour informer les autres étudiants sur leur réalité.

Ces mesures, et plusieurs autres, seront mises en place en partie grâce à l'aide financière annoncée avec un grand plaisir, en conférence de presse mardi, par la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann. Cette enveloppe de 588 500 $ sur deux ans provient du programme de soutien aux membres des communautés autochtones du ministère.

Également présent à la conférence de presse, le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Ian Lafrenière, a qualifié d'excellente l'annonce de sa collègue.

J'étais très content d'entendre Mme Audette dire tout à l'heure que bien des choses ont été dites, mais qu'il faut aller dans l'action, a-t-il soutenu. Aujourd'hui, c'est un exemple très concret. […] Et l'éducation, ça devrait être au cœur de nos actions, c'est un point de départ qui est incontournable.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !