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Conflit autour d'un édifice pour les étudiants autochtones de l'Université Bishop's

La façade du pavillon Divinity de l'Université Bishop's.

Le pavillon Divinity sera rénové et deviendra un lieu d'accueil pour les étudiants autochtones.

Photo : Radio-Canada

La discorde règne à l'Université Bishop's à propos d’un bâtiment, la Divinity House, qui doit être reconverti en centre de ressources pour les étudiants autochtones. Selon ces derniers, seulement 25 % de la superficie totale leur servira d’espace de rassemblement.

Tout avait pourtant bien commencé.

En septembre 2017, des consultations effectuées pour décider de l’avenir de Divinity House, l’un des plus anciens bâtiments du campus, avaient mené à la conclusion que ce serait un bel endroit pour que les membres autochtones et non autochtones de la communauté puissent y trouver un lieu de rencontre, explique Olivier Bouffard, le directeur des communications à l’Université Bishop’s.

En octobre 2019, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, Jean-François Roberge, annonçait un investissement de 5,9 M$ pour la transformation de l’édifice, construit en 1892.

Actuellement, l’association des étudiants autochtones de Bishop’s, occupe un petit local situé au sous-sol du Théâtre Centennial.

C'est un geste qui s'inscrit dans la grande réconciliation, disait alors le ministre Roberge.

Divinity House, qu’on souhaite renommer Kwigw8mna, [notre maison, en langue abénakise], devrait comprendre des espaces de bureau pour le personnel de soutien aux étudiants autochtones et pour les professeurs qui enseignent dans des domaines liés aux enjeux autochtones, précise Olivier Bouffard

Ça faisait partie du plan depuis le départ, précise-t-il, en ajoutant que cela comprend aussi des appartements destinés à des aînés autochtones, à des artistes ou à des conférenciers autochtones invités.

Il faut ajouter à cela des espaces d’ateliers, des centres de ressources, des salles de classe et des aires de repos et de détente.

Divers usages en cohabitation sont donc prévus dans ce bâtiment, et on pense avoir été relativement transparents à cet égard dans nos annonces, dit Olivier Bouffard.

Mais les principaux intéressés, soit les étudiants autochtones qui fréquentent l’établissement, s’attendaient à obtenir un espace de rassemblement beaucoup plus grand et non pas qu’il [l’édifice] deviendrait un immeuble de bureaux, peut-on lire dans une lettre ouverte adressée au doyen et vice-recteur Michael Goldbloom et actuellement signée par plus de 300 personnes.

Il y a quelques semaines, une rencontre entre l'association des étudiants autochtones de l’université et Michael Goldbloom n’avait pas convaincu les étudiants qu’un espace suffisant leur était alloué.

L’entente entre Québec et l’université prévoyait de l’espace pour étudier, de l’espace où on peut garder toutes nos ressources liées aux études autochtones, dit Nikki Baribeau, la présidente de l'association des étudiants autochtones de l’Université Bishop’s, mais elle ajoute que dans le plan il n'y a pas d’espace pour ça.

La présidente déplore que ce qui a été proposé n’accommode pas la population autochtone estimée entre 40 à 50 étudiants.

L’objet de la discorde a été rendu public à la suite d'une publication de l’activiste et rappeur micmac Quentin Condo sur les réseaux sociaux quelque temps après cette rencontre.

Les étudiants qui étaient présents à la réunion me l'ont dit. Le doyen a essayé de m'utiliser comme paillasson pour marcher!, explique-t-il. Il ajoute qu’il se sent très proche des étudiants autochtones de Lennoxville, et qu’il les aide quand ils en ont besoin.

Ils étaient donc très contrariés que les membres de la faculté essaient de m'utiliser pour leur faire accepter les plans visant à ne leur donner qu'un seul local dans le bâtiment de quatre étages.

Ce qui est important, c’est que l’on continue ce dialogue avec nos étudiants autochtones face aux critiques qui sont soulevées à ce stade-ci, dit le directeur des communications Olivier Bouffard.

Or, selon l’association des étudiants autochtones de Bishop’s, s’il est vrai que les consultations ont été nombreuses, il n'y a pas encore eu de consentement.

La différence entre ces deux concepts est cruciale : consulter les peuples autochtones, c'est leur demander leur avis, puis prendre les décisions sans qu'ils soient présents dans la salle. Le consentement implique une appropriation partagée de la prise de décision, peut-on lire dans la lettre ouverte adressée au doyen Michael Goldbloom.

Une nouvelle rencontre doit avoir lieu cette semaine pour discuter des façons de répondre aux préoccupations de l’association des étudiants autochtones de Bishop’s.

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