•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal et la réconciliation : une ville plus sécuritaire pour les Autochtones

Une femme avec un tambour, des enfants et adultes en dessous et des dessins de fleurs au dessus.

Page couverture de la stratégie de réconciliation de la Ville de Montréal

Photo : Ville de Montréal

À travers 125 engagements, qui touchent autant l’itinérance que le développement culturel et économique des communautés autochtones, la présence de l’histoire autochtone ou encore la police, Montréal offre sa vision pour une réconciliation qui se base sur une relation de gouvernement à gouvernement pour tous les services de la Ville.

La stratégie est orientée autour de sept axes et répond à plusieurs appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, de la commission Viens mais aussi du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui indiquait en juin que beaucoup de travail était encore à faire pour assainir les relations entre les policiers et les personnes autochtones.

Plus de 30 groupes et organisations autochtones ont participé à cette stratégie en offrant leur vision de la réconciliation et en proposant des pistes d’action.

Difficile donc, affirme la commissaire aux relations avec les peuples autochtones Marie-Ève Lachapelle-Bordeleau, de choisir des œuvres prioritaires, c’est un tout qui va ensemble. Et une première au Québec.

C’est autant un document d’affirmation, de prise de conscience de la Ville de Montréal concernant le racisme envers les Autochtones ou la valorisation de leur présence qu’un document d’éducation pour l’ensemble de la population.

Marie-Ève Lachapelle-Bordeleau
La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau.

La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau.

Photo : Courtoisie - Ville de Montréal

Sentiment de sécurité

La stratégie offre d’améliorer le sentiment de sécurité des Autochtones à Montréal en proposant plusieurs changements au niveau de la police, de l’itinérance ou encore de la Cour municipale. 

Montréal veut accentuer la formation des policiers sur les réalités autochtones et faire plus d’efforts pour recruter du personnel autochtone dans la police. La Ville souhaite aussi la création de patrouilles mixtes d’intervention et poursuivre plusieurs initiatives en cours, notamment le processus pour réviser et amender les règlements municipaux susceptibles de créer du profilage.

Un projet pilote de mise sur pied d’une équipe de première ligne culturellement adaptée et pouvant répondre à certains appels quand une présence policière n’est pas nécessaire devrait voir le jour. 

Quant au projet pilote du DPCP, qui permet aux personnes autochtones faisant face à des accusations criminelles ou pénales de participer à des mesures alternatives à l’emprisonnement, il devrait se transformer en projet formel.

Graphique montrant l'évolution de la population autochtone dans la région de Montréal de 2001 à 2016

Graphique montrant l'évolution de la population autochtone dans la région de Montréal

Photo : Tiré de la Stratégie de réconciliation de la Ville de Montréal

Reconnaissant la surreprésentation de la communauté autochtone, surtout inuit, au sein de la population itinérante, la ville va accompagner et financer des projets avec les organisations du milieu déjà en place, comme celui de navigateurs autochtones

La clé de cette mise en œuvre de la stratégie, c’est la collaboration, assure la commissaire Bordeleau, expliquant que la Ville va accompagner et financer plusieurs projets partant de la base. 

D’ailleurs, la Ville va soutenir des projets de logements sociaux autochtones culturellement adaptés. Plusieurs sont déjà en préparation, dont un avec le Foyer pour femmes autochtones de Montréal (Native Women’s shelter of Montreal). 

L'idée est d'appuyer la communauté autochtone urbaine. Des programmes culturellement sécurisants et des initiatives en santé communautaire provenant de la communauté seront mis de l'avant. 

De manière générale, la Ville compte adopter des mesures de sécurisation culturelle, mesures qui se retrouvent dans plusieurs engagements. Elle relève l’importance de recruter - et donc d’y mettre les efforts - du personnel autochtone. Objectif : que la représentativité se reflète à l’ensemble de la Ville.

Et cela passera aussi par une augmentation de la participation des personnes autochtones au sein des conseils consultatifs de la Ville et des conseils d’administration des instances et organismes où la Ville de Montréal détient un pouvoir de nomination.

Une stratégie déjà en route

Outre les engagements, plusieurs projets ont déjà vu le jour. On a commencé déjà à mettre en œuvre la stratégie depuis 2017-2018, précise Marie-Ève Bordeleau. 

Par exemple, en ce qui concerne la visibilité de la présence autochtone dans Montréal, la ville a déjà changé larue Amherst en rue Atateken. Elle a aussi plusieurs projets archéologiques en cours. Mais on veut en faire plus pour la mise en valeur de la présence historique et contemporaine, assure la commissaire. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a dévoilé le nouveau nom de la rue Amherst le 21 juin 2019, Journée nationale des peuples autochtones.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a dévoilé le nouveau nom de la rue Amherst le 21 juin 2019, Journée nationale des peuples autochtones.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Autre exemple de ce que la Ville souhaite continuer d’encourager avec sa stratégie : des projets comme Résilience Montréal, un centre de jour et un autre de nuit pour accueillir les personnes en situation d’itinérance. 

Les artistes et le milieu culturel ne sont pas en reste avec plusieurs propositions. Tout comme le grand public, avec notamment la promotion de contenus autochtones au sein des bibliothèques afin de décoloniser ces services. 

La Ville se donne cinq ans pour réaliser ses 125 engagements. 

J’espère que d’ici cinq ans, on va voir que finalement, pour les artistes autochtones, les personnes en situation d’itinérance, les familles autochtones, les conditions de vie vont avoir changé, que vraiment on va sentir et voir la présence historique et contemporaine des Autochtones à Montréal, indique Marie-Ève Lachapelle-Bordeleau. 

Elle souhaite donc un réel changement et assure que Montréal retournera avant ce délai en consultation pour voir s’il faut ajuster et changer certains engagements. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !