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Incendie suspect d’un entrepôt de homard en Nouvelle-Écosse

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Des débris d'une usine. En arrière plan, la mer.

Décombres de l'incendie d'un bâtiment servant à entreposer du homard, le 17 octobre 2020 à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Taryn Grant

Radio-Canada

L’incendie majeur qui a ravagé un bâtiment servant à entreposer du homard à Pubnico-Ouest-le-Centre, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, dans la nuit de vendredi à samedi, est considéré par la GRC comme étant suspect. La région est le théâtre de vives tensions entre pêcheurs autochtones et non autochtones.

Le bâtiment incendié est un entrepôt avec lequel font affaire les pêcheurs de homard autochtones de la région.

Ces pêcheurs autochtones sont la cible de violences depuis l'ouverture de leur propre saison de pêche, le mois dernier : un véhicule a été incendié et des prises ont été détruites.

Décombres de l'incendie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Décombres de l'incendie d'un bâtiment servant à entreposer du homard, le 17 octobre 2020 à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Les pêcheurs non autochtones affirment que cette pêche est illégale, car elle s'effectue hors des saisons de pêche déterminées par le ministère fédéral des Pêches et des Océans. Un jugement de la Cour suprême garantit cependant aux Autochtones le droit à une pêche de subsistance.

Deux affrontements violents ont impliqué mardi quelque 200 personnes dans le sud de la Nouvelle-Écosse.

Un blessé grave

Vers minuit, la GRC du comté de Yarmouth, le service d'incendie de Pubnico-Ouest, ainsi que d'autres services d'incendie, se sont rendus sur les lieux du sinistre.

Entre 80 et 120 pompiers de huit brigades ont combattu les flammes en pleine nuit. Le feu a été maîtrisé vers 5 h.

Lorsque nous sommes arrivés, le bâtiment était déjà irrécupérable. Nous avons donc immédiatement essayé de protéger les bâtiments voisins contre la menace des flammes, a dit Jonathan LeBlanc, le chef des pompiers d'Eel Brook.

En raison de l'étendue des dommages, M. LeBlanc ne pouvait s'avancer samedi sur ce qui avait pu causer cet incendie.

Les premiers éléments de l'enquête que mène la GRC de Yarmouth permettent cependant aux autorités policières d'affirmer qu'il s'agit d'un incendie suspect.

La GRC a fait savoir samedi matin qu'un homme était hospitalisé pour des blessures graves, possiblement liées à l'incendie.

La police mentionne cependant qu'aucun employé du lieu qui a brûlé n'a été blessé.

De nombreux débris face à la mer.

Ce qu'il reste du bâtiment situé au 1065, route 335, à Pubnico-Ouest-le-Centre en Nouvelle-Écosse, le 17 octobre 2020.

Photo : CBC / Taryn Grant

Le premier ministre Trudeau de nouveau interpellé

Le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, une communauté qui mène depuis quelques semaines une pêche au homard dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, croit que l'incendie pourrait être un acte de représailles.

L'incendie dévastateur survenu dans un entrepôt de homard de Pubnico-Ouest-le-Centre illustre encore une fois la nécessité d'une plus grande présence policière dans la région, a indiqué Mike Sack dans un communiqué publié samedi matin.

Mike Sack sur le quai, dos à une flotte de bateaux, devant plusieurs micros de différents médias.

Michael Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, le 20 septembre 2020 à Saulnierville en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Selon M. Sack, l'installation appartiendrait à un ami et allié de la communauté Sipeknek'katik.

Je demande une fois de plus au premier ministre Trudeau et à la GRC de consacrer les ressources nécessaires à cette région pour protéger tout le monde.

Cela n'aurait jamais dû arriver et les responsables devraient être traduits en justice. Je crois cependant qu'avec une présence policière appropriée, cela aurait pu être évité.

Mike Sack, chef mi'kmaq de Sipekne'katik

Après des actes répétés de vandalisme à l'endroit des pêcheurs autochtones, le chef Sack avait demandé jeudi au premier ministre Trudeau d'intervenir.

Demande pour renforcer la présence policière

Samedi après-midi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a affirmé que la GRC avait quotidiennement renforcé sa présence dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

La police en Nouvelle-Écosse est de compétence provinciale. J'ai maintenant approuvé une demande du procureur général de la Nouvelle-Écosse visant à renforcer la présence de personnel de la GRC sous contrat, selon les besoins, afin de maintenir la paix, déclare le ministre Blair.

Nous allons nous assurer que les policiers ont les ressources nécessaires pour garder les gens en sécurité, a déclaré samedi le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil.

Dans un message publié sur Twitter, la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan, affirme quant à elle avoir parlé à Mike Sack, le chef de la Première Nation de Sipekne'katik. Comme j’ai dit au chef, ces personnes doivent être tenues responsables, a écrit la ministre des Pêches, faisant référence aux personnes ayant commis des gestes criminels.

J'ai parlé avec le chef Sack à nouveau ce matin pour lui exprimer notre soutien à sa communauté et à ses droits issus de traités. Nous partageons la priorité urgente de la sécurité de sa communauté , écrit de son côté samedi Carolyn Bennett, la ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, exige quant à lui une enquête complète et approfondie des autorités policières.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, a accusé samedi le gouvernement libéral de ne pas poser les gestes concrets nécessaires pour assurer la sécurité des Néo-Écossais et résoudre pacifiquement la situation.

Justin Trudeau ne peut abdiquer sa responsabilité dans ce dossier ou se cacher derrière des mots creux. Il doit ordonner à ses ministres d'agir, écrit M. O'Toole.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a aussi interpellé M. Trudeau. Ceci est du terrorisme. Le peuple mi'kmaq a désespérément besoin d'aide maintenant. Fini les belles paroles, [Justin Trudeau]. Il faut agir, cela doit cesser, a-t-il déclaré dans un message sur Twitter, samedi.

La violence et la destruction doivent cesser. L'escalade de la dernière semaine dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse est indéfendable , a dit samedi le chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse et chef de l'opposition officielle à Halifax, Tim Houston.

Il a une fois de plus interpellé la ministre fédérale des Pêches Bernadette Jordan, une Néo-Écossaise. De la décision initiale de la ministre de rester loin dans son bureau d'Ottawa plutôt que de rentrer [en Nouvelle-Écosse] à son refus répété de s'engager à réunir toutes les parties, son inaction est consternante, a-t-il dit.

M. Houston demande à Mme Jordan de travailler avec tous les intervenants afin que soit défini clairement ce qu'est la pêche de subsistance à laquelle les Autochtones ont droit.

Allégations de voies de fait : des accusations

Samedi après-midi, la GRC de Meteghan a annoncé qu’un individu avait été accusé de voies de fait à l’endroit du chef Mike Sack.

Les faits seraient survenus à New Edinburgh le 14 octobre.

Chris Melanson, un résident du comté de Digby, a été arrêté vendredi soir, dit la police, et libéré sous conditions. L’homme de 46 ans doit comparaître à Digby le 21 décembre.

C’est triste que ce soit venu à Pubnico

L’Acadienne Pierrette d’Entremont habite juste en face de l’entrepôt qui a brûlé.

Elle affirme que des actes de vandalisme ont eu lieu à ce même e plus tôt cette semaine. Des prises de homards ont notamment été jetées sur le sol.

De petites bonbonnes de propane et d'autre débris carbonisés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Décombres de l'incendie d'un bâtiment servant à entreposer du homard, le 17 octobre 2020 à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Au milieu de la nuit, elle a entendu des bruits. En regardant par la fenêtre, elle a vu une lueur jaune. Je n’avais pas de doute de ce que c’était, dit-elle. J’ai réveillé mon mari et on a marché jusqu’au chemin.

Après avoir observé l’incendie, le couple s’est endormi vers 3 h, puis s’est fait réveiller vers 5 h par le bruit des bulldozers.

Plusieurs membres de la communauté en ont assez du conflit de pêche dans la région. C’est triste que ce soit venu à Pubnico, se désole Pierrette d’Entremont.

Selon elle, certaines personnes de la communauté ont peur. La situation n’est toutefois pas simple dans le sud de la province.

Il y a plein de côtés, il y a plein d’entre-milieux et il y a plein de choses qu’on voit, explique Pierrette d’Entremont. Tout le monde se connaît.

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