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La Première Nation Wolastoqey revendique la moitié du Nouveau-Brunswick

Des Autochtones défilant sur un sentier.

Des membres de la Nation Wolastoqey du Nouveau-Brunswick se sont récemment réunis pour faire entendre leurs revendications territoriales.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Poursuivre pour faire valoir leurs droits : voilà la démarche entamée, plus tôt ce mois-ci, par six des huit communautés de la Première Nation Wolastoqey. Celles-ci ont intenté une poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour faire valoir leurs revendications territoriales. L’enjeu? Pas moins de la moitié du territoire de la province.

La Nation Wolastoqey, en compagnie des Nations Mi’kmaq et Passamaquoddy, étaient signataires des traités de paix et d’amitié (signés dans les provinces atlantiques avant 1779, avec la Couronne britannique, explique au bout du fil Edith Bélanger, diplômée en philosophie de l’Université Laval et membre de la Première Nation Wolastoqiyik, au Québec, qui, avec une autre communauté aux États-Unis, forment les huit communautés wolastoqey (malécites).

Le territoire qu’ils occupaient autrefois, et qu’ils occupent encore aujourd’hui, n’a jamais été cédé par traité; les traités de paix et d’amitié ne comportaient pas de dispositions de cession de terres, comme les traités numérotés dans l’Ouest canadien, poursuit Mme Bélanger.

Le traité permettait plutôt aux Autochtones de continuer de pratiquer leurs activités traditionnelles, y compris en ce qui concerne la pêche aux homards, comme c’est le cas en Nouvelle-Écosse… La question des droits territoriaux n’a jamais été réglée, même si des jugements de la Cour suprême, comme l’arrêt Marshall, les ont reconnus indirectement, car si les traités sont encore valides, les revendications territoriales le sont tout autant.

Au dire de Mme Bélanger, on peut considérer que tout le territoire de l’Acadie, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse n’a jamais été cédé.

Dans une déclaration publiée sur son site web, la Première Nation Wolastoqey indique ne pas avoir d’autre choix que d’aller de l’avant avec sa poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick, parce que nos terres, nos eaux et nos ressources sont gravement menacées et nos droits continuent d’être ignorés.

Il est temps que notre titre soit reconnu et respecté, pour que nous puissions avoir notre mot à dire à propos de ce qui se passe sur notre territoire et pour que nos droits, nos terres et nos ressources soient préservés pour les générations futures, affirme-t-on encore.

Dans une série d’entrevues accordées aux médias, aux alentours de la date du dépôt officiel de la poursuite, les représentants de la Première Nation Wolastoqey sont toutefois formels : pas question de forcer qui que ce soit à déménager.

Peu de recours

En fait, le droit canadien ne nous laisse pas vraiment le choix de prendre cette avenue-là (la poursuite), parce que les négociations pour faire respecter les droits inscrits dans les traités, c’est très complexe, on le voit en Nouvelle-Écosse avec la crise du homard, indique Mme Bélanger qui est aussi chroniqueuse à Espaces autochtones.

Toujours selon cette dernière, les membres de la Première Nation Wolastoqey réclament principalement un droit de consultation, notamment pour les projets d’exploitation des ressources naturelles. Il ne serait pas nécessairement question d’un veto, non plus.

C’est l’impression de ne jamais être entendus par les gouvernements provinciaux et par la Couronne. Et je sais que ça frappe l’imaginaire de dire "la moitié du Nouveau-Brunswick", mais il ne faut pas oublier que plusieurs Premières Nations sont dans un processus de revendication, et les gens seraient surpris de voir ces revendications.

C’est une question de faire pression sur les gouvernements pour obtenir une reconnaissance… Grosso modo, nous, les Autochtones, on a deux choix pour faire entendre nos revendications : soit que nous faisons un barrage, soit que nous entamons une poursuite, poursuit Mme Bélanger.

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