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La fibre entrepreneuriale, plus vivante que jamais à Mashteuiatsh

Alain Paul parle avec deux autres personnes qui portent un casque de protection.

Alain Paul (au centre) est à la tête du Groupe ADL, qui est devenu propriétaire de l'entreprise Granules LG en 2012.

Photo : Granules LG

La volonté de se lancer en affaires est belle et bien présente chez les jeunes de Mashteuiatsh, affirme le président de Granules LG Alain Paul, un entrepreneur de cette communauté innue qui vient tout juste de remporter le Prix du leadership des entreprises autochtones.

« Il y a une relève entrepreneuriale chez nous et ça, je trouve ça beau », dit Alain Paul, un sourire dans la voix. C’est que les choses n’ont pas toujours été fructueuses et le chemin, semé d’embûches, se remémore l’entrepreneur.

Originaire de la communauté de Mashteuiatsh, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Alain Paul a cofondé le groupe ADL en compagnie de deux de ses frères au début des années 1980, après avoir passé 15 ans à titre de directeur de la caisse populaire Desjardins de sa communauté.

« On travaille très fort, peu importe l’entrepreneur, peu importe autochtone ou allochtone. On a souvent des revers dans notre vie. On a souvent des difficultés qui nous paraissent insurmontables. Le succès est difficilement palpable », résume-t-il.

Depuis, le Groupe ADL s’est développé, et englobe à ce jour plusieurs entreprises, comme Granules LG, dont le groupe est devenu propriétaire après avoir racheté les parts de ses partenaires, en 2012.

Alain Paul s’est vu remettre début octobre le Prix du leadership des entreprises autochtones décerné par l’Association des producteurs forestiers du Canada et le Conseil canadien pour le commerce autochtone (CCCA). Si le prix récompense l’ensemble de l’œuvre de M. Paul, la directrice du CCAA n’a pas manqué de souligner le développement de Granules LG.

Les installations de l'usine, où se trouvent de hautes montagnes de granules.

Les installations de Granules LG sont basées à Saint-Félicien, à quelques minutes de route de la communauté innue de Mashteuiatsh.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Située à Saint-Félicien, l’entreprise a été réorientée pour se destiner à un marché plus international que local, explique M. Paul. Granules LG détient des certifications canadiennes et européennes qui garantissent non seulement la qualité de ses produits, mais qui témoignent aussi de ses méthodes écoresponsables.

On l’a fait grandir de 60 000 tonnes à 120 000 tonnes [de granules] aujourd’hui, avec les mêmes installations, les mêmes gens, se félicite-t-il.

Sur la soixantaine d’employés, près du quart sont originaires de Mashteuiatsh. « C’est sûr qu’on travaille fort pour intégrer des gens de notre communauté à l’entreprise […], mais l’important, au bout de la ligne, c’est de créer une entreprise où tout le monde est bien, Autochtone comme Allochtone », dit-il.

Cultiver la fibre entrepreneuriale des jeunes de Mashteuiatsh

S’il est fier d’avoir vu son travail récompensé, Alain Paul a aussi reçu ce prix au nom de sa communauté. Ça fait voir aussi qu’il y a une possibilité de réalisation pour les jeunes, pour les entrepreneurs autochtones, malgré les difficultés qu’on peut rencontrer avec ce système-là, affirme-t-il.

Aujourd’hui âgé de 67 ans, Alain Paul s’occupe d’une cellule de mentorat qu’il a mis sur pied pour aider les entrepreneurs de sa communauté qui pourraient se heurter aux mêmes obstacles que lui.

« Il faut juste comprendre que la base pour un entrepreneur d’une communauté autochtone n’est pas la même base pour un allochtone », dit M. Paul, évoquant les contraintes posées par la Loi sur les Indiens.

Pour avoir accès à certains prêts de la banque, un entrepreneur qui en est à ses débuts doit pouvoir fournir l’assurance qu’il pourra rembourser cette somme en se servant, notamment, de biens accumulés, comme une maison ou un terrain, détaille M. Paul.

« Sur une réserve, ça n’existe pas, tu ne peux pas mettre tes biens ou ta maison en garantie », ceux-ci ne pouvant être saisis, ajoute-t-il.

C’est des difficultés que j’ai rencontrées tout au long de ma vie.

Alain Paul, président et cofondateur du Groupe ADL

Mais ces temps-ci, la volonté entrepreneuriale qui se manifeste chez les jeunes de Mashteuiatsh lui donne espoir en l’avenir. « Les jeunes sont plus actifs. Ils ont davantage accès à différents programmes, différentes possibilités, comparativement à ce qu’on avait à nos débuts », se réjouit-il.

« Aujourd’hui, je pense qu’il y a peut-être 110 petites et moyennes entreprises chez nous. C’est quand même beau pour une communauté comme la nôtre. »

Malgré une année compliquée par la pandémie de COVID-19, Alain Paul confie que d’autres projets se profilent à l’horizon, sans pour autant en dévoiler les détails.

Et la retraite? « Ça fait plusieurs fois que je dis "encore 2-3 ans". Et je suis encore là! J’adore encore ce que je fais, j’ai du monde formidable autour de moi. Alors ce doit être "encore 2-3 ans" », lance-t-il.

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