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Présence autochtone, un Nomade Land virtuel

Une affiche du Festival international Présence autochtone.

Une affiche du Festival international Présence autochtone.

Photo : Présence Autochtone

Le Festival international Présence autochtone se réinvente pour affronter la pandémie de coronavirus. La 30e édition de l’organisation, sous le thème Nomade Land, a été scindée en plusieurs événements étalés dans le temps. Au programme cette semaine, trois concerts à écouter virtuellement.

Ils étaient 10. Dix spectateurs privilégiés venus voir Laura Niquay et son complice Gotta Lago sur la scène du Lion d’Or à Montréal, à la mi-septembre. L’autrice-compositrice-interprète folk rock n’en a pas fait cas. Moi en autant que je suis sur scène, je me sens bien, dit-elle.

Elle sait aussi que ce nombre sera multiplié par 100, 1000, et plus lors de la diffusion de la captation qui en a été faite.

Le 29 octobre, dès 19 h, cette artiste atikamekw de la communauté de Wemotaci et Gotta Lago, un artiste originaire de la Côte d'Ivoire qui l'accompagnera, entreront donc dans nos foyers pour nous plonger dans leurs cultures similaires.

Similaires? Oui, répond Laura Niquay, c’est vraiment deux cultures qui sont identiques, c’est la culture qui nous a rapprochés.

Laura Niquay et Gotta Lago sur une scène.

Laura Niquay et Gotta Lago sur la scène du Lion d'Or en septembre 2020.

Photo : Maude Touchette

Et d’expliquer que la philosophie, la nourriture et même la culture vestimentaire se ressemblent. Ils mettent beaucoup de couleurs et nous aussi dans nos regalia. Et c’est le même tempo de battements de cœur de musique aussi.

Les battements, c’est Gotta le percussionniste qui s’en occupe; les chansons, c’est l’affaire de Laura.

Elle raconte sa culture et les réalités de sa communauté. Chanter, c’est aussi une bonne manière de défendre sa langue maternelle qui, même si elle est l’une des plus vivantes au pays, avec 95 % de locuteurs atikamekw, s’appauvrit tranquillement.

C’est peut-être la déformation des mots qui commence à se faire, explique Laura Niquay, comme mélanger le français avec l’atikamekw.

La disparition des aînés, gardiens de la langue, est une autre inquiétude qui pousse l’artiste à chanter dans sa langue.

Après Waratanak « au creux de la montagne », un album paru en 2015, elle finalise Waska Matisiwin (le cercle de vie) qui sera lancé au printemps 2021.

12 chansons reliées à ma culture, dont une qui parle des mocassins. C’est de marcher sur le sentier de nos ancêtres, explique-t-elle.

Pédagogue futée, elle en profite pour enseigner quelques mots oubliés, des mots qu’on n'utilise presque plus à tous les jours dans notre langue, et même des mots qui ne sont plus du tout utilisés.

Nos jeunes vont entendre des mots qu’ils n’ont jamais entendus en fait, et Laura Niquay espère qu’ils auront la curiosité de savoir ce qu’ils veulent dire.

Les 12 pièces seront interprétées pour la première fois dans son spectacle du 29 octobre, mais le son dans l’album, c’est vraiment autre chose, tient-elle à préciser c’est différent avec la musique dessus et ça va être assez bon, je crois, dit-elle modestement.

Trois musiciens sur une scène.

Le trio de jazz Backwater Township sur la scène du Lion d'Or en septembre 2020.

Photo : Maude Touchette

Présence autochtone, un lieu d’échanges

Le 30 octobre, au tour du Backwater Township de monter sur la scène virtuelle de Présence autochtone. Corey Thomas, le contrebassiste et compositeur de ce trio de jazz fondé à Montréal en 2018, est originaire de la communauté micmaque de Gesgapegiag; c’est là qu’il a forgé son identité musicale.

Le 31 octobre, au tour de l’artiste multidisciplinaire âpihtawikosisâniskwêw Moe Clark d’habiter la scène virtuelle. Métisse de l’Ouest canadien, installée à Montréal, Moe chante en cri, en anglais et en français.

L’artiste qui a déjà réalisé un court-métrage avec le Wapikoni mobile est ainsi décrite par l’équipe Moe Clark fusionne dans ses œuvres sonores sa vision unique de la narration-performance avec les traditions du chant tribal et du "spoken word".

5 musiciens sur une scène.

Moe Clark partage la scène du Lion d'Or avec l’Inuk Nina Segalowitz,David Ryshpan, Mark Nelson et Marino Vazquez, en septembre 2020.

Photo : Maude Touchette

Elle partagera la scène avec l’Inuk Nina Segalowitz, une chanteuse de gorge, joueuse de tambour et violoncelliste, ainsi qu’avec David Ryshpan, Mark Nelson et Marino Vazquez.

Les concerts seront diffusés gratuitement les 29, 30 et 31 octobre à 19 h sur le site www.presenceautochtone.ca (Nouvelle fenêtre).

Le festival multidisciplinaire Présence autochtone poursuivra ses activités en novembre avec la remise des prix du festival, dont un d'Espaces autochtones, pour les meilleurs films et vidéos autochtones dans diverses catégories.

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