•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Université du Cap-Breton honorera la mémoire du militant micmac Douglas Marshall Jr.

L'Institut Marshall se concentrera sur la justice environnementale et les approches autochtones contre les changements climatiques.

Donald Marshall pensif, coiffé d'une casquette de baseball.

Donald Marshall Jr., lors d'une conférence de presse le 17 septembre 1999 à Halifax, le jour où la Cour suprême du Canada a rendu l'arrêt qui porte son nom.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Un nouvel institut de recherche prévu pour l'Université du Cap-Breton rendra hommage à l'héritage de Donald Marshall Jr., qui s'est battu pour le droit des Autochtones à pratiquer une pêche de subsistance.

Le nom de l'homme micmac a été invoqué ces dernières semaines par des pêcheurs autochtones du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse qui ont lancé des pêches autoréglementées au homard.

Je pense que la situation est propice [pour cette annonce] en termes de besoin de partage de connaissances, mais aussi de recommandations et d'action, explique Janice Tulk, chercheuse principale au Département de développement de l'université néo-écossaise.

L'idée de fonder un institut voué à répondre à ces besoins circule depuis quelques années au sein de l’institution. Elle est notamment issue de l'une des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui soulignait la nécessité d'une éducation sur le droit et les droits autochtones.

Nous avons commencé à réfléchir à ce que nous pourrions faire à l'Université du Cap-Breton pour répondre à cet appel, soutient Janice Tulk, dont les domaines d'expertise comprennent l'histoire et la culture micmaques, ainsi que la réconciliation économique autochtone.

Mme Tulk affirme que l'université s’est associée aux communautés micmaques du Cap-Breton au cours des 40 dernières années afin d’offrir une éducation supérieure dans une variété de domaines. Des programmes d'études des communautés micmaques et de la science issue de cette Nation existent depuis un certain. Plus récemment, des programmes de mentorat en entreprises autochtones ont été ajoutés à l’offre universitaire.

L'Université du Cap-Breton considérait donc la création d’un nouvel institut de recherche comme allant de soi, selon la chercheuse.

Un travail en partenariat avec la famille

L'Université du Cap-Breton travaillera avec des membres de la famille Marshall au cours des prochains mois pour consolider la vision de l'institut.

Le devant du campus de l'Université du Cap-Breton, avec le nom de l'institution d'enseignement en premier plan et un bâtiment en arrière-plan.

L'Université du Cap-Breton voulait depuis un certain temps ajouter un institut voué à la justice et aux approches autochtones pour contrer les changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Norma Jean MacPhee

Je pense que c'est incroyable, affirme Crystal Bernard, la fille de Donald Marshall Jr.

Nous sommes tellement humbles et honorés qu'ils fassent ça pour lui, en son nom, se réjouit-elle. Et je sais qu'il en serait très fier.

L’information a été rendue publique lundi, lorsque l'Université a dévoilé les plans d'un projet de centre de découverte et d'innovation de 80 millions de dollars. Le projet n'a pas encore reçu de financement, mais s'il doit aller de l'avant, il abritera l'Institut Marshall.

Nous avons besoin d'un espace où la collaboration communautaire peut avoir lieu, déclare Janice Tulk, soulignant que l'Institut Marshall procédera avec ou sans le nouveau bâtiment.

Cette collaboration impliquera des chercheurs universitaires, des membres du corps professoral et des étudiants, ainsi que des membres de la communauté et de différentes organisations. Les paliers gouvernementaux seront aussi sollicités.

Je pense que nous allons avoir des conversations vraiment utiles qui feront progresser notre compréhension de la justice environnementale et des approches autochtones du changement climatique, soutient Janice Tulk. J'espère que nous commencerons à faire des progrès sur ces sujets grâce au dialogue et à des recommandations politiques.

Interrogée sur le rôle que l'Institut pourrait jouer dans des situations telles que le conflit actuel entre pêcheurs autochtones et non autochtones au sujet de la pêche autochtone de subsistance modérée en Nouvelle-Écosse, la chercheuse croit qu'il contribuerait à éduquer les gens sur les traités et les droits autochtones.

Il est certain que l'Institut pourrait jouer un rôle en rassemblant les parties prenantes pour avoir des conversations honnêtes et trouver des solutions collaboratives, estime-t-elle.

Un groupe d'Autochtones sur le quai, plusieurs tenant des drapeaux mi'kmaq, et des policiers devant pour s'interposer entre eux et un autre groupe.

Des policiers devant les membres de la Première Nation de Sipekne’katik et ceux qui sont venus les appuyer, le 20 septembre 2020 au quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

La fille de Donald Marshall Jr., Crystal Bernard, croit que son père serait déçu par la situation qui perdure dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Je pense que ce serait très contrariant pour lui de voir que nous avons encore à vivre tout ça.

D'un autre côté, je pense qu'il serait en première ligne, qu’il se battrait avec notre peuple, tout en essayant de faire comprendre aux gens que les droits issus des traités ne peuvent pas faire l'objet d'un débat.

D’après un texte de Holly Conners, CBC.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !