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Les hommages affluent à la suite du décès de Max Gros-Louis

L'ancien grand chef Max Gros-Louis en 2007.

L'ancien grand chef Max Gros-Louis en 2007. Il est décédé samedi, à l'âge de 89 ans.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Gabrielle Paul

Grand chef de la Nation Huronne-Wendat pendant 33 ans, Max Gros-Louis est décédé à l’âge de 89 ans. Les hommages n’ont pas tardé à affluer sur les réseaux sociaux à l'annonce de son décès samedi.

Sur Twitter, le grand chef actuel de Wendake, Rémy Vincent, a affirmé que sa nation a perdu un grand guerrier.

Dans les derniers jours, j’ai discuté avec lui. C’était un homme affaibli, mais qui était encore au fait de ce qui se passait dans notre communauté. Il a été un grand Huron-Wendat jusqu’à la fin, a confié le grand chef Vincent en entrevue à RDI.

Des funérailles traditionnelles seront organisées dans les prochains jours, a aussi assuré Rémy Vincent.

L'ancien grand chef de Wendake Konrad Sioui souligne pour sa part un deuil partagé par toute la nation après qu'un grand arbre est tombé.

Comme dans la tradition, quand un grand arbre tombe, il faut s’unir pour le relever, et on va relever le grand arbre qui s’appelle le grand chef Max Gros-Louis, ajoute-t-il.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a pour sa part d'abord réagi par voie de communiqué.

Le monde politique des Premières Nations est en deuil avec le décès de M. Max Oné Onti Gros-Louis, qui a été une des figures marquantes sur les scènes régionale, nationale et internationale, peut-on lire dans ce communiqué.

Bien que son départ laisse un grand vide, son imposant héritage politique, culturel et communautaire demeurera inscrit à jamais dans l’histoire, a aussi écrit le chef Picard qui a, à plusieurs occasions, collaboré étroitement avec Max Gros-Louis.

Il est une référence incontournable pour moi et pour d'autres [qui s'impliquent en politique]. On regarde où on s'en va, mais pour ça, il faut regarder d'où on vient, et il en est une figure importante, a dit Ghislain Picard en entrevue téléphonique.

Max Gros-Louis et le gouverneur général David Johnston.

Max Gros-Louis est devenu officier de l'Ordre du Canada en 2016.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

En entrevue à RDI, la première spécialiste aux affaires autochtones à Radio-Canada, la Wendat Isabelle Picard, souligne elle aussi la grandeur de ce personnage.

C’était un chêne, quelqu’un qu’on regardait avec beaucoup de respect et qui va nous manquer, dit-elle.

Malgré sa prestance, ceux qui l'ont connu s'entendent pour dire que c'était un homme accessible et près des gens.

Malgré qu'il ait été très respecté, qu'il ait été un diplomate exemplaire, il reconnaissait les jeunes, il reconnaissait les femmes, il était accessible et il parlait à tout le monde, affirme Isabelle Picard.

C’était un géant. C’était une légende vivante. [...] C’est un homme qui était au cœur de l’action politique au Québec, a affirmé à RDI l'anthropologue et animateur Serge Bouchard, qui le connaissait personnellement.

Le chef de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, Mike McKenzie, a offert ses condoléances à la Nation Huronne-Wendat sur Twitter. [Max Gros-Louis] fut un grand ambassadeur des Premières Nations, a-t-il ajouté.

La classe politique québécoise réagit

Le premier ministre du Québec, François Legault, a rendu hommage à l'ancien grand chef sur Twitter.

Le Québec perd un leader, un défenseur passionné des droits et de la culture des nations autochtones, a-t-il entre autres écrit.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a lui aussi souligné sur le réseau social le départ de Max Gros-Louis, un homme plus grand que nature, selon lui.

Toujours sur Twitter, la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a offert ses condoléances à la famille de Max Gros-Louis ainsi qu'à toute la Nation Huronne-Wendat.

Monsieur Gros-Louis a marqué notre paysage politique grâce à son engagement pendant 33 ans comme grand chef de sa nation et à sa volonté d'être cette voix forte pour sa communauté, a écrit Mme Anglade.

René-Lévesque et Max Gros-Louis.

Max Gros-Louis (à droite) en compagnie de René-Lévesque, lors d'une conférence des premiers ministres à Ottawa, en 1983

Photo : La Presse canadienne / Ron Poling

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a aussi réagi sur Twitter.

La meilleure façon d’honorer sa mémoire, c’est de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, a-t-elle écrit.

La Nation Huronne-Wendat perd un grand homme. L'engagement sincère et inestimable de Max Gros Louis envers son peuple fut plus grand que nature, a écrit le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, sur son compte Twitter.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a rendu hommage à l'ancien grand chef dans un communiqué paru samedi après-midi.

L'ancien grand chef Max Gros-Louis a réellement fait évoluer les choses pour les siens. Je garde d’excellents souvenirs de ma relation avec ce grand médiateur, qui va me manquer, ainsi qu’à beaucoup d’autres, a-t-il écrit.

Sur son compte Twitter, Hydro-Québec a également souligné le départ de M. Gros-Louis.

Nous offrons toutes nos sympathies à la famille de Max Gros-Louis, ainsi qu’à toute la Nation Huronne-Wendat. Le Québec perd un grand leader, peut-on lire dans cette publication.

Max Gros-Louis s’était engagé dans les poursuites judiciaires que la Nation crie a intentées contre le gouvernement du Québec jusqu’en Cour supérieure pour dénoncer l’occupation du territoire cri par Hydro-Québec.

Réactions sur la scène politique fédérale

La premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rendu hommage à Max Gros-Louis sur Twitter, affirmant qu'il avait une vision audacieuse d’un avenir meilleur pour sa communauté ainsi que pour les peuples autochtones de partout.

Mes pensées accompagnent tous ceux qui pleurent son décès, ajoute-t-il.

Max Gros-Louis avec son chapeau et sa veste traditionnelle.

Max Gros-Louis (archives).

Photo : Radio-Canada

En entrevue téléphonique, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, affirme que l'ancien grand chef laisse un legs important pour le pays grâce à ce qu'il a fait pour le développement économique de sa nation, à son implication dans l'éducation et à sa façon de procéder.

C'était un homme de respect et de principes qui prônait le dialogue et le vivre-ensemble, dit le ministre Miller. Les enjeux territoriaux et identitaires peuvent être difficiles à porter pour une personne, mais il l'a fait pendant trois décennies.

Je l'ai connu de loin par admiration pour ses accomplissements, ajoute-t-il. Il a marqué l'histoire de son peuple et du Canada. On est tous un peu en deuil, en quelques sorte.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a écrit sur Twitter que Max Gros-Louis était un grand chef emblématique, respecté de tous, et dont les pas resteront imprimés dans le sol riche de traditions des terres de son peuple.

De son côté, le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, souligne que son engagement pour les Premières Nations aura été inestimable. Un monument. Un géant.

Max Gros-Louis a d'abord été élu grand chef de Wendake en 1964. Il a occupé ce poste par intermittence jusqu'à son dernier mandat, en 2008.

En plus d'avoir été grand chef de sa communauté, il a été l’un des fondateurs de l’Association des Indiens du Québec, l’ancêtre de l’APNQL.

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