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37 femmes autochtones demandent à Legault de reconnaître le racisme systémique

Des chandelles sont placées devant un dessin de femme

Près de deux semaines après la mort de Joyce Echaquan, 37 femmes autochtones demandent au premier ministre québécois de reconnaître l'existence du racisme systémique.

Photo : Radio-Canada / Avec l'autorisation du Centre d'amitié autochtone du Saguenay

Gabrielle Paul

Une lettre ouverte signée par 37 femmes autochtones a été envoyée au premier ministre québécois pour demander à ce dernier de reconnaître l’existence du racisme systémique, près de deux semaines après la mort de Joyce Echaquan.

La productrice ojibwée Michèle Rouleau a eu l'idée de ce rassemblement de femmes.

Au cours de la semaine dernière, j’étais exaspérée par les propos du premier ministre. Je ne pouvais pas concevoir qu’il refusait de dire ''racisme systémique'', tout en décrivant ce que c’est, dit-elle.

Parmi les 37 signataires (pour les 37 ans de Joyce Echaquan), on retrouve entre autres la chanteuse inuk Elisapie, la cinéaste mohawk Sonia Bonspille Boileau et la présidente du groupe Femmes autochtones du Québec Viviane Michel.

J'ai contacté des femmes que je connais et on s'est dit qu'il fallait agir. L'une d'entre nous à proposer d'écrire une lettre ouverte. Nous sommes toutes atterrées par ce qui est arrivé à Joyce Echaquan, explique Mme Rouleau.

La militante féministe autochtone Michèle Rouleau

La militante féministe autochtone Michèle Rouleau est à l'origine de la lettre ouverte envoyée à François Legault.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Ne pas reconnaître la discrimination, c’est la perpétuer

La lettre souligne notamment les mots employés par François Legault lors des excuses au nom du gouvernement à la famille Echaquan.

En déclarant que l’État a failli à son devoir et que pendant des décennies les peuples autochtones ont fait l’objet de discrimination par les différents paliers du gouvernement, le premier ministre décrit le racisme systémique, peut-on lire.

Vos paroles décrivent le racisme systémique, donc pourquoi ne pas le reconnaître? Ne pas reconnaître la discrimination omniprésente dans toutes vos institutions, c’est lui donner le droit d’exister et pire encore, c’est la perpétuer, est-il écrit dans la lettre.

Michèle Rouleau ne s'explique pas cet entêtement. C’est malheureux parce qu’il manipule l’opinion publique, déplore-t-elle. Il essaie de faire croire que reconnaître le racisme systémique est une mauvaise chose, que ça voudrait dire que les Québécois sont racistes.

Sa crainte c’est peut-être que, en reconnaissant le racisme systémique, ça veuille dire que tout ça doit être revu et que ça va exiger des grands changements, ajoute-t-elle.

Si on veut des actions concrètes, il faut d’abord reconnaître le problème. Le racisme est dans le système. Le drame qui est arrivé à Joyce Echaquan et à ceux qu’on n’a pas entendus, ce n’est pas dû à deux, trois personnes racistes dans l’hôpital. C’est le système qui a permis que ça arrive.

Michèle Rouleau, productrice ojibwée et auteure de la lettre

Le racisme systémique ne signifie pas que le peuple québécois est raciste. Il se définit plutôt par des pratiques et des politiques au sein d’une organisation qui entraînent des préjugés et des stéréotypes causant des discriminations et des inégalités dans les services publics, peut-on aussi lire dans la lettre ouverte.

Reconnaître l’existence du racisme systémique n’est pas un recul, loin de là. C’est un acte de courage et de lucidité et c’est tout à l’honneur du peuple québécois.

Extrait de la lettre ouverte signée par 37 femmes autochtones

Mme Rouleau espère que la lettre aura aussi écho auprès de la population.

Notre lettre, c’est aussi un appel aux Québécois et aux Québécoises. Cessons la guerre des mots, pour nous c’est clair que c’est du racisme systémique, changeons les choses ensemble, dit-elle.

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