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Épisode 64 : Le Salon du livre des Premières Nations de votre salon

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Espaces autochtone : La littérature autochtone

Espaces autochtone : La littérature autochtone

Photo : Courtoisie / Kwahiatonhk: Salon du livre des Premières Nations/Radio-Canada

Comme le Salon du livre des Premières Nations est le seul événement du genre au pays, rien ne pouvait freiner la tenue de sa 9e édition, pas même la pandémie. Mais le virus a tout de même obligé toutes les activités au programme, du 25 au 29 novembre, à avoir lieu sur le web.

L’obligation force l’innovation et peut avoir certains avantages, comme l’a constaté Louis-Karl Picard-Sioui, le directeur de l’organisme à but non lucratif Kwahiatonhk!, responsable de l’événement.

Il y a des insécurités, avoue Louis-Karl Picard-Sioui, mais l’événement qui rythme l’année littéraire des Premières Nations devait avoir lieu coûte que coûte.

Il le fallait pour les auteurs et les artistes qui ont subi des pertes financières au cours des derniers mois.

On va de l’avant pour le milieu, pour les auteurs, souligne le directeur qui a réfléchi, avec son équipe, à la meilleure manière de profiter du format numérique pour offrir un produit différent et bonifié.

Un homme en gros plan.

Louis-Karl Picard-Sioui, le directeur de l’organisme à but non lucratif Kwahiatonhk!

Photo : Fournie par Louis-Karl Picard-Sioui

Une rencontre à échelle humaine entre des artistes et l’univers

Le Salon se tiendra sur cinq jours (Nouvelle fenêtre) plutôt que trois et accueillera près d’une cinquantaine d’auteurs, plus du double qu'en temps normal. Il proposera des activités déjà connues et des premières que la formule virtuelle sert particulièrement bien.

Ainsi, des textes inédits, commandés pour l’occasion, seront mis en ligne chaque jour à midi sous le thème très 2020Survivre au temps.

Virginia Pésémapéo Bordeleau, Eve Ringuette, Yves Sioui Durand, Dave Jenniss et Diane Obomsawin, avec une BD inédite dans son cas, se sont prêtés au jeu.

Il y avait au fond de mes pensées le désir de marcher jusqu’au lac qui se trouvait sur la montagne, je ne perdais rien à y mettre les pieds, surtout que j’avais toujours eu un fort pressentiment que cet endroit avait fait œuvre de lieu cérémonial pour les ancêtres wolastoqiyik. C’était l’une des raisons pour lesquelles je revenais souvent ici. Il y avait ces histoires qui me hantaient, les récits du passé racontés avec une telle mémoire par les aînés. Quelques objets de survie étaient placés au fond de mon sac, ainsi que mon panier d’écorce. Je n’oubliais pas d’y mettre le pull que tu aimais tant, qui portait encore l’odeur de ton amour, de ton parfum. Je n’oubliai pas de tout fermer derrière moi, je ne pouvais prévoir ce qui se passerait. Est-ce que j’allais revenir vivant de ce voyage? Comme l’hiver approchait, je savais que le muwin n’était pas loin de moi.

— Extrait tiré du texte inédit Wisokitahamqot de Dave Jenniss

Ça parle aux images propose une compilation de vidéo littérature. Au lieu que ce soit de la musique, ce sont des lectures sur des images, précise Louis-Karl Picard-Sioui, en soulignant la diversité des propositions retenues.

Il cite entre autres deux nouveaux auteurs de poésie publiés aux Éditions Perce-Neige, Félix Perkins et Shayne Michael. Le premier a réalisé une vidéo très professionnelle, super touchante, le second a aussi une formation de danseur, alors c’est des images de lui qui danse par-dessus ses lectures.

Ça parle aux images, c’est mon coup de cœur, mentionne le directeur de Kwahiatonhk! qui admet que ça pourrait changer au fil du temps. Il en profite pour parler de Tracer un chemin, des capsules audio commandées par l’institut innu Tshakapesh et réalisées par les Éditions Hannenorak à partir du recueil de textes éponyme.

Au départ, il s’agit d’une anthologie adressée à des professeurs pour enseigner la littérature autochtone au secondaire, au cégep et à l'université.

L’idée a évolué, s’est bonifiée. Sur des musiques de Marc Vallée, des auteurs ont lu leur texte, ce qui a servi d’exercices de compréhension orale en classe.

Chacun des textes est devenu une aventure, une chanson, dit Louis-Karl Picard-Sioui qui souhaite maintenant en faire profiter le grand public.

Autre nouveauté du Salon, les tables rondes quotidiennes sont remplacées par des balados littéraires, dont un en anglais. Cinq balados, cinq thèmes : le corps, l'imaginaire, la transmission, la bispiritualité et le féminisme.

Des balados académiques sont aussi au programme. Par exemple, le 26 novembre, la professeure et chercheuse Mélissa Major parlera de « Littératures autochtones et traduction ».

Deux cases d'une bande dessinée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux cases de la BD inédite « La cigale » de Diane Obomsawin

Photo : Images fournie par Kwahiatonhk!

Plusieurs autres activités, des classiques, ont été préenregistrées, que ce soit les déjeuners-poésie, les lectures ou les spectacles, dont une version courte de Mononk Jules, de Jocelyn Sioui, le 27 novembre, qui raconte la vie du militant wendat Jules Sioui d'un point de vue très personnel.

Et WendaKébec, un spectacle littéraire et musical qui a tourné depuis plusieurs années, mais en même temps il y a beaucoup de gens qui ne l’ont pas vu et surtout beaucoup de gens qui aimeraient le revoir. Une version 2.0 est proposée le 28 novembre.

Cette année, on va directement dans la maison des auteurs, souligne Louis-Karl Picard-Sioui, dont celle de l'auteur cri Darrel J. McLeod.

En février, ce dernier faisait paraître Mamaskatch. Une initiation crie, la version en français de son livre autobiographique Mamaskatch: A Cree Coming of Age, qui lui a valu un Prix littéraire du Gouverneur général.

L’auteur a accepté d’en lire des extraits, confortablement installé dans son salon. Et il nous les lit en français pour l’événement, se réjouit le directeur de Kwahiatonhk!.

Chaque journée se terminera avec un Pestak ben tard animé par Louis-Karl Picard-Sioui et Andrée Levesque Sioui, afin de récapituler les événements de la journée, de recevoir des invités et de discuter avec le public.

Si le salon est virtuel, il ne sera pas éphémère. On veut que le contenu reste, parce qu'il y a pas tant de contenu littéraire autochtone que ça sur le web, tient à préciser M. Picard-Sioui.

La plupart des activités resteront disponibles en ligne bien après les cinq jours de l’événement.

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