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Pêche en Gaspésie : des précisions sur la notion de pêche de subsistance sont demandées

Homard vivant sur un casier.

La pêche représente une portion importante de l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Getty Images / rustyl3599

Radio-Canada

En Gaspésie, les pêcheurs de homards souhaitent une rencontre avec les communautés micmaques et Ottawa pour mieux définir la notion de pêche de subsistance modérée.

La situation sur le terrain en Gaspésie est loin de se comparer à celle en Nouvelle-Écosse, où les tensions sont vives entre pêcheurs autochtones et non autochtones.

Les homardiers gaspésiens craignent cependant que cette crise ait des répercussions chez eux et souhaitent une rencontre avec Ottawa et les communautés micmaques.

Autant les pêcheurs micmacs que les non-Autochtones assurent que tout se passe bien. Il y a bien eu des frictions suite à l’arrêt Marshall en 1999 mais depuis, les relations sont calmes.

Des trois communautés micmaques, seule celle de Listuguj pratique une pêche de subsistance à l’automne qualifiée par Ottawa de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles.

L’an dernier comme cette année, des pêcheurs micmacs de Listuguj ont pris la mer pour une pêche automnale de subsistance au homard, mais avec l’intention de vendre une partie de leurs prises, alors que Pêches et Océans Canada a refusé de leur accorder un permis de pêche commercial.

En 2018, une entente-cadre sur la pêche avait pourtant été signée entre les deux parties. Elle devait les aider à conclure des accords concernant la gestion des pêches.

Le chef de Listuguj, Darcy Grey, a assuré, lors du lancement de la pêche d'automne, avoir essayé de trouver une façon de travailler ensemble à travers des négociations et des discussions, mais a souligné qu’il rencontrait toujours des barrières.

Selon lui, la majeure partie des captures serait distribuée aux membres de la communauté à des fins de subsistance et que la vente de homards excédentaires servirait essentiellement à payer les dépenses des pêcheurs et à leur permettre d’avoir un peu plus de revenus.

Mais comme en Nouvelle-Écosse, cette notion de pêche de subsistance modérée est le point d’orgue des discussions.

O'Neil Cloutier.

Le porte-parole du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

On pense qu’une pêche de subsistance ne doit pas être rattachée à une question de couvrir des frais. La subsistance, c’est vraiment d’aller chercher et puiser une ressource pour se nourrir, indique le directeur du regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier.

Le directeur déplore aussi un manque de précision dans la définition de la notion de pêche de subsistance. Cela représente quoi en termes de permis, d’implication dans les pêches? Il faudrait qu’on le sache.

Toutefois, cette notion peut avoir différentes interprétations, assure le chef de la communauté micmaque de Gespeg, Terry Shaw.

Pour les communautés, la définition est claire : la base fondamentale, c’est vraiment l’alimentation.

Or, l’exploitation de la ressource peut donner d’autres moyens dont ont besoin les communautés autochtones, et ce, évoque-t-il, pour faire une différence entre vivre dans la pauvreté ou non.

Il faut voir la question de capacité, et nous, on n’a pas le choix, assure Terry Shaw, rappelant que les peuples autochtones ont des droits et qu’ils veulent pouvoir les exercer.

En 1999, la Cour suprême avait, dans l'arrêt Marshall, confirmé le droit des Autochtones à pêcher pour leur subsistance sans que la notion de pêche de subsistance ne soit clairement définie.

Le regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie veut s’asseoir avec le fédéral et les communautés micmaques pour débattre ou tenir un forum afin d'éclaircir les critères qui définissent la pêche de subsistance. C'est une question qui touche à la gestion de la pêche autant que de la conservation des espèces. Une requête qui n’est pas nouvelle, selon Mr Cloutier.

Mais le chef Shaw rappelle que les communautés traitent avant tout avec le gouvernement. Toutefois, précise-t-il, il y a toujours une façon constructive de voir les choses, de partager, d’être honnête l’un envers l’autre, en toute transparence, d’avoir des pistes de solutions. Mais avant tout, (…) il faut avoir une bonne discussion pour mettre les choses au clair et le gouvernement a le devoir de le faire.

Un homme parle derrière des micros.

Le chef de la nation de Gespeg, Terry Shaw

Photo : Radio-Canada

En guise de preuve, Terry Shaw rappelle que la pêche commerciale dans son secteur se passe quand même bien.

Au printemps, les trois communautés micmaques pratiquent la pêche au homard à des fins commerciales. Sur les 164 permis actifs enregistrés auprès de Pêches et Océans Canada en 2016, 12 appartenaient aux Premières Nations.

D'ailleurs, le porte-parole des pêcheurs gaspésiens O'Neil Cloutier mentionne que les Autochtones et non-Autochtones ont fait des efforts de réduction de pêche pendant plusieurs années pour assurer la pérennité de la ressource.

Nous, on dit qu’on ne peut pas mettre ça en danger. Alors comment peut-on s’arranger pour que les droits autochtones soient respectés dans un contexte de développement durable d’une pêche commerciale? demande-t-il.

Avec les informations de Bruno Lelièvre

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