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Le conflit se poursuit au sujet de la propriété de la pinède d'Oka

Le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Serge Otsi Simon, le grand chef de Kanesatake,

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Le choix de la Ville d’Oka de classer la célèbre forêt comme site patrimonial n’est qu’une tentative déguisée pour s’approprier la pinède, soutient le Conseil Mohawk de Kanesatake qui songe à aller devant les tribunaux

La municipalité d’Oka continue d’aller de l’avant avec son projet de protection de la forêt de la pinède ainsi que des terrains appartenant au propriétaire Grégoire Collin. 

Lundi, elle a mené une consultation publique diffusée en direct sur YouTube pour parler du projet de classification de la forêt comme site patrimonial pour des motifs historiques, identitaires et paysagers. Le processus de consultation se poursuit et le règlement doit encore être adopté, mais cela ne se fera pas avant des mois, selon le maire d’Oka.

Sauf que le Conseil Mohawk de Kanesatake continue de marteler son opposition. On veut aller devant les tribunaux et déclarer que c’est un autre vol de notre patrimoine. Ce n’est pas nécessairement le patrimoine d’Oka. Cela fait 2000 ans que les Mohawks sont là, s’insurge le grand chef Serge Otsi Simon.

Il évoque notamment plusieurs déclarations et droits internationaux, des articles de la Charte des droits et libertés qui protègent les droits ancestraux des Autochtones. 

Un homme appuyé sur une colonne parle au téléphone.

Le maire d'Oka, Pascal Quevillon.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le maire d’Oka, Pascal Quevillon, rétorque qu’une grande partie de ces terrains appartient à la municipalité et une autre au privé mais qu’ils sont sur les terrains de la ville, malgré ce que la communauté Mohawk dit, ce qu’ils revendiquent. Ce n’est pas à nous de régler les revendications mais au gouvernement fédéral, précise le maire. 

Protection ou possession?

Début octobre, un changement de zonage a été adopté et la pinède et des terres de M. Gollin se trouvent désormais en zone de conservation environnementale. Pourquoi alors demander que ce soit un site patrimonial, désignation qui protégerait le territoire controversé en empêchant toutes actions, y compris couper un arbre, sur ces terrains sans l’aval de la municipalité d’Oka? 

Le but ultime est de protéger la forêt et empêcher tout développement dans cette forêt. Je ne sais pas pourquoi les gens de Kanesatake s'opposent à ça.

Pascal Quevillon, maire d'Oka.
Site patrimonial de la pinède d'Oka proposé par la ville

Site patrimonial de la pinède d'Oka proposé par la ville

Photo : Source: ville d'Oka

Selon le maire, la municipalité d’Oka est plus en mesure de protéger la forêt grâce à ses règlements parce que du côté de Kanesatake il n’y aucun règlement. De plus, ils ne contrôlent pas des membres de la communauté qui pourraient décider d'en faire ce qu'ils veulent. La crainte est là.

La protection n’est qu’une excuse, lance le grand chef Serge Otsi Simon. Il rappelle qu’un processus était déjà en place pour un parc écologique, résultat d’un accord entre le propriétaire d’une partie du terrain, Grégoire Gollin, et le Conseil Mohawk de Kanesatake. 

C'est pas une question de protéger la pinède, c'est pour empêcher les Mohawks de pouvoir exercer un contrôle sur aucun morceau de terre dans la région d’Oka.

Le grand chef Serge Otsi Simon

Le grand chef Simon souhaite aussi parler avec d’autres chefs afin que les nations qui connaissent un problème semblable avec des municipalités s'unissent pour faire face au problème.

De son côté, Grégoire Gollin, le propriétaire d’une grande partie des terrains, a précisé dans une lettre publiée lundi que ce projet de règlement le mettait mal à l’aise et que le débat qu’il suscitait ne faisait qu’ajouter inutilement une autre couche de complexité à une situation déjà assez tendue.

Selon lui, le débat concernant le futur statut de la forêt n’est ni dans ses mains, ni dans celles du conseil de ville d’Oka ou du conseil de bande de Kanesatake, mais bien dans les mains de la communauté de Kanesatake.

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