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Ottawa a dépensé 3,2 M$ pour combattre les survivants du pensionnat Sainte-Anne en cour

Photo historique dans une classe du pensionnat Sainte-Anne où l'on peut voir de jeunes Autochtones en train de lire et une religieuse au fond de la pièce.

Des centaines de jeunes Autochtones ont fréquenté le pensionnat Sainte-Anne entre 1904 et 1976.

Photo : Algoma University

Radio-Canada

Le gouvernement canadien a dépensé 3,2 millions de dollars depuis 2013 pour combattre devant les tribunaux un groupe de survivants du pensionnat Sainte-Anne, qui se trouvait à Fort Albany, dans le Nord de l'Ontario.

Cela montre simplement la cruauté du gouvernement fédéral et la volonté de [la ministre des Relations Couronne-Autochtones] Carolyn Bennett d'aller au front contre des personnes qui ont subi certains des pires crimes jamais commis contre des enfants, affirme le député néo-démocrate de Timmins–Baie James, Charlie Angus.

Ça rend vraiment très clair le mensonge de la réconciliation dans ce pays.

Charlie Angus, député NPD de Timmins–Baie James

Le ministère de la Justice a publié le montant de total de ces frais juridiques à la suite d'une requête de M. Angus.

Celui-ci avait déjà soumis en 2018 une requête similaire qui avait permis de révéler que le gouvernement fédéral avait alors dépensé 2,3 millions de dollars en cinq ans dans ces batailles judiciaires. Du 10 mai 2018 au 1er octobre 2020, 917 000 dollars supplémentaires ont été dépensés dans le même objectif.

Charlie Angus parle dans une pièce peu éclairée.

Le député néo-démocrate Charlie Angus.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le pensionnat de Sainte-Anne a été dirigé par les ordres catholiques des Oblats de Marie-Immaculée et des Sœurs grises de la Croix de 1904 à 1976.

Dans les années 1990, la Police provinciale de l'Ontario a enquêté sur des allégations d'abus commis dans l'établissement, ce qui a entraîné des accusations et des condamnations d'anciens membres du personnel.

Cependant, les documents de l'enquête n'ont pas été mis à la disposition des anciens élèves qui souhaitaient obtenir des indemnisations en vertu du Processus d'évaluation indépendant de la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones.

La Cour suprême de l'Ontario a statué en 2014 que le gouvernement fédéral avait l'obligation de leur remettre ces documents. Plus de 12 000 documents ont finalement été remis, mais ils étaient fortement caviardés.

Depuis, des survivants de Sainte-Anne ont déposé des requêtes, contre lesquelles se bat le gouvernement fédéral, visant à rouvrir des causes d'indemnisation qui avaient été réglées avant la publication des documents.

Je suis tellement en colère et tellement dégoûtée que le gouvernement canadien ait gaspillé tout cet argent pour nous combattre devant les tribunaux, déplore Evelyn Korkmaz, qui a fréquenté le pensionnat de 1969 à 1972.

Ce n'est pas ça, la réconciliation. Les actions du Canada doivent correspondre à ses paroles.

Evelyn Korkmaz, survivante du pensionnat Sainte-Anne
Une photo d'Evelyn Korkmaz enfant (à gauche) et une autre photo d'elle adulte (à droite).

Evelyn Korkmaz a fréquenté le pensionnat Sainte-Anne de 1969 à 1972.

Photo :  courtoisie / Evelyn Korkmaz/ Stephanie Jenzer

Les documents complets n'ont toujours pas été publiés.

Je voudrais savoir comment le gouvernement canadien peut justifier de dépenser 3,2 millions de dollars pour cacher ces documents. Qu'y a-t-il dans ces documents qu'il essaie de cacher? se questionne Mme Korkmaz.

Dans un courriel à CBC News, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada affirment que ces frais juridiques peuvent être expliqués par les dispositions de la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones.

Tous les frais juridiques liés au pensionnat autochtone de Sainte-Anne qui ont été encourus par le Canada sont le résultat du fait que les parties – tant les survivants de Sainte-Anne que le Canada – ont demandé des directives aux tribunaux sur des questions juridiques précises et non comme un moyen d'empêcher les survivants de recevoir une indemnisation, est-il écrit.

Nous continuons de travailler avec les survivants, leurs représentants et d'autres partenaires autochtones pour trouver une solution durable, peut-on aussi lire dans le courriel.

Avec les informations de Rhiannon Johnson, de CBC News

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