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Violence à l'endroit des pêcheurs micmacs : le chef Mike Sack interpelle Trudeau

Mike Sack sur le quai.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, demande l'intervention du premier ministre canadien.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Après les attaques répétées de vandales à l'endroit de pêcheurs micmacs, le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack, a appelé jeudi le premier ministre Justin Trudeau à intervenir pour s'assurer que les responsables seront punis.

Dans une lettre adressée au premier ministre du Canada, le chef Sack a condamné les gestes racistes et odieux dont les pêcheurs micmacs ont été la cible ces derniers jours.

L'un d'entre eux a été attaqué par des vandales, qui ont incendié son véhicule, tandis que d'importantes quantités de homards ont été déversées à même le sol. Des citoyens s'en sont même pris physiquement au chef Sack.

Des membres de ma communauté, y compris moi-même, ont été agressés physiquement, harcelés, intimidés, et sont victimes de racisme et de violence de la part d’une foule de justiciers autoproclamés qui ont contrevenu à l'État de droit pendant que nous exerçons notre droit garanti par la Constitution, a écrit le chef Sack dans sa lettre.

Monsieur le premier Ministre, je vous demande de faire respecter les lois du Canada et de veiller à ce que les responsables soient poursuivis, comme le permet la loi, y compris par l'annulation des permis de pêche que ceux-ci détiennent.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik

Contrairement à ce qu'avancent leurs détracteurs, les pêcheurs micmacs sont pourtant en droit de pêcher, en vertu d'une décision rendue par la Cour suprême du Canada, insiste le chef Sack.

En 1999, la Cour suprême a statué que les pêcheurs autochtones de la côte Est ont le droit de pratiquer une pêche de subsistance modérée. Une deuxième décision a toutefois déclaré que cela était sujet à la réglementation fédérale.

Depuis l’ouverture de la pêche micmaque le mois dernier, la tension est palpable entre les pêcheurs autochtones et non autochtones. Des casiers ont été tirés hors de la mer par des pêcheurs non autochtones et un bateau appartenant à un pêcheur micmac a aussi été brûlé à un quai.

Les pêcheurs non autochtones demandent au ministère des Pêches et des Océans de faire appliquer les règlements qui interdisent la pêche commerciale du homard une fois la saison terminée. Ils affirment que la pêche pratiquée par leurs homologues micmacs n'est pas une pêche de subsistance, mais bel et bien commerciale.

L'inaction de la GRC dénoncée

Le chef micmac a du même souffle dénoncé l'inaction de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui encourage, selon lui, les actes criminels perpétrés contre les membres de sa communauté. En s'abstenant d'intervenir, la GRC permet aux responsables de ces attaques de se sentir libres de participer à des actions illégales, ajoute-t-il.

Dans la nuit de mardi, plusieurs centaines de pêcheurs non autochtones et de sympathisants à leur cause ont fait une descente dans deux entrepôts où les pêcheurs micmacs laissent leurs prises.

Aucune arrestation n'a encore été effectuée dans ce dossier, malgré le fait que des agents de la GRC ont été témoins des activités criminelles. Des équipes d'enquête pour faire la lumière sur ces événements sont en train d'être formées, a indiqué le porte-parole de la GRC en Nouvelle-Écosse, le sergent Andrew Joyce.

L'intérieur d'une voiture brûlée et des dizaines de homards sur l'asphalte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un aperçu des dommages causés ces derniers jours à Pubnico-Ouest, où des actes de vandalisme ont été commis contre des pêcheurs micmacs de la Première Nation de Sipekne'katik.

Photo : HO-Jason Marr/HO-Colby Goodwin via La Presse canadienne

Des actes de violence inacceptables, selon le ministre Miller

Avant de s'adresser au premier ministre Trudeau, le chef Sack a indiqué avoir contacté la ministre fédérale des Pêches et des Océans, Bernadette Jordan, ainsi que le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.

La Première Nation de Sipekne'katik a par ailleurs l'intention de porter l'affaire devant les tribunaux. « Ces actes criminels délibérés commis contre nous, ainsi que l'inaction des autorités à faire appliquer les lois », poursuit le chef Sack, ont été documentés et filmés, puis largement partagés sur les réseaux sociaux.

Un peu plus tôt dans la journée, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a dénoncé ce qu'il a qualifié d'attaques à l'endroit des pêcheurs micmacs.

Ces actes de violence inacceptables, y compris l'agression du [chef] Sack [qui a été la cible] de menaces et d'intimidation, dans certains cas de nature raciste, ne peuvent en aucun cas entraver le droit de ces personnes à une subsistance convenable, a-t-il déclaré.

Mercredi, le premier ministre Trudeau a lui aussi condamné les actes de violence et d’intimidation commis dans le comté de Digby.

Avec des informations de CBC News

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