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Une culture numérique en marche chez les Atikamekw

Les compétences numériques devraient permettre aux jeunes Atikamekw de se tourner vers la planète sans quitter leur communauté.

Deux jeunes regardent l'écran de leur ordinateur portable.

À La Tuque, Robin Lavoie et Shawn Awashish profitent de la formation de codage donnée par l'organisme Le Wagon Montréal.

Photo : Tommy Moar / CNA

La fibre optique a fait son entrée dans les trois communautés atikamekw, offrant du même coup un accès aux technologies et à des opportunités personnelles ou professionnelles. Pour outiller les jeunes, le Printemps numérique, en collaboration avec le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), organisait récemment un atelier de codage.

Tommy Moar était trop vieux pour participer à la formation d’initiation offerte par le Printemps numérique, un organisme de promotion du numérique.

Mais l’agent aux communications du CNA a tout de même pu y assister en tant que soutien technique. Moi c’est quelque chose qui m’intéresse, la techno, l’Internet. Après tout, Tommy est déjà considéré comme le geek du Conseil.

Avec lui à La Tuque, trois jeunes âgés de 17 à 25 ans, le groupe d’âge invité à profiter de cette formation donnée par l'organisme Le Wagon Montréal, une école de formation destinée à ceux et celles qui veulent devenir programmeurs.

La dizaine d’autres participants étaient dispersés dans les trois communautés atikamekw d’Opitciwan, Manawan et Wemotaci, tous suivaient la formation à distance.

Tout le monde a semblé intéressé, même si c’est quelque chose qui peut paraître complexe, constate Tommy Moar, en précisant que les trois communautés sont de plus en plus branchées depuis l’arrivée de la fibre optique.

Les participants avaient envie de savoir comment un site web se fabriquait. Tommy Moar donne l’exemple de certains jeunes qui ont compris que cela pourrait leur servir pour leur artisanat. Je pense qu’ils ont vu une possibilité de se faire un petit site à eux pour présenter leurs choses.

Cet atelier de codage était la suite logique de la tournée des cafés numériques (Nouvelle fenêtre) qui s’est déroulée il y a un an dans les trois communautés atikamekw.

L’activité avait permis à plusieurs de s’initier à certains outils numériques, dont la réalité virtuelle, la robotique ou l’impression 3D, et avait par la suite été soulignée par une motion adoptée à l’Assemblée nationale du Québec.

Rose Grondin est formatrice pour le Wagon, une école de formation intensive pour ceux et celles qui veulent devenir programmeurs. Avec ses collègues, elle a eu à former la cohorte au code HTML & CSS.

À la fin de la semaine, les étudiants ont tous créé une page web, explique-t-elle en soulignant que l’objectif était de leur permettre de raconter leur histoire, donc un peu de la communauté atikamekw et de la culture.

La seule femme du groupe, mère d’un jeune enfant dont elle s’occupait tout en suivant la formation, a par exemple raconté son périple de 272 km en canot dans le cadre de l'expédition Tapiskwan Sipi.

Un écran d'ordinateur.

La formation d'initiation au codage informatique était offerte aux jeunes des trois communautés atikamekw.

Photo : Gracieuseté du CNA

On a ouvert une porte qui va leur permettre, par leur curiosité, d’aller chercher plus d’informations et de fonctionnalités qu’ils veulent intégrer, dit encore la formatrice Rose Grondin.

Des participants ont déjà le projet de lancer leur site web pour joindre autant les gens de leur communauté que de l’extérieur.

Maîtriser les codes informatiques pour gagner sa vie

Le confinement aura été un déclencheur pour André Philippe Awashish. Craignant une pause forcée du Conseil de bande de Wemotaci, où il est agent de développement culturel, il s’est inscrit à la formation de codage.

Avec ce qu’il a appris, il prépare actuellement un portfolio sur Internet pour présenter les paniers d’écorce d’un artisan de Wemotaci.

Il fait aussi partie d’un comité qui doit mettre à jour le site Internet de son conseil de bande. Au conseil, y’a pas beaucoup de personnes qui savent comment modifier le site Internet. Y’a pas mal juste moi qui peux aller mettre des informations dessus.

L’apprentissage reçu du Wagon lui permet, dit-il, de faire une page assez simple, comme pour un petit projet personnel.

Un écran d'ordinateur.

André-Philippe Awashish utilise son projet personnel de BD pour créer sa première page web.

Photo : Gracieuseté du CNA

Son propre projet tourne autour d’un conte animé sur lequel il travaille actuellement, une BD qu’il avait commencé à réaliser pour la maison des jeunes. Il l’utilise pour voir si son site web fonctionne bien.

Le Wagon nous laisse l’accès au tutoriel du cours, un plus pour André-Philippe, qui peut ainsi poursuivre son apprentissage. En effet, tous continuent d’avoir accès à une plateforme avec des cours en ligne et des vidéos explicatives.

L'organisme Le Wagon Montréal souhaite maintenant renouveler l’expérience avec les Atikamekw ou d’autres nations autochtones.

Chez le Printemps numérique on espère que ce premier contact avec les technologies permettra aux jeunes Atikamekw de réaliser qu'acquérir des compétences numériques peut leur ouvrir des portes dans le milieu professionnel tout en leur permettant de rester dans leur communauté, selon leurs intérêts.

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