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Un plan de lutte contre le racisme dans les soins de santé d'ici janvier, promet Miller

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le gouvernement fédéral a réuni virtuellement plus de 350 personnes pour discuter de la façon de lutter contre le racisme dans le système de santé. Ottawa a promis d'agir avant la fin de l'année.

La rencontre d'urgence, convoquée dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan dans un hôpital de Joliette, a été marquée essentiellement par des témoignages de professionnels de la santé autochtones : médecins, infirmières, infirmiers... venus raconter leurs histoires de racisme systémique.

L' heure n'était pas aux politiciens de s'exprimer, a expliqué le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, qui s'est dit marqué par le fait que les choses se répètent, se répètent sans issue. Il a évoqué le témoignage d'une médecin qui a fait ses études en 1980 et qui a vécu la même expérience que ceux qui étudient actuellement en médecine.

Il y a une responsabilité provinciale, une responsabilité fédérale, mais ce que tout le monde a retenu, c'est qu'il y a du travail à faire. Le racisme systémique ne va pas être éliminé du jour au lendemain.

Le ministre Marc Miller

On sait que Joyce est morte. Elle devrait être en vie aujourd'hui mais elle n'est pas morte pour rien, a lancé le ministre Marc Miller, à l'issue de la rencontre.

Seule la ministre fédérale de la santé Patty Hajdu a pris la parole pour le gouvernement. Elle a dit ne pas être surprise par toutes ces histoires de racisme car elle avait déjà entendu de tels témoignages à de nombreuses reprises. Il est temps pour tous, peu importe les juridictions, d'utiliser ses pouvoirs pour mettre fin à cette situation, a martelé la ministre.

Elle a invité les professionnels de la santé, mais aussi les provinces et territoires ainsi que les partenaires autochtones à se revoir en janvier.

Plan d'action pour janvier

D'ici janvier, un plan d'action avec des pistes de solution pour enrayer le racisme systémique dans le système de santé doit donc être proposé. Ottawa veut mettre l'accent notamment sur la responsabilité des ordres professionnels dans le combat contre le racisme.

Déjà, quelques solutions ont été avancées, a précisé le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, notamment la mise sur pied d'un bureau d'ombudsman indépendant qui surveillerait, à l'échelle du pays, si d'autres cas sont signalés et qui prendrait les plaintes afin que les membres des communautés puissent se sentir confortables à loger des plaintes.

On a également parlé de revoir un peu certaines pratiques, notamment la question d'assurer la sécurité culturelle à tous les niveaux possibles mais aussi […] voir si on ne peut pas avoir une approche plus globale sur ces phénomènes et trouver une façon d'enrayer ces problèmes de façon définitive, a poursuivi Ghislain Picard qui assure que c'est un travail de longue haleine mais un travail nécessaire.

Le principe de Joyce a été plusieurs fois évoqué lors de la rencontre. Le grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish, espère bien que d'ici janvier, les gouvernements en prennent connaissance et l'utilisent pour développer des politiques et de la formation auprès du personnel médical.

Il souhaite un changement en profondeur qui puisse paraître dans le temps pour que les enfants autochtones puissent se sentir, dans l'avenir, en sécurité quand ils fréquenteront les services publics.

Depuis des décennies, il y a des promesses mais cette fois, l'abcès est crevé, on entend les pires choses, mais ça fait partie de la démarche. Il faut que le méchant sorte pour repartir à zéro et commencer à créer quelque chose de plus solide pour la société.

Le grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish
Le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, le grand chef du Conseil de la nation atikamekw Constant Awashish et le chef de la communauté de Wemotaci, François Néashit écoutant la conférence sur le racisme dans les soins de santé.

Le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, le grand chef du Conseil de la nation atikamekw Constant Awashish et le chef de la communauté de Wemotaci, François Néashit.

Photo : Crédit: Facebook

Constant Awashish ainsi que le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa et celui de Wemotaci, François Néashit, ont rencontré virtuellement en début de matinée Marc Miller et le premier ministre Justin Trudeau pour discuter de racisme systémique. En fin de journée, ils ont aussi discuté avec les ministres québécois des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et de la Santé, Christian Dubé.

Lors de cette dernière rencontre, le terme racisme systémique a été effleuré, dit le grand chef Awashish, pour ne pas mettre l'accent sur cela. Il a plutôt été question des démarches entamées par le gouvernement du Québec et tous se sont entendus pour qu'il y ait de l'action.

Comme tous les autres, Ian Lafrenière, qui a souligné le courage de ceux qui ont témoigné lors de la conférence virtuelle, a rappelé, dans une déclaration écrite, que la tragédie survenue à Joliette n'était pas un événement isolé et que les témoignages entendus nous le rappellent encore une fois.

L'APNQL va continuer d'insister pour que Québec change sa position sur le racisme systémique. Plusieurs ont dit qu'avant de passer aux solutions, il faut nommer le problème tel qu'on le constate, a rappelé encore une fois Ghislain Picard.

Plusieurs autres représentants autochtones, des ministres, notamment les ministres fédéraux Marc Miller et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett ont aussi participé à cette conférence virtuelle.

Hier, Marc Miller a insisté sur l'importance de cette rencontre pour commencer le travail nécessaire afin d'éliminer le racisme systémique présent dans le système de santé et a précisé que les systèmes de santé partout au pays avaient laissé tomber et abandonné Joyce Echaquan comme tous les Autochtones.

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