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Comment rétablir la confiance entre les Autochtones et les services de santé?

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Espaces autochtones : Le racisme dans nos institutions

Espaces autochtones : Le racisme dans nos institutions

Photo : Radio-Canada

Le décès tragique de l’Atikamekw de Manawan Joyce Echaquan a ébranlé le système de santé au Québec et a imposé des changements urgents. Un travail de fond doit dès à présent être fait pour permettre aux principaux concernés de se sentir en sécurité lorsque vient le temps de se faire soigner.

Les systèmes de santé ont failli à leur mission envers les Autochtones, admettait le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, peu de temps après le décès de la jeune femme.

Ce drame n’a laissé personne indifférent, constate le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, et les réactions n’ont pas tardé à se faire entendre dans la population québécoise.

Il faut qu’il y ait un éveil collectif, une prise de conscience que les Premières Nations ne sont pas ce que leur imaginaire représente, dit-il.

Selon le grand chef, les choses bougent au niveau politique. Le gouvernement veut mettre en place un plan d’action spécifique pour Lanaudière, mais également à l’ensemble du Québec. Plusieurs ministères seraient impliqués.

Le Conseil des Atikamekw de Manawan, en collaboration avec le Conseil de la Nation Atikamekw, a aussi lancé mi-octobre le Principe de Joyce, une consultation publique visant à garantir à tous les Autochtones le droit d’avoir accès sans aucune discrimination à tous les services de santé et de services sociaux ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique et mentale.

Les membres de Manawan et des communautés atikamekw de Wemotaci et d’Opitciwan étaient invités à partager leurs expériences vécues au sein du système de santé et des services sociaux.

Si la consultation s’est terminée le 28 octobre, le grand chef Awashish invite les intéressés à continuer de déposer leurs suggestions, commentaires ou recommandations jusqu’au 9 novembre, date à laquelle le Principe de Joyce sera acheminé à l’Assemblée nationale du Québec.

Ce principe peut être extrêmement porteur pour que quelque chose de bon sorte de cette tragédie, renchérit la Dre Pascale Breault, médecin de famille au GMF-U du Nord de Lanaudière. Selon elle, ce principe offrira une grille d’analyse commune permettant de se pencher sur ces enjeux.

Dans un monde idéal, on n’aurait jamais dû mettre un nom à ce principe-là.

Dre Pascale Breault

On fait partie du problème, mais on peut faire partie de la solution aussi si on en prend conscience, dit la médecin qui explique qu’au quotidien, le Principe de Joyce lui permettra de s’assurer que les principaux intéressés seront impliqués lorsqu’il sera temps de développer des initiatives les concernant.

Si elle salue le Principe en cours d’élaboration et le plan d’action prévu par le gouvernement, Jennifer Brazeau, la directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Lanaudière, souhaite par-dessus tout voir des résultats concrets sur le terrain.

Elle dit également ne pas constater de sentiment d’urgence de la part du CISSS de Lanaudière de réagir concrètement pour faire des changements.

Si une formation en sécurisation culturelle doit être mise en place à l’hôpital de Joliette prochainement, ce n’est pas encore suffisant, selon Jennifer Brazeau.

L’infirmière raciste qui a maltraité Joyce à cette hauteur-là, je ne pense pas qu’une formation aurait changé trop ses pensées, précise-t-elle.

Elle déplore, faisant référence aux femmes autochtones tuées et disparues, qu’il faille traverser plusieurs drames avant que des actions concrètes ne soient mises en place. Moi, je ne veux pas attendre qu’il y ait un autre décès.

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