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Nouvelle-Écosse : le travail des policiers montré du doigt

Des policiers de la GRC sur le bord d'une route en Nouvelle-Écosse.

Le ministre Marc Miller remet en doute la travail de la GRC dans le conflit des pêches en Nouvelle-Écosse

Photo : Eric Woolliscroft/CBC

La violence en Nouvelle-Écosse doit cesser, réclame Ottawa, qui avoue que la police a échoué à sa mission de protection.

Quatre ministres fédéraux ont fait part de leur inquiétude quant aux violences de ces derniers jours en Nouvelle-Écosse qu'ils ont tous qualifiées d'inacceptables et lancent un appel au calme. Les tensions sont vives entre pêcheurs autochtones et non autochtones.

Les pêcheurs micmacs de la Nouvelle-Écosse ont été la cible d'actes violents : incendie suspect d’un entrepôt de homard, prises détruites, véhicule incendié...

Le ministre des Services aux Autochtones dit même craindre que cette violence puisse entraîner la mort. Du même souffle, Marc Miller a reconnu que la police avait échoué à bien faire son travail.

Nous devons également reconnaître qu’une fois de plus, comme en témoignent les scènes de violence, les peuples autochtones ont été abandonnés par la police. Ceux qui ont juré de les protéger.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Marc Miller et le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, ont assuré qu'Ottawa a agi rapidement après ce constat. Plus d'agents de la GRC ont été déployés sur le terrain dès lundi.

Bill Blair dit qu'il est d'ailleurs important de reconnaître la nécessité de réformer de manière importante la façon dont les services policiers protègent et respectent les communautés autochtones. Il assure travailler sur un cadre législatif en ce sens.

Ce conflit peut aussi avoir un impact à long terme. Mon expérience me dit que quand cette violence se produit, elle peut déchirer des collectivités. […] et la suspicion, la peur, les conflits peuvent durer des générations, et nous ne voulons pas que cela se produise, a martelé Bill Blair.

Toux ceux qui commettront des actes de violence seront traduits en justice, a assuré le ministre Bill Blair.

Notion de pêche de subsistance en jeu

Au cœur de ce conflit entre les Micmacs et les pêcheurs commerciaux se trouve la notion de pêche de subsistance. Le mois dernier, des pêcheurs de la Première Nation de Sipekne’katik ont lancé une pêche au homard dans la baie Sainte-Marie, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, afin d'exercer les droits conférés par les traités et l'arrêt de la Cour suprême.

Mais les pêcheurs commerciaux jugent cette pêche illégale, car elle s'effectue hors des saisons déterminées par Pêches et Océans Canada. Ils affirment qu'elle est commerciale et non de subsistance.

Définir la pêche légale, comme l'a réclamé le premier ministre de la Nouvelle-Écosse en fin de semaine, est un challenge, quelque chose très compliqué et complexe, affirme le ministre Miller.

Loin d'Ottawa l'idée de dicter de son piédestal ce qu'est la teneur de ce droit. Il doit être discuté et négocié avec les peuples en question. On a déjà essayé de décider et cela n'a pas fonctionné.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Ottawa négocie actuellement avec le chef Mike Sack de la Première Nation de Sipekne'katik et d'autres chefs autochtones de la Nouvelle-Écosse, mais ces discussions se font en privé. La ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan, affirme travailler sur une marche à suivre pour assurer le respect des droits garantis par la Cour suprême.

Les inquiétudes des pêcheurs commerciaux quant aux stocks sont aussi prises en compte, assure Bernadette Jordan, qui précise avant tout que les négociations, hors du domaine public et respectueuses, se font de nation à nation et vont de l'avant.

Selon la ministre, cette situation est l'occasion de changer la relation avec les peuples autochtones.

Nous devons nous asseoir avec les Premières Nations et faire ce que nous aurions dû faire il y a 250 ans, revoir les plans de pêche et le faire ensemble.

Bernadette Jordan, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne

Par ailleurs, Marc Miller a précisé que l'industrie de pêche autochtone du homard représentait une partie infime des activités globales de cette industrie au Canada.

Ottawa accusé de lenteur

Lors de la période de questions à la Chambre des communes, conservateurs et néo-démocrates ont accusé Ottawa d'avoir trop traîné dans cette crise. Et ils ne sont pas les seuls, plusieurs spécialistes en droit et en politique mettent en cause la propension d'Ottawa à laisser traîner les choses lorsqu’il est question des revendications des Premières Nations.

Selon le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, le gouvernement a fait fi de la situation en Nouvelle-Écosse. Il exhorte la ministre des Pêches à agir avant que d'autres personnes ne soient blessées.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, accuse, de son côté, le premier ministre Justin Trudeau de se croiser les bras. Le NPD a d'ailleurs demandé et obtenu un débat d'urgence qui va se tenir lundi soir.

De son côté, Justin Trudeau s'est entretenu dimanche avec le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil. Condamnant les violences, ils ont aussi convenu de la nécessité, pour toutes les parties, d'entamer un dialogue respectueux pour faire respecter les droits des micmacs tout en assurant une conservation durable de la pêche.

Manifestations de soutien

Plusieurs rassemblements en soutien aux pêcheurs autochtones se sont tenus cette fin de semaine. À Halifax, quelques centaines de personnes se sont réunies dimanche. Le groupe organisateur de l'événement a demandé au ministère fédéral des Pêches et des Océans de maintenir le Traité de paix et d’amitié de 1752, ainsi que l'arrêt Marshall de la Cour suprême du Canada, qui affirmait en 1999 le droit des Premières Nations à une pêche leur assurant une subsistance modérée.

Près de Montréal, des membres des communautés mohawks de Kanesatake et de Kahnawake ont organisé des convois dimanche pour afficher leur solidarité avec les pêcheurs micmacs de la Nouvelle-Écosse.

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