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Mort de Joyce Echaquan : la ministre D’Amours défend sa gestion de crise

Sylvie D'Amours assise à une table devant un drapeau du Québec.

Sylvie D'Amours, ministre des Affaires autochtones, a subi la critique de l'opposition.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Accusée de toutes parts pour son manque de visibilité depuis la mort de Joyce Echaquan, l'Atikamekw de Manawan qui a été victime de propos dégradants peu avant son décès à l'hôpital de Joliette lundi, la ministre responsable des Affaires autochtones Sylvie D'Amours soutient avoir priorisé la proximité avec la communauté plutôt que les apparitions publiques.

Si je n'ai pas pris le moyen de la télévision ou de la radio pour crier haut et fort mon indignation, c'est que je voulais le dire en premier lieu aux peuples autochtones, en ma présence, a expliqué Mme D'Amours, en entrevue au 15-18 en fin de journée jeudi.

Certains reprochent également à la ministre responsable des Affaires autochtones de ne pas avoir réagi par communiqué de presse avant mercredi après-midi, alors que la vidéo troublante des derniers instants de la mère de 37 ans circulait depuis lundi soir sur les réseaux sociaux.

J'étais dans les médias sociaux, j'ai fait mes condoléances, je suis allée à la vigile, j'ai parlé à la famille, aux amis, j'ai parlé au chef Paul-Émile Ottawa, a-t-elle répondu. En dernier lieu, j'ai envoyé le communiqué.

Je tenais à être présente avec la famille plus discrètement, parce que c’est un drame. [...] Je suis marquée au fer rouge.

Sylvie D'Amours, ministre responsable des Affaires autochtones
Des femmes dans une foule tiennent des chandelles en l'air.

Quelques centaines de personnes étaient réunies mardi soir pour rendre hommage à Joyce Echaquan, décédée dans des circonstances troubles lundi à l'hôpital de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La ministre affirme ainsi avoir choisi d'agir plus discrètement par respect pour la famille.

Elle a par ailleurs indiqué qu'elle avait rencontré jeudi matin le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa. Il y a déjà des choses concrètes qui viennent de se faire, a-t-elle assuré.

Une recommandation qui dort sur le bureau

Un an après le dépôt du rapport Viens, deux appels à l'action ont été mis en œuvre sur les 142 recommandations qu'il contient. Ce rapport souligne notamment que les Autochtones du Québec ont peur d'aller se faire soigner dans les centres hospitaliers.

Il conseille ainsi de procéder à leur sécurisation culturelle par l'intermédiaire d'un changement législatif, mais cette recommandation dort sur le bureau de la ministre depuis un an, estime la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

Tout est là [...] dans le rapport Viens. C'est inconcevable! Ça aurait dû être une priorité d'action.

Véronique Hivon, députée péquiste

Mme Hivon a vécu durement la mort, lundi, à l'hôpital de Joliette, de Joyce Echaquan. Cette mère de sept enfants originaire de la communauté atikamekw de Manawan a été la cible de propos avilissants peu avant son décès.

Depuis, une infirmière et une préposée aux bénéficiaires ont été congédiées et deux enquêtes, une du coroner et une à l'interne, ont été ouvertes.

La ministre assure quant à elle qu'une cinquantaine de recommandations du rapport sont en chantier. Toujours en entrevue au 15-18, elle a toutefois refusé d'identifier lesquelles sont prioritaires pour son ministère, estimant que Québec ne doit pas agir unilatéralement et doit prioriser avec les communautés.

Il faut qu’on sorte de notre boîte carrée. On essaie de faire entrer un carré dans un rond. […] Il faut adapter les services, a-t-elle signalé.

Deux motions ont été adoptées à l’Assemblée nationale, jeudi, dont une qui presse le gouvernement d'adopter une loi garantissant la prise en compte de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Legault à la rescousse

Quant à son avenir comme ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours estime qu'il revient au premier ministre de prendre une décision.

Moi, je vais travailler avec ardeur comme depuis le début, tant et aussi longtemps que je suis en poste, a-t-elle fait savoir.

Devant les critiques qui se multiplient depuis le début de la semaine, François Legault a volé à la rescousse de sa ministre jeudi, assurant qu'elle apporte bel et bien des suites concrètes au rapport Viens.

Or, s'est-il désolé, des nations autochtones refusent toujours de la rencontrer, car elles tiennent à discuter directement avec le premier ministre.

Tout le monde va comprendre que je ne peux pas entreprendre des ententes moi-même avec 54 communautés, a-t-il déclaré.

Ce qu'on veut, c'est un partenaire qui vient s'asseoir avec la ministre pour qu'on puisse avancer, a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

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