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Une course contre la montre pour sauver la réserve faunique nationale de l’Arctique

Un avion au-dessus d'une harde d'animaux dans la toundra.

Un avion survole la harde de caribous Porcupine de la réserve faunique nationale de l’Arctique, en Alaska.

Photo : U.S. Fish and Wildlife Service/The Associated Press

Radio-Canada

Les Gwich'in voient une fois de plus leur mode de vie menacé alors que le président américain sortant, Donald Trump, s'efforce d'ouvrir la réserve faunique nationale de l’Arctique à l'exploration pétrolière et gazière avant de quitter ses fonctions.

Cette réserve faunique de 75 000 kilomètres carrés se trouve à la frontière entre l'Alaska et le Yukon. Les caribous du troupeau Porcupine y migrent chaque printemps pour que les femelles puissent donner naissance aux petits au cours de l'été.

Cette vaste étendue se trouverait également au-dessus d'environ 10 milliards de barils de pétrole et d'importantes réserves de gaz.

Des groupes autochtones et de conservation soutiennent que l'exploration et l'exploitation pétrolières et gazières auraient des conséquences importantes sur le troupeau.

Le chef de la Première Nation des Vuntut Gwitchin au Yukon, Dana Tizya-Tramm, affirme que la survie des caribous Porcupine est liée à la survie culturelle et identitaire de sa nation.

« Notre peuple est intrinsèquement lié à ce troupeau depuis des millénaires, a-t-il déclaré lors d'une entrevue à CBC North. Notre village est aligné aux routes migratoires traditionnelles. »

Encore aujourd'hui, nos enfants sont nourris avec le bouillon de caribou et font leurs dents sur les os. Nos aînés aussi sont nourris avec la viande du caribou. Même notre gouvernement et notre mode de vie s'articulent autour du troupeau Porcupine.

Dana Tizya-Tramm, chef de la Première Nation des Vuntut Gwitchin

Donald Trump n'est pas le premier président américain à convoiter les retombées économiques qui découleraient de l'ouverture de la réserve faunique au forage.

Ce que lui et les autres partisans du projet ne reconnaissent pas, croit le chef Tizya-Tramm, ce sont les impacts négatifs pour les Gwich'in des deux côtés de la frontière.

Un ultime effort

Ce qui semble être la priorité, c'est la croissance économique à tout prix. Donc, en ce moment, nous nous trouvons dans un ultime effort, comme David contre Goliath, pour assurer la protection des terres et de notre nation, déplore le chef.

Malheureusement, cela ne se traduit pas dans le lexique de Trump et ça ne trouve pas son chemin jusque dans la législation américaine, ajoute-t-il.

Dana Tizya-Tramm, à l'extérieur devant un cours d'eau, sourit à la caméra.

Dana Tizya-Tramm est le chef de la Première Nation Vuntut Gwitchin du village d'Old Crow, dans le nord du Yukon.

Photo : Radio-Canada / Jane Sponagle

Les Gwich'in et des groupes de conservation tentent de convaincre les banques et les compagnies d'assurance de refuser de participer à d'éventuels projets énergétiques dans la réserve faunique. Jusqu'à présent, un certain nombre de banques canadiennes et internationales ont indiqué qu'elles n'adhéreraient pas à de tels projets.

Les Gwich'in espèrent maintenant que le président élu Joe Biden respectera son engagement de protéger en permanence la réserve faunique nationale de l’Arctique de l'exploitation pétrolière et gazière.

Je sens, maintenant plus que jamais, qu'il sera possible de s'entendre avec cette future administration, dit M. Tizya-Tramm.

Mais le temps est compté. Comme l'administration Trump essaie toujours de vendre des baux dans la réserve faunique, des tests sismiques visant à déterminer l'ampleur des réserves de pétrole pourraient avoir lieu avant la fin de l'année.

Une activité sismique dans la région pourrait causer des dommages irréparables au pergélisol et aux aires de naissance des caribous, s'inquiète Dana Tizya-Tramm.

Le Canada travaille activement pour protéger la réserve faunique

Le Canada et les États-Unis sont censés être unis dans leurs efforts pour protéger les caribous du troupeau Porcupine. Les deux pays ont conclu un accord en 1987 pour conserver la population de caribous et son habitat.

Malheureusement, il n'y a aucune disposition dans cet accord qui permet de régler les différends, précise le chef Tizya-Tramm.

Dans une déclaration envoyée à CBC News, Affaires mondiales Canada affirme que le gouvernement travaille activement pour répondre à la décision de l'administration Trump de vendre des baux pétroliers.

Nous continuons de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et des peuples autochtones concernés pour faire part au gouvernement américain de nos préoccupations communes, est-il écrit dans cette déclaration.

Le ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, a également déclaré à CBC News qu'il s'efforçait de convaincre les États-Unis de protéger la réserve faunique.

Je ferai tout ce que je peux pour convaincre à la fois l'administration Trump et la nouvelle administration Biden que ça ne devrait pas se produire et que ce n'est pas la manière appropriée de concevoir le développement de nos jours, a-t-il dit.

Le chef Dana Tizya-Tramm prévoit également entrer en contact avec l'équipe de Joe Biden dans les prochaines semaines. Il applaudit par ailleurs les efforts d'Ottawa dans ce dossier jusqu'à présent.

D'après un texte de Chris Hall de CBC News.

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