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François Legault « a beaucoup de difficulté à suivre » Ghislain Picard

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et le premier ministre du Québec, François Legault.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et le premier ministre du Québec, François Legault.

Photo : Montage

Le premier ministre François Legault soutient « avoir beaucoup de difficulté à suivre » le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, qui a annulé à la dernière minute une rencontre prévue vendredi matin avec lui. Ils devaient notamment revenir sur l'histoire de Joyce Echaquan, une Atikamekw de Manawan morte à l'hôpital de Joliette après avoir été victime de racisme.

J’aurais aimé parler pas seulement de ce qui est arrivé à Joliette, mais des suites du rapport Viens et comment on fait pour avancer sur la lutte au racisme. Bon, il a annulé à 10 h moins deux. Puis il s’est présenté devant les journalistes et a dit qu’il voulait venir avec les chefs atikamekw et que mon bureau a refusé. Ce n’est pas vrai, a déclaré le premier ministre en point de presse. Pour des raisons évidentes, on ne peut pas recevoir plus que trois personnes en même temps.

Il y a du racisme contre les Autochtones au Québec, donc il faut travailler là-dessus, et ce n’est pas en annulant des rencontres qu’on va y arriver.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Après avoir annulé la rencontre vendredi matin, Ghislain Picard a expliqué en entrevue l'avoir fait parce qu'il aurait souhaité que les chefs atikamekw y prennent également part. Le premier ministre a été informé, je reconnais, à la dernière minute, a indiqué le chef de l'APNQL. Je ne peux pas me présenter dans une rencontre dont l’ordre du jour n’est pas, dans les circonstances, le plus important en ce moment.

Il a aussi précisé que la rencontre de vendredi devait au départ avoir lieu la semaine prochaine, mais a été devancée à la suite de la mort de Joyce Echaquan. Le gouvernement défend son bilan. On a le droit de ne pas être en accord, a-t-il indiqué.

Le gouvernement Legault critiqué

Le gouvernement Legault a été critiqué au cours des derniers jours, notamment face au refus du premier ministre de répondre aux appels lui demandant de reconnaître la présence de racisme systémique au Québec.

Des reproches ont également été faits à l’égard de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours. Certains déplorent qu'elle ait mis du temps à réagir, alors que la vidéo troublante des derniers instants de la mère atikamekw de 37 ans circulait depuis lundi soir sur les réseaux sociaux.

Un communiqué publié mercredi pour souligner le premier anniversaire du dépôt du rapport Viens a été mal reçu, parce que la ministre y vante le travail accompli avec les Autochtones depuis un an.

Si je n'ai pas pris le moyen de la télévision ou de la radio pour crier haut et fort mon indignation, c'est que je voulais le dire en premier lieu aux peuples autochtones, en ma présence, s’est défendue Mme D'Amours jeudi.

Joyce Echaquan, mère de sept enfants, issue de la communauté atikamekw de Manawan, a filmé et diffusé les mauvais traitements et les propos racistes dont elle a été victime de la part de membre du personnel soignant de l’hôpital, peu de temps avant sa mort.

Une infirmière et une préposée aux bénéficiaires ont été congédiées et l'événement fait toujours l'objet d'enquêtes.

Le Centre hospitalier de Lanaudière fait aussi l'objet de critiques. Plusieurs membres de la communauté atikamekw ont allégué avoir eux aussi vécu des expériences troublantes et douloureuses aux mains du personnel soignant de l'hôpital de Joliette.

Un exercice de relations publiques, dit Québec solidaire

La porte-parole de Québec solidaire Manon Massé, accuse François Legault d’opportunisme politique en ayant voulu devancer la rencontre avec Ghislain Picard à vendredi. Je peux comprendre Ghislain Picard de craindre que le devancement de l'entretien ne soit qu'un exercice de relations publiques de la part de François Legault. Il faut dire que les actions de la CAQ dans les dernières années sur les enjeux autochtones sont plutôt minimes et souvent cosmétiques, a-t-elle exprimé dans un communiqué. 

Le libéral Gregory Kelley, porte-parole de l'opposition officielle en matière d’affaires autochtones, espère pour sa part que le premier ministre Legault proposera une nouvelle rencontre à M. Picard pour trouver des réponses pour les proches de Joyce Echaquan et les membres de la communauté atikamekw.

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