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Une saison de pêche moins « catastrophique » que prévue pour Uapan

On se prépare à relever les cages pour les crabes

(Archives) Les sept bateaux de Pêcheries Uapan ont pu prendre le large en quête – principalement – de crabes des neiges, de homards et de crevettes.

Photo : Radio-Canada / Caroline Girard

Si la saison de pêche s’annonçait « catastrophique » avant même d’être lancée, au printemps, le scénario qu’entrevoyait les Pêcheries Uapan ne s’est pas tout à fait concrétisé.

On a su tirer notre épingle du jeu, assure Yan Tremblay, directeur de l’entreprise qui appartient à la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, à Sept-Îles.

Le secteur des pêcheries n’a bien évidemment pas échappé à la COVID-19 et au climat d’incertitude qui l’a accompagnée. Lancement de la saison retardé, prix de vente estimés à la baisse : les conditions n’étaient pas idéales et faisaient craindre le pire à M. Tremblay, même si les affaires allaient bon train en début d’année.

Finalement, on n’a pas opéré à perte, explique-t-il. Je suis environ entre 60 et 65 % de pertes de bénéfices.

On va s’en sortir, mais ce n’est pas ce qu’on est habitués d’aller chercher dans nos revenus autonomes.

Yan Tremblay, directeur de Pêcheries Uapan

Les sept bateaux de l’entreprise ont pu prendre le large en quête – principalement – de crabes des neiges, de homards et de crevettes.

La saison de pêche à la crevette, qui débute d’ordinaire en avril et peut aller jusqu’en décembre, n’a été lancée qu’à la fin juin, au moment où les usines de transformation ont décidé de rouvrir. À partir de ce moment, les pêcheurs ont pu avoir une meilleure idée des prix de vente.

« Le prix qui était présenté… disons qu’il était suffisamment acceptable pour commencer à opérer », indique M. Tremblay. Au lieu de 1,31 $ la livre, il a fallu faire avec 0,95 $ la livre pour la crevette.

Pour donner une idée, le crabe des neiges, qui représente la part la plus importante du pactole de Pêcheries Uapan (qui veut dire "aube" en langue innue), s’est vendu en moyenne à 3,05 $ la livre cette année. L’an dernier, le prix oscillait autour de 5,25 $, donne en exemple Yan Tremblay.

La saison de la crevette, qui dure généralement le plus longtemps, s’est terminée en septembre.

Yan Tremblay, directeur général, pêcherie Uapan

Yan Tremblay, directeur général, pêcherie Uapan

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Pêcheries Uapan n’a toutefois pas eu à réduire ses équipes, qui totalisent 30 employés – dont l'essentiel recrutés à Uashat mak Mani-utenam – pour affronter cette saison hors du commun. « On n’a pas coupé dans l’embauche, on a roulé avec nos effectifs habituels. Mais on a fait un suivi un peu plus serré des captures », dit-il.

Autrement dit, les équipes de Pêcheries Uapan ont été attentives au rendement des opérations, surtout celles où le nombre d’espèces capturées ne s’est pas avéré aussi important que souhaité. « On était beaucoup plus à l’affût pour voir si on était pour engendrer des pertes », ajoute M. Tremblay.

Les usines de transformation ont elles aussi subi les contrecoups de la pandémie. « C’était un petit peu le néant aussi, de rouvrir avec les normes de distanciation physique », explique le directeur de Pêcheries Uapan, qui est partenaire avec deux usines établies à Sept-Îles et Portneuf-sur-Mer.

Somme toute, le stock s’est bien écoulé, poursuit-il.

Des produits d’ici consommés… ailleurs

Au dire de Yan Tremblay, le problème n'a pas été la récolte; c'était plutôt la réponse du marché. D'ordinaire, Pêcheries Uapan compte en partie sur la restauration, mais ce secteur a été paralysé cette année par la pandémie.

Il y a eu un peu plus de consommation dans les épiceries […] un marché qui a compensé beaucoup pour ce que la restauration ne prenait pas, affirme-t-il.

L'essentiel des prises de Pêcheries Uapan s'est tout de même vendu à l'extérieur du pays, un scénario qui n'a rien d'inhabituel, pandémie ou pas.

On a tellement de bons produits, mais il sont tellement peu consommés à l'intérieur du Canada, c'est triste, déplore le directeur de l'entreprise, qui met en cause non seulement le coût, mais aussi une méconnaissance des produits chez les consommateurs québécois et canadiens.

Pour y remédier, Yan Tremblay estime qu'il faudra établir une stratégie, où tous les acteurs de la chaîne (capture, transformation, mise en marché, etc.) seront consultés, en collaboration avec les gouvernements, afin de vraiment développer le goût des Canadiens pour les produits d'ici.

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