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Réconciliation avec les Autochtones à Montréal : enthousiasme et questionnement

Montréal devient une véritable métropole de la réconciliation, selon le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

Une partie de la sculpture. Au loin, on voit les gratte-ciels du centre-ville de Montréal.

L'œuvre Dans l’attente…| While waiting de l'artiste algonquine Nadia Myre orne l'entrée de la ville de Montréal par l'autoroute Bonaventure.

Photo : Ville de Montréal / David Giral

Les 125 engagements dévoilés mercredi par la Ville de Montréal, pour guider ses divers services vers des actions concrètes répondant aux demandes des Autochtones, sont salués plutôt positivement par les principaux concernés, mais des questions demeurent.

Cette stratégie de réconciliationtrace la voie aux autres villes et municipalités du Québec, a déclaré le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, en rappelant que lors du dépôt de son Plan d’action sur le racisme et la discrimination envers les Premières Nations, en septembre, il invitait les organisations de la société civile québécoise à devenir des alliées des Premières Nations.

Selon lui, la Ville de Montréal répond de belle manière à cet appel alors que la stratégie de la métropole s’arrime parfaitement à son propre plan d’action.

Une stratégie ambitieuse

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, salue la stratégie de réconciliation de la Ville de Montréal, mais elle s’inquiète de son manque de clarté. Ça ne m’explique pas ce qui va être fait, c’est vague, il n’y a pas d’échéancier ni de plan d’action.

Nakuset se demande donc comment les divers engagements contenus dans le quatrième axe stratégique s’articulant autour de la sécurisation autochtone seront concrètement appliqués.

Si la Ville continue, selon ce qu’elle en comprend, de soutenir le refuge pour sans-abri Résilience Montréal, ce qui est excellent, et continue de financer le projet Iskweu permettant de mettre fin au fléau des femmes autochtones disparues ou assassinées, Nakuset aimerait voir toutes ces bonnes intentions sur papier.

Nakuset se réjouit que la Ville ait publiquement annoncé son intention de s’engager, pourtant plusieurs points d’interrogation demeurent. J’aurais apprécié un échéancier sur la manière dont ils vont élaborer ces engagements, parce qu’à la fin de la journée nous, nous devons agir, explique-t-elle.

Plan rapproché de Nakuset.

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, le 30 avril 2018.

Photo : Radio-Canada / Bernard Barbeau

La section concernant le SPVM, dans laquelle on apprend que la Ville de Montréal réitère son engagement à mettre en place des dispositifs pour favoriser un meilleur service préventif et des interventions adaptées ainsi que pour améliorer le dialogue entre le corps policier et la communauté autochtone la laisse dubitative.

Y trouve-t-on un passage sur le profilage racial vécu par les femmes autochtones? Est-ce que quelqu'un s'est déjà penché sur cet enjeu? se demande Nakuset. Les relations entre le SPVM et les communautés autochtones ne sont pas guéries, il reste beaucoup de travail à faire.

Plusieurs engagements demeurent nébuleux pour la directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Elle en cite un contenu dans la stratégie de réconciliation.

"Le SPVM a déposé sa toute nouvelle politique sur les interpellations policières. À compter de l’automne de la même année, celle-ci viendra baliser la pratique policière en matière d’interpellation ainsi que consolider le continuum de l’intervention policière", qu’est-ce que ça veut dire? Et l’automne est arrivé, et qu’est-ce qui a été fait?

Soulignant le travail de la commissaire aux relations avec les peuples autochtones Marie-Ève Bordeleau, Nakuset souhaite croire en cette stratégie de réconciliation qu’elle trouve ambitieuse, mais elle se demande comment tout cela va se concrétiser.

Une intention de rapprochement

Une trentaine de groupes et organisations autochtones ont participé à cette stratégie, dont Montréal Autochtone.

Selon le directeur général de cet organisme, Philippe Meilleur, si cette stratégie est un point de départ, une intention de rapprochement, il faut maintenant se méfier de la désorganisation institutionnelle en précisant que le nerf de la guerre c’est que les relations soient réellement améliorées entre les individus qui portent les initiatives.

Le directeur général de Montréal autochtone Philippe Meilleur

Le directeur général de Montréal autochtone Philippe Meilleur

Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

Plusieurs des engagements contenus dans la stratégie montréalaise sont portés à bout de bras par les organismes autochtones sur le terrain depuis des années. Toutes les initiatives qui sont déjà proposées par les organismes, quels qu’ils soient, doivent voir le jour, on doit commencer par là, précise Philippe Meilleur.

Familles, logement, langues autochtones, les priorités ne manquent pas. J’ai une grande préoccupation, c’est de se concentrer sur les citoyens autochtones de Montréal, espère Philippe Meilleur.

Et puis le maître d’œuvre du Festival international Présence autochtone, Terres en vues, a tenu à saluer la politique de réconciliation de la métropole québécoise et se félicite que les arts, la culture, la toponymie et le patrimoine soient pleinement reconnus comme des vecteurs essentiels de développement dans les champs du dialogue interculturel et de la reconnaissance des premiers peuples.

Invité à commenter la stratégie de réconciliation de la Ville de Montréal, le SPVM n'a pas répondu à notre demande. Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a lui aussi décliné notre demande d'entrevue.

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