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Max Gros-Louis est décédé

Il a notamment été l’un des fondateurs de l’Association des Indiens du Québec, l’ancêtre de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Avec les différents paliers de gouvernement, il a toujours favorisé une approche basée sur le dialogue.

Max Gros-Louis avec son chapeau et sa veste traditionnels.

Max Gros-Louis (archives)

Photo : Radio-Canada

Il a été grand chef de la nation huronne-wendat pendant 33 ans et a fait connaître les réalités des Autochtones au Canada dans de nombreux pays. Max Gros-Louis est décédé samedi. Il avait 89 ans.

Son prénom à la naissance était Magella et son nom wendat était Oné Onti, qui signifie pagayeur. Un nom qui rappelle les premières décennies de la vie de Max Gros-Louis, qui a longtemps été guide de chasse, de pêche et de trappe sur le territoire de ses ancêtres.

Dans les années 1950, il devient entrepreneur. Il commence à vendre des articles d’artisanat traditionnel wendat fabriqués par des membres de sa communauté. Max Gros-Louis parcourt ensuite les communautés autochtones du Québec pour acheter des produits d’artisanat des différentes nations afin de les vendre dans un tipi de bois à côté de sa maison dans le vieux Wendake.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Il se présente comme candidat au poste de grand chef à Wendake en 1964 et est élu. Il désire faire des réformes pour les Hurons-Wendat qui, à l’époque, ne forment qu’une toute petite communauté dans le vieux Wendake.

Au fil de ses mandats, il dénonce le manque d’autonomie financière de sa nation auprès des différents paliers de gouvernements, toujours dans une approche de dialogue, confie Gabriel Savard, un ami intime de Max Gros-Louis.

À l’époque, des agents de bande employés par le gouvernement fédéral ont la tâche de gérer les finances des communautés autochtones du Canada. Max Gros-Louis réussit à mettre sur pied un centre administratif à Wendake. Des dossiers tels que ceux de la santé et de l’éducation sont désormais gérés par les Wendat.

Il pose sur des roches devant une chute.

Max Gros-Louis pose devant la chute Kabir Kouba, vêtu de son habit traditionnel.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Denis Picard

Selon Gabriel Savard, l’une des plus grandes réalisations de Max Gros-Louis pour les Hurons-Wendat est la mise en place d’un programme d’aide financière aux études. Son but est de faciliter l’accès à l’éducation postsecondaire pour les membres de sa communauté, principalement pour les femmes wendat.

Merci pour tout ce qu’il a laissé, mais surtout, que ce combat qu’il a conduit pendant 60 ans soit poursuivi afin que le Canada considère les Autochtones comme des citoyens à part entière et reconnaisse leurs droits ancestraux et territoriaux.

Gabriel Savard, ami intime et ancien collègue de Max Gros-Louis

Max Gros-Louis a été grand chef de sa nation par intermittence. Lors de son dernier mandat, en 2004, il a décidé d’ouvrir un poste de directeur général au Conseil de la Nation Huronne-Wendat. Son but était de diviser le pouvoir politique et les tâches administratives. Une initiative, qui, pour lui, était essentielle à la saine gestion de cette organisation.

Max Gros-Louis, en collaboration avec son équipe, a également mis sur pied l’Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake. Cet endroit a contribué à l’économie régionale et au développement de l’industrie touristique autochtone au Québec.

Un homme présent pour les différentes nations autochtones

Outre son apport à la communauté de Wendake, Oné Onti avait, selon Denis Picard, ancien vice grand chef de Max Gros-Louis, le souci que toutes les nations autochtones du Québec, du Canada et du monde soient respectées.

Il a également été l’un des fondateurs de l’Association des Indiens du Québec, l’ancêtre de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Pour ce faire, il a parcouru les communautés autochtones du Québec une à une et a parlé avec tous les chefs.

Max Gros-Louis s'est aussi engagé dans les poursuites judiciaires que la Nation crie a intentées contre le gouvernement du Québec jusqu’en Cour supérieure pour dénoncer l’occupation du territoire cri par Hydro-Québec.

Il est accompagné des membres d'une troupe de danse wendat. Ils portent tous leur habit traditionnel.

Max Gros-Louis se trouve dans la rangée du haut (troisième homme à partir de la gauche).

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Denis Picard

Dans le cadre de ses fonctions de grand chef, mais aussi avec sa troupe de danse wendat, il a parcouru de nombreux pays, principalement en Europe.

Il a reçu de nombreux prix au Québec, au Canada et dans d’autres pays. En 1991, il a été reçu chevalier de l’Ordre national du Mérite de France. Il a été nommé officier de l’Ordre national du Québec en 2011. Puis, en 2015, il a été admis en tant qu’officier de l’Ordre du Canada.

Un homme sympathique

Max Gros-Louis était un grand partisan des Nordiques de Québec. Lorsqu’il assistait à un match de hockey, il occupait toujours le même siège et avait son tambour avec lui. Il en jouait lorsqu’il voulait encourager son équipe, ce qui l’avait fait connaître de plusieurs amateurs des Nordiques.

Plusieurs personnalités étaient proches de Max Gros-Louis, qui adorait faire connaître les cultures autochtones.

Jacques Chirac, ancien président de la République française, s’intéressait beaucoup à l’artisanat autochtone de qualité. C’est de cette façon qu’il a rencontré Max Gros-Louis et qu’ils sont devenus des amis proches.

Pour moi, il était le plus gentil des grands ours.

Emily Bécaud, chanteuse française

Emily Bécaud, chanteuse et fille du chanteur français Gilbert Bécaud, connaissait Max Gros-Louis depuis sa naissance. Elle n'a pas connu le chef, mais plutôt l'homme.

Ça me rend triste, parce que j'aime beaucoup cet homme. Et puis, je perd quelque part un morceau de ma famille, de ma jeunesse, de papa aussi quelque part. Je l'aime vraiment profondément., confie-t-elle de façon très émotive.

J'aimerais qu'on se rappelle de lui, de l'amour qu'il donnait aux gens, de l'amour qu'il avait pour son peuple. Il m'a donné énormément et c'est un homme que je porterai toujours dans mon cœur. J'espère qu'il est très cher aux yeux de tout le monde parce qu'il a extrêmement bien défendu le Canada et son peuple quand il venait en France, il était magnifique, ajoute celle qui a nommé son fils ainé Max en l'honneur de Max Gros-Louis.

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