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La force de Joyce Echaquan, l’œuvre d’Eruoma Awashish

Une artiste devant son oeuvre.

Eruoma Awashish devant sa murale Mackwisiwin (La force), au Musée d'art de Joliette

Photo : Vue de la murale Mackwisiwin [La force], d'Eruoma Awashish, Musée d'art de Joliette, 2020.

Une murale représentant Joyce Echaquan et sa famille peut être admirée au Musée d’art de Joliette depuis vendredi et y restera une année. Bien visible de la rue, l’œuvre signée Eruoma Awashish s’intitule La forceMackwisiwin en langue atikamekw.

Impossible d’atteindre le centre-ville de Joliette sans passer devant le musée. Et difficile de ne pas y voir la grande oeuvre que vient de terminer l’artiste multidisciplinaire issue de la communauté atikamekw d'Obedjiwan.

La murale d’Eruoma Awashish, créée à la mémoire de Joyce Echaquan, décédée tragiquement le 28 septembre, est une commande du Musée d’art de Joliette (MAJ), en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL).

Le directeur général et conservateur en chef du MAJ, Jean-François Bélisle, connaissait déjà le travail de l’artiste recommandée par le CAAL. Il lui a donné carte blanche. Et ça, c’est quelque chose qui, pour le musée et pour moi, était super important. On n'est pas des Autochtones. Oui, on a un grand porte-voix, mais pour nous, prendre la décision de ce qui va être dans la murale ou pas, ça ne marche pas.

Le Musée d'art de Joliette.

La murale d'Eruoma Awashish représentant Joyce Echaquan et sa famille est visible de la rue, lorsqu'on circule devant le Musée d'art de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

La force d’aller de l’avant

Je me suis dit "les gens ont besoin de quelque chose de lumineux", parce que, malgré cette tragédie, Joyce nous a apporté quelque chose, explique Eruoma Awashish en parlant du courage de Joyce Echaquan, qu’elle perçoit comme une héroïne.

Elle a semé quelque chose en dedans de nous pour que plus jamais on ne laisse ces choses-là arriver et c’est un peu ça que je voulais symboliser dans ma murale, dit l’artiste en ajoutant que par son œuvre elle voulait parler de courage et de force.

Eruoma a dessiné deux ours et neuf oursons, représentant Joyce, son conjoint, ses sept enfants et ses deux petits-enfants, des Atikamekw de la communauté de Manawan. Avec un cœur aussi. Le cœur, pour moi, c’est un symbole super important dans mon travail, et même les ours.

Elle a nommé son œuvre Mackwisiwin. Ça veut dire la force, parce que c’est ce que je veux que cette œuvre nous apporte. Une force qui permet d’aller de l’avant et de ne pas se laisser faire, précise Eruoma, en plus de défendre les droits et les valeurs des Premières Nations, dit-elle encore.

Pour moi, le cœur, c’est l’unité aussi. On a tous un cœur même si on est tous différents, de différentes cultures, de différentes nationalités.

Eruoma Awashish
Une artiste peint une murale.

Eruoma Awashish en plein travail sur la murale Mackwisiwin (La force), qui représente Joyce Echaquan et sa famille.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

L’ours, symbole de guérison

L’intérieur des ours est décoré de fleurs parce que pour moi, c’est ça, Joyce. Elle est en train de semer quelque chose de beau, quelque chose de meilleur.

Les feuilles de sorbier dessinées sur les pattes de l’ours représentent la plante de cet animal. C’est de la médecine. L’ours est un symbole de médecine; il nous apporte la médecine pour la guérison.

Être ours, c’est être fort, explique Eruoma, qui a voulu représenter tout le clan Echaquan- Dubé parce que c’est dans l’unité qu’on est fort et qu’on peut se guérir.

Sur un fond vert lime, une couleur lumineuse pour attirer le regard, les ours sont peints en noir et en violet, la couleur préférée de Joyce et celle qui la représente maintenant.

Il ne faut pas oublier Joyce, insiste Eruoma, elle a montré la face du racisme systémique ici chez nous, il ne faut pas l’oublier. L'artiste souhaite que les gens se souviennent de Joyce comme d'une femme courageuse.

Une artiste peint une murale.

L'artiste atikamekw Eruoma Awashish peint une murale en hommage à Joyce Echaquan au Musée d'art de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Et des gens, il en passe au Musée d’Art de Joliette. Un musée en région va chercher bon an mal an autour de 10 000 visiteurs par année, dit Jean-François Bélisle. Il en est passé 28 000 dans son musée, principalement la population locale, précise-t-il avec fierté.

Ce qui est le fun, c’est qu’ils nous suivent dans nos approches multiculturelles, mentionne le directeur général, et dans les thèmes abordés, que ce soit le colonialisme, l’identité culturelle ou, comme dans les expositions présentées actuellement, l’appropriation culturelle.

Comme toutes les institutions muséales, le MAJ est en quarantaine. Entre-temps, il organise des conférences en ligne gratuites, auxquelles il faut s'inscrire (Nouvelle fenêtre).

Le 26 novembre, Eruoma Awashish y discutera de sa murale sur laquelle Jessica, huit ans, la fille de Joyce Echaquan, a laissé sa marque.

De passage au musée cette semaine avec son père, Carol Dubé, la petite fille a écrit les prénoms de ses parents sur l’ours les représentant. Un geste significatif pour sa propre guérison.

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