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Une nouvelle compétence en éducation pour combattre le racisme

L'artiste est habillée de noir avec des bottes en peau. Elle est accroupie et dialogue avec deux autres personnes.

Sylvia Cloutier, artiste autochtone.

Photo : École nationale de théâtre du Canada

Radio-Canada

Mieux connaître et comprendre la culture autochtone pour mieux l’enseigner : le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN), en collaboration avec l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) et l’Institut Tshakapesh, a dévoilé mardi une nouvelle compétence qu’il souhaite faire ajouter à la liste de celles déjà exercées par les enseignants du Québec, soit « comprendre et apprendre pour combattre le racisme systémique ».

Selon les organisations participantes, cette compétence supplémentaire s’inscrit directement dans le contexte de la commission Viens, de la Commission de vérité et réconciliation et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

L’élimination du racisme et de la discrimination doit absolument passer par l’éducation, a ainsi affirmé Ghislain Picard, chef de l’APNQL, lors d’une conférence de presse, mardi.

Cette nouvelle compétence consistera en un ensemble de changements à apporter au programme de formation des enseignants québécois, notamment en incluant des notions de sensibilité culturelle et d’histoire des Premières Nations dans le cursus. Notions qui pourront ensuite être retransmises aux élèves.

C’est une action vraiment prometteuse pour le vivre-ensemble pour le Québec et les membres de nos communautés, a poursuivi M. Picard.

Ce dernier soutient qu’un sondage Léger commandé par l’APNQL confirme que les Québécois veulent en apprendre davantage sur les Premières Nations, et en savoir plus sur les enjeux des Autochtones pour s’en faire leur propre idée.

Parmi les recommandations associées à cette nouvelle compétence, on retrouve la création d’un milieu d’apprentissage où l’élève se sent respecté et accueilli, qui tient compte de la vision holistique d’une éducation qui s’étend tout au long de la vie et la valorisation de la culture, la langue, le territoire et les savoirs autochtones en milieu scolaire ainsi que dans les relations avec la famille et la communauté.

L’ensemble s’inscrit, écrit le CEPN dans un communiqué, dans le contexte des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, où l’on trouve la mise sur pied d’un programme adapté à l’âge des élèves portant sur les pensionnats, les traités de même que les contributions passées et contemporaines des peuples autochtones à l’histoire du Canada, et la formation des enseignants sur la façon d’intégrer les méthodes d’enseignement et les connaissances autochtones dans les salles de classe.

Une éducation essentielle

Pour le chef John Martin, des Micmacs de Gesgapegiag, sur la péninsule gaspésienne, nous ne pouvons pas exprimer toute l’importance de l’éducation pour nos jeunes.

Selon lui, tous les humains ont des biais, et il est important que ceux qui enseignent à nos enfants reçoivent eux-mêmes une bonne éducation, éducation qui comprend une formation en matière de sensibilité culturelle, ainsi qu’une connaissance de la situation des Premières Nations.

La mort de Joyce Echaquan, à l’hôpital de Joliette, a levé le voile sur la réalité de bien des gens dans la province, même si ce n’est pas la réalité de tous les Québécois. Nous avons dû confronter cette réalité, souligne le chef Martin.

Aux yeux de Marjolaine Tshernish, de l’Institut Tshakapesh, la compétence 15 permettra d’outiller les enseignants qui n’ont pas d’élèves des Premières Nations, mais qui devront éventuellement aborder les questions autochtones, en plus d’être utile pour les enseignants qui veulent travailler dans les communautés autochtones et inuit.

La balle est pour l’instant dans le camp du ministère de l’Éducation du Québec et de Jean-François Roberge, le ministre.

Le ministère a cette proposition en main depuis quelques mois, précise Denis Gros-Louis, du CEPN, qui note un retard du Québec, par rapport aux autres provinces, pour intégrer des notions liées aux Autochtones dans le programme scolaire.

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