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Commission Laurent : Les Autochtones sont les mieux placés pour protéger leurs enfants

« On voudrait que les communautés travaillent pour elles et pour leurs enfants » - Régine Laurent

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits de l'enfant et la protection de la jeunesse qui présente un prélude du contenu de son rapport final en conférence de presse

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits de l'enfant et la protection de la jeunesse

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La commission Laurent a l'intention de recommander que les Autochtones aient « les deux mains sur le volant » en ce qui concerne la protection de leurs enfants. Elle ajoute dans son rapport préliminaire qu’il était temps de passer à l’action pour enrayer la surreprésentation des enfants autochtones sous l'autorité de la protection de la jeunesse.

Une seule recommandation – celle de créer immédiatement un poste de directeur national de la protection de la jeunesse – a été faite dans le prélude du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse déposé lundi matin.

Mais les responsables de la Commission ont déjà indiqué qu'ils entendaient recommander, dans le rapport final qui sera déposé le 30 avril 2021, que les Autochtones puissent gérer, ou du moins travailler sur la protection de leur jeunesse.

On ne peut pas livrer toutes nos recommandations aujourd’hui, a lancé le vice-président André Lebon, mais on peut dire que nos recommandations feront en sorte que les Autochtones doivent avoir les deux mains sur le volant et que les solutions qui les concernent devront être consenties, animées, discutées avec eux dans une action de confiance réciproque.

Plusieurs communautés autochtones avaient plaidé devant la commission Laurent pour un système de protection de l’enfance adapté à leurs besoins et pour la création d'un poste de commissaire à l'enfance et à la jeunesse spécifique aux Premières Nations.

La présidente de la Commission, Régine Laurent, appuie les recommandations de la commission Viens, qui dans son rapport final demande un engagement et un soutien réel en faveur de la conclusion d’entente avec les nations et les communautés autochtones pour la mise en place de régimes particuliers de protection de la jeunesse.

Régine Laurent a aussi promis de tenir compte des effets dévastateurs du retrait des enfants des communautés. On voudrait que les communautés travaillent pour elles et pour leurs enfants, a-t-elle précisé. 

Il y a une communauté autochtone qui a dit : "excusez-nous, ça fait des milliers d’années qu’on élève nos enfants. Alors on voudrait en prendre soin à notre façon". Et ça, c’est notre orientation.

Régine Laurent

Parmi les dix constats inscrits dans le document, la Commission rappelle que les enfants autochtones sont surreprésentés en protection de la jeunesse et que les services ne tiennent pas compte de leur contexte historique et culturel ni de leurs langues et de leurs valeurs.

Il y a actuellement une illustration que ces droits-là, le respect de la culture, et tout ça n’est pas respecté, alors ça prend des correctifs, a lancé le vice-président, André Lebon.

Le vice-président de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse en train de présenter le prélude au rapport final.

André Lebon, vice-président de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis 2014, André Lebon est responsable de la réorganisation des services jeunesse et de l'adaptation culturelle des services pour les jeunes en difficulté à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

Le prélude au rapport intervient au moment où, au Québec, des Innus lancent un cri du cœur pour changer les pratiques de la DPJ et que le projet de prise en charge des services sociaux de protection de la jeunesse est enclenché dans des communautés anishinabées.

Les Atikamekw sont eux autonomes en la matière et ont développé leur propre système de protection, considéré comme un modèle pour plusieurs communautés.

Selon le mémoire déposé devant la commission Laurent par l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), au Québec, de 5 % à 6 % des enfants vivant dans les communautés sont placés en foyers, soit huit fois plus que chez les autres enfants québécois. Une tendance qui va en s’accélérant.

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