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Un programme universitaire pour former des médecins autochtones

Un médecin vêtu de son sarrau, avec un stéthoscope lui tombant sur les épaules.

Une cinquantaine d'étudiants autochtones ont suivi le programme de formation en médecine depuis sa création.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au Québec, la pénurie de médecins frappe depuis longtemps les communautés autochtones. Voilà pourquoi les quatre universités de la province offrant des formations en médecine ont uni leurs forces pour mettre sur pied un programme spécialement destiné aux étudiants autochtones intéressés par la pratique de la médecine. Programme qui porte ses fruits, 12 ans après sa création.

Dans le plus récent rapport d’activité du Programme des facultés de médecine pour les Premières Nations et les Inuits au Québec (PFMPNIQ), on souligne que depuis 2008, ce sont 53 étudiants autochtones qui ont été admis en médecine dans l’une des quatre universités participantes, soit l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'Université McGill et l'Université de Sherbrooke, qui travaillent toutes en collaboration avec la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

De ce nombre, deux ont abandonné; les autres ont majoritairement choisi des résidences en médecine familiale, mais aussi en pédiatrie, en psychiatrie, en médecine physique et réadaptation, comme anesthésistes, ou encore en médecine interne.

Toujours selon le rapport d’activités 2019-2020, des médecins de famille nouvellement diplômés travaillent maintenant dans plusieurs communautés autochtones, dont Mashteuiatsh et Wendake, mais aussi au sein du CIUSSS Centre-Sud, à Montréal, où ils ont intégré l’équipe d’intervention auprès des itinérants.

De nouveaux pédiatres, eux, sont en poste à Kanesatake et Gatineau.

Entre 2008 et 2018, un maximum de quatre places étaient réservées pour des étudiants autochtones; ce nombre est passé à six depuis. Cependant, précise le responsable universitaire provincial, Christopher Fletcher, les places non comblées peuvent être transférées aux années suivantes.

Ce nombre de places, poursuit M. Fletcher, découle de négociations avec le ministère de la Santé.

Conditions particulières

Quant aux différences entre les étudiants autochtones admis en vertu du PFMPNIQ et les autres étudiants, celles-ci tiennent notamment à une cote de rendement au collégial un peu plus basse (28, plutôt que 33 pour les autres étudiants québécois collégiens).

Les étudiants autochtones admis selon ce programme auront aussi accès à du mentorat et à du tutorat de la part de membres des Premières Nations ou des Inuits, ainsi que de la part de la faculté de médecine concernée.

M. Fletcher précise par ailleurs que les étudiants autochtones disposant de notes suffisamment élevées peuvent être transférés dans le contingent normal, tout en continuant de profiter du mentorat et du tutorat offerts, notamment. Depuis la création du programme, 11 étudiants ont ainsi profité de ce transfert, qui libère ainsi des places pour d’autres Autochtones désireux d’aller en médecine.

Pour faire connaître le programme, des rencontres d’information sont généralement organisées dans les communautés autochtones un peu partout au Québec, ainsi que dans les établissements collégiaux à forte population autochtone, même si ces événements ont été suspendus en raison de la pandémie.

Des stages précliniques ont aussi été organisés, l’an dernier, dans une quinzaine de communautés, afin de sensibiliser l’ensemble des futurs médecins des quatre facultés de médecine pour lesquels il s’agit d’une chance unique d’aborder la culture des Premières Nations et des Inuits, souligne le rapport d’activités pour 2019-2020.

Le programme a ainsi un double objectif : encourager les Autochtones à se diriger en médecine, d’abord, mais aussi convaincre les non-Autochtones à aller exercer dans les communautés.

Les efforts de recrutement et de sensibilisation des futurs médecins portent leurs fruits, lit-on encore dans le document.

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