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La Chaire-réseau jeunesse autochtone dénonce l’inaction face au racisme systémique

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La Chaire-réseau jeunesse autochtone (CRJ) a fait diffuser samedi une lettre ouverte, signée par 40personnes qui réclament l'action du gouvernement de la CAQ face au racisme systémique. Plus de détail au bulletin de nouvelle de la SRC, la journaliste Jacques Audrey Charbonneau étais sur place.

Photo : Radio-Canada / Francois Sauve

Gabrielle Paul

La Chaire-réseau jeunesse autochtone (CRJ) a diffusé samedi une lettre ouverte signée par 40 personnes réclamant une action du gouvernement de François Legault face au racisme systémique que subissent les Autochtones, dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan.

Pour moi et mon équipe, c’était important de lever notre voix. Il fallait se prononcer et nous joindre aux autres voix qui se sont levées depuis. Nous voulions montrer notre désaccord et demander de l’action politique , explique la Wendat Véronique Picard, coordonnatrice de la Chaire-réseau jeunesse autochtone à l'origine de la lettre ouverte.

Tout ce qui s’est passé dans les deux dernières semaines, toute cette réticence politique, c’est insultant, pour nous les Autochtones, mais aussi pour nos alliés qui se battent chaque jour pour changer les choses.

Véronique Picard, coordonnatrice de la Chaire-réseau jeunesse autochtone

Le groupe de signataires est composé entre autres de 20 chercheurs de 9 universités différentes ainsi que de membres du comité aviseur jeunesse de la CRJ.

En tant que collectif, nous avons mené de multiples recherches scientifiques en collaboration avec les communautés et les organisations autochtones qui montrent que les systèmes de santé, d’éducation et de justice, tels qu’ils sont actuellement conçus, sont affectés par le racisme systémique et ne répondent pas aux besoins des Autochtones, peut-on lire dans la lettre.

[En tant que chercheurs] le but de notre existence n’est pas seulement de mettre en lumière des situations, mais aussi de faire changer les choses, dit Véronique Picard.

Pour avancer, il doit y avoir une reconnaissance, sinon on cache le réel problème, soutient Mme Picard. Des changements sont en cours, mais la volonté doit partir d’un niveau politique.

Pour le professeur à l’UQAM et membre de la CRJ Laurent Jérôme, signataire de la lettre, la réticence du gouvernement à reconnaître le racisme systémique est liée à la signification que peut avoir cette action.

Reconnaître c’est avouer qu’il faut entamer un processus de décolonisation, pas seulement avec des mots, mais avec des actions, dit-il.

Les effets du racisme systémique sur les jeunes Autochtones

D'après Laurent Jérôme, il est essentiel de reconnaître les effets que le racisme systémique peut avoir chez les jeunes Autochtones.

Ça touche les jeunes autochtones dans toutes les sphères de leur vie quotidienne, la discrimination est présente dans toutes les sphères de la société, souligne le professeur. C'est présent dans la recherche d'emploi, dans l'éducation et aussi dans la recherche de logement.

Laurent Jérôme, professeur à l'UQAM et signataire de la lettre

Malgré les Il y a des formes de racisme et de discrimination au sein des universités aussi, précise-t-il.

Ce racisme il est systémique pour plusieurs raisons, ajoute M. Jérôme. Il n’est pas systématique, mais il y a un déséquilibre du pouvoir et de la représentation qui le rend systémique.

Plus d’un quart des Autochtones au Québec ont entre 15 et 34 ans, les jeunes sont au centre de nos préoccupations, souligne par ailleurs la lettre ouverte.

Kijâtai Veillette-Cheezo, une jeune Anichinabée membre du comité aviseur jeunesse au sein du volet autochtone de la CRJ, a également signé cette lettre.

Pour elle, les événements des dernières semaines ont été difficiles à vivre.

On se sent submergés par les informations qui circulent dans les médias. On a l’impression de ne pas être écoutés et d’être contre tout le monde, confie-t-elle.

Elle soutient par contre se rallier à des actes de solidarité comme cette lettre ouverte de la Chaire-réseau jeunesse autochtone ou comme la manifestation organisée à Montréal pour dénoncer la mort de Joyce Echaquan.

Je l’ai senti qu’on peut changer les choses ensemble. Ça me pousse à continuer, affirme-t-elle.

Entamer un processus de décolonisation

La lettre de la CRJ mentionne également la nécessité d'entamer un processus de décolonisation.

Il est temps de passer à l’action et d’engager la société actuelle dans un processus de décolonisation afin d’offrir des services publics culturellement sécuritaires, est-il écrit.

Ça peut être épeurant pour certaines personnes, mais un processus décolonial ça correspond à des valeurs fondamentales pour les Premières Nations, mais aussi pour les Québécois, estime Véronique Picard.

Le respect, la réciprocité et la reconnaissance font partie du processus de décolonisation explique Mme Picard. La décolonisation c’est valable pour tous parce que c’est basé sur des valeurs communes, ajoute-t-elle.

Laurent Jérôme souligne quant à lui que la décolonisation est l’étape préalable à tout rapprochement [entre Autochtones et non-Autochtones].

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