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« Principe de Joyce » : les Atikamekw lancent une consultation sur les services de santé

Une femme prend part à une manifestation pour réclamer que justice soit faite pour Joyce Echaquan.

Devant la vague d'indignation soulevée par le décès de Joyce Echaquan, le Conseil de la Nation Atikamekw lance une consultation publique sur les expériences des patients autochtones dans les hôpitaux québécois.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La mort de Joyce Echaquan a libéré la parole d’autres membres de la nation atikamekw qui se disent laissés pour compte par le système de santé québécois. Prêtant l’oreille à ces témoignages, le Conseil de la Nation Atikamekw a décidé de prendre le pouls de ses communautés afin d’élaborer ce qu’il a baptisé le « principe de Joyce ».

Initié par les membres du conseil de Manawan, d'où est originaire Joyce Echaquan, ce projet prend la forme d’un appel à contributions lors d'une consultation publique qui aura lieu jusqu’au 28 octobre.

Par téléphone et par courriel, les membres de Manawan, mais aussi des communautés atikamekw de Wemotaci et d’Opitciwan, sont invités à partager les expériences qu'ils ont vécues au sein du système de santé et des services sociaux.

Les témoignages des membres issus des Premières Nations et des communautés inuit sont aussi les bienvenus, souligne-t-on.

En fait, « toute personne intéressée à faire évoluer ensemble les institutions québécoises du domaine de la santé et des services sociaux » peut contribuer, qu’il s’agisse de membres d’un ordre professionnel de la santé, d’experts universitaires ou encore de décideurs politiques, précisent les initiateurs du projet.

L’idée, c’est « d’amener un changement dans le système de la santé pour que les Autochtones puissent se sentir plus en sécurité », explique Sipi Flamand, vice-chef du Conseil des Atikamekw de Manawan.

« On sait que depuis le tragique décès de Joyce Echaquan, la confiance [des Autochtones] envers le système de la santé a grandement diminué », poursuit-il.

Fort de ces témoignages, le Conseil de la Nation Atikamekw entend élaborer les grandes lignes du principe de Joyce, qui doit garantir aux Autochtones le droit d'avoir accès, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique et mentale.

Le principe de Joyce vise à célébrer la vie de Joyce Echaquan et à perpétuer sa mémoire, afin que le racisme systémique au sein des établissements de santé disparaisse à tout jamais.

Extrait de la plateforme Facebook du Principe de Joyce

Le gouvernement sera ainsi appelé à reconnaître pour de bon l'existence du racisme systémique et le droit à l'autodétermination des peuples autochtones. La nation atikamekw l'invite également à créer un bureau de l'ombudsman à la santé des Autochtones.

L'adoption du principe de Joyce devra être accompagnée d'un plan d'action, qui comprend notamment la mise en place de formations de sensibilisation culturelle pour le personnel soignant, détaille-t-on dans la plateforme mise en ligne.

Lors d'une rencontre avec le premier ministre François Legault au début du mois d'octobre, les représentants de la nation atikamekw avaient déjà fait valoir que le système de santé devait changer son approche en regard des soins prodigués aux patients autochtones.

Le Conseil de la Nation Atikamekw souhaite que le principe de Joyce soit ultimement reconnu par l'Assemblée nationale et par les tribunaux, à l'image du principe de Jordan, adopté à la Chambre des communes, à Ottawa, en décembre 2007.

En vertu de ce principe, qui doit son nom au jeune Jordan River Anderson, les enfants des Premières Nations se voient garantir l'accès aux services gouvernementaux dans les mêmes conditions que tous les autres enfants canadiens.

C'est nécessaire que le principe de Joyce soit reconnu, insiste Sipi Flamand. Depuis l'ouverture de la consultation publique, mercredi, bon nombre de témoignages ont déjà été reçus, indique-t-il.

Le Conseil de la Nation Atikamekw compte envoyer sa proposition au gouvernement du Québec, à différents ministères, et peut-être même au niveau fédéral, selon M. Flamand.

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